Sorti en 1978 pour le seul marché asiatique, le Fujica ST605 II ne devient un achat sensé que sous trois conditions cumulatives : un exemplaire mécaniquement intact après 45 ans, un sourcing hors France métropolitaine, et la volonté précise d’exploiter la mesure TTL à pleine ouverture qu’aucune autre variante de la gamme — ni le ST605 originel de 1976, ni le ST605N — ne propose. Ce positionnement très étroit n’est pas une anecdote de collectionneur : il explique pourquoi ce boîtier, classé en 4e génération M42 par les inventaires de référence du segment, reste l’un des plus mal documentés en français malgré une niche d’intérêt réelle.
Le ST605 II partage la base technique solide de la gamme : obturateur horizontal à rideau tissu, lubrification au silicium, cellule photodiode au silicium (SPD) plus réactive qu’une cellule au sulfure de cadmium classique, et alimentation par deux piles SR44 ou LR44 standard, sans adaptation. Avec son objectif kit Fujinon 55mm f/2.2 en monture M42, il pèse environ 705 grammes, ouvre l’accès à un parc optique universel (Super-Takumar, Helios 44-2, Pentacon) et conserve la simplicité d’usage qui a fait la réputation pédagogique du ST605.
Mais la mesure à pleine ouverture, son seul vrai différenciateur, ne fonctionne réellement qu’avec les objectifs Fujinon propriétaires : avec n’importe quel autre objectif M42, le ST605 II repasse en stop-down, exactement comme un ST605N. À cela s’ajoutent une production arrêtée depuis le début des années 1980, l’absence totale de SAV constructeur, et une disponibilité française qui relève davantage du hasard que de l’offre structurée.
Cet article distingue les trois variantes de la gamme ST605, situe le ST605 II dans la généalogie Fujica, croise les retours publiés par les utilisateurs anglophones et francophones, et donne une grille concrète pour évaluer un exemplaire au moment de l’achat.
À retenir
Le Fujica ST605 II est la seule variante de la gamme à offrir la mesure TTL à pleine ouverture, classée en 4e génération M42, mais uniquement avec les objectifs Fujinon propriétaires. Commercialisé en Asie en 1978, il reste rare en France et coûteux à sourcer face à un ST605N plus accessible. À envisager seulement pour un usage Fujinon-natif, après inspection d’un exemplaire daté de plus de 45 ans.
Les trois variantes de la gamme ST605, enfin distinguées
La principale source de confusion sur ce boîtier vient du nom lui-même. ST605, ST605N et ST605 II désignent trois appareils différents, lancés à deux ans d’intervalle, et que les annonces d’occasion regroupent souvent sous une seule étiquette. Avant d’envisager un achat, il faut savoir précisément lequel des trois on cible et lequel on a sous les yeux — un point qu’une fiche de référence comme celle de Camerapedia permet de recouper.
ST605 (1976) : la base à mesure stop-down
Le ST605 originel de 1976 est le premier de la gamme. Il introduit la cellule photodiode au silicium (SPD) sur un boîtier Fujica M42 grand public, abandonne la pile mercure au profit de deux LR44, et conserve une mesure TTL stop-down classique : on ferme manuellement le diaphragme pour mesurer, puis on déclenche. C’est le modèle le plus présent sur le marché français de l’occasion, le mieux documenté en français, et probablement celui que la plupart des annonces vendent quand elles disent « Fujica ST605 ».
ST605N (1978) : la même base, avec affichage des vitesses dans le viseur
La variante ST605N sort deux ans plus tard et reprend exactement la même architecture mécanique et électronique : mesure stop-down, cellule SPD, vitesses 1/2 à 1/700, monture M42. La seule différence visible côté utilisateur tient à un détail ergonomique : l’affichage des vitesses d’obturation apparaît désormais dans le viseur, là où le ST605 obligeait à regarder la molette sur le dessus du boîtier. C’est utile en reportage et en pose lente, mais cela ne change rien à la philosophie de mesure.
ST605 II (1978) : la 4e génération M42, pour le seul marché asiatique
Le ST605 II est lancé la même année que le ST605N, mais avec un cahier des charges complètement différent. Il abandonne le stop-down au profit de la mesure TTL à pleine ouverture, à condition d’utiliser les objectifs Fujinon propriétaires qui transmettent l’information d’ouverture maximale au boîtier. Cette caractéristique le fait passer en 4e génération M42 selon la classification de référence des collectionneurs, au même rang que le ST705, le ST801 et le Pentax Spotmatic F. Mais Fuji ne le commercialise qu’en Asie, ce qui explique sa rareté presque totale sur les plateformes françaises.
| Modèle | Année | Génération M42 | Mesure TTL | Spécificité différenciante | Présence France 2026 |
|---|---|---|---|---|---|
| Fujica ST605 | 1976 | 3e | Stop-down | Modèle de base, 2 LR44, viseur sans affichage vitesse | Occasion courante |
| Fujica ST605N | 1978 | 3e | Stop-down | Affichage des vitesses dans le viseur | Occasion assez courante |
| Fujica ST605 II | 1978 | 4e | Pleine ouverture (avec Fujinon) | Distribution Asie uniquement à l’origine | Très rare |
Pourquoi la mesure TTL à pleine ouverture change la donne (et ses limites)

La différence entre les générations M42 ne saute pas aux yeux dans le viseur, mais elle modifie le flux de travail du photographe. C’est aussi elle qui justifie, dans la quasi-totalité des cas, qu’on aille chercher un ST605 II plutôt qu’un ST605N déjà bien plus simple à trouver. En pratique, comparer un Fujica ST605 II vs ST605N revient à comparer une mesure pleine ouverture conditionnée à un parc Fujinon propriétaire et une mesure stop-down universelle avec n’importe quel objectif M42 — deux philosophies opposées sur un boîtier d’apparence presque identique.
Stop-down vs pleine ouverture : la différence en pratique
Avec un boîtier stop-down comme le ST605 ou le ST605N, mesurer la lumière oblige à fermer manuellement le diaphragme à la valeur choisie. Le viseur s’assombrit pendant la mesure, ce qui complique la mise au point fine à petites ouvertures (f/8, f/11, f/16). Avec un boîtier à mesure pleine ouverture comme le ST605 II, le diaphragme reste ouvert au maximum pendant le cadrage et la mesure, puis se ferme à la valeur choisie au moment du déclenchement. Résultat : viseur lumineux en permanence, mise au point au piqué maximal, mesure plus rapide.
La condition cachée : objectifs Fujinon propriétaires uniquement
L’avantage technique s’arrête là où s’arrête le parc Fujinon. Pour que la mesure pleine ouverture fonctionne, le boîtier doit lire l’ouverture maximale de l’objectif via une information mécanique transmise par les Fujinon EBC propriétaires. Avec un Super-Takumar, un Helios 44-2, un Pentacon 50mm ou n’importe quel autre M42 générique, le ST605 II repasse automatiquement en mode stop-down. Autrement dit : sans Fujinon propriétaire, le ST605 II perd son seul vrai différenciateur face au ST605N, plus économique et plus simple à sourcer. Cette logique de génération M42 est détaillée dans l’inventaire de référence publié par davidde.com.
L’innovation photodiode silicium (SPD), commune à toute la gamme
Un point sur lequel toute la gamme ST605 reste cohérente : la cellule de mesure utilise une photodiode au silicium (SPD), plus réactive qu’un capteur au sulfure de cadmium (CdS) classique. Concrètement, la cellule répond plus vite à un changement de lumière, ce qui réduit le risque de mesure « décalée » quand on passe d’une zone sombre à une zone éclairée en pleine action.
Selon schneidan.com, le viseur de la gamme ST605 offre un stigmomètre central et un dépoli microprisme qui facilitent la mise au point, et la cellule au silicium réagit plus rapidement qu’un capteur CdS classique à un changement de lumière.
Fiche technique du Fujica ST605 II

Le mode d’emploi du ST605N, modèle techniquement le plus proche, reste consultable dans la documentation constructeur historique partiellement en français — un repère utile pour identifier les commandes communes à la série.
Ce que disent les retours publiés sur la gamme ST605
En l’absence de banc d’essai dédié au ST605 II spécifiquement (DXOMark, ePhotozine et Imaging Resource n’ont pas couvert ce modèle), les retours d’utilisateurs publiés sur la gamme ST605 dans son ensemble fournissent la base documentaire la plus solide. Trois axes ressortent de cette littérature : ergonomie, fiabilité mécanique, et rendu image.
Ergonomie et viseur

Les retours convergent sur un viseur lumineux et net, un stigmomètre central efficace pour la mise au point manuelle, et une prise en main posée. Le boîtier est assez compact pour la catégorie des reflex M42 de la fin des années 1970 — environ 86 mm de hauteur pour 133 mm de largeur — et son layout reste lisible : molette de vitesses sur le dessus, déclencheur en façade, levier d’armement à droite.
Selon arhphotographic.co.uk (2022), les retours utilisateurs convergent sur une ergonomie bien pensée et un posemètre fiable, à condition que la cellule soit en état de marche.
Obturateur et fiabilité mécanique
Le point technique régulièrement mis en avant par les sources documentaires : l’obturateur de la gamme ST605 est lubrifié au silicium plutôt qu’à l’huile, ce qui le rend en principe moins sensible aux variations de température et au vieillissement du lubrifiant. C’est un argument réel pour un boîtier de plus de 45 ans, où la première cause de panne reste souvent un obturateur figé par une huile qui a séché.
Selon latelierdejp.org (2024), l’obturateur du ST605 est lubrifié au silicium et non à l’huile, ce qui le rend fiable dans des conditions de température variées.
Rendu image et discrétion
Côté résultat, les reviews anglophones décrivent le ST605 comme un boîtier posé, capable de produire des images propres dès lors que la cellule est en état et que l’objectif suit. La discrétion du déclenchement — un point peu mis en avant à l’époque mais qui compte en photo de rue ou en reportage discret — est régulièrement citée.
Selon alexluyckx.com (2019), le ST605 se révèle discret et fiable, capable de produire des clichés de qualité avec des objectifs M42 économiques.
Ce que les sources publiques ne documentent pas
Plusieurs points restent en zone grise faute de documentation publique. La qualité réelle de la mesure pleine ouverture du ST605 II en conditions de prise de vue n’est comparée à aucune mesure laboratoire. Aucun banc d’essai ne confronte directement le rendu du ST605 II avec ses Fujinon propriétaires à celui du ST605N en stop-down. Et l’état typique d’un exemplaire ST605 II après quatre décennies de stockage asiatique n’est pas non plus documenté de manière statistique. Sur ces points, mieux vaut formuler des hypothèses prudentes que des affirmations.
Objectifs M42 compatibles : ce qu’il faut savoir
La monture M42 à vis est l’une des plus universelles de l’histoire de la photo. Avant le passage généralisé aux baïonnettes propriétaires à la fin des années 1970, presque tous les fabricants — Asahi/Pentax, Praktica, Mamiya, Yashica, Chinon, Cosina, Zenit — produisaient des objectifs M42. C’est ce parc, encore largement disponible aujourd’hui, qui donne au ST605 II son intérêt résiduel.
Le Fujinon 55mm f/2.2 livré d’origine
L’objectif kit Fujinon 55 mm f/2.2 est presque toujours présent sur les exemplaires d’origine. C’est un standard de focale équivalent au 50 mm classique, ouvert à f/2.2, suffisamment lumineux pour la majorité des situations en lumière naturelle. Les retours publiés mentionnent un piqué correct au centre dès la pleine ouverture, et un rendu de bokeh qui présente une signature dite « bubble » à pleine ouverture, sans que cette caractéristique soit toujours recherchée. C’est aussi cet objectif qui active la mesure pleine ouverture sur le ST605 II.
Compatibilité M42 universelle
Au-delà du kit, le ST605 II accepte mécaniquement l’ensemble du parc M42 disponible en occasion : Super-Takumar Asahi (55/1.8, 50/1.4, 105/2.8), Helios 44-2 58 mm f/2 (très répandu pour son rendu swirly), Pentacon 50 mm f/1.8, Carl Zeiss Jena, Industar, Meyer-Optik, Mir, et la liste continue. Pour explorer ce que ces optiques permettent en photo argentique moderne, les objectifs M42 disponibles aujourd’hui couvrent une plage focale très large pour un budget global modeste.
Plusieurs discussions sur Reddit r/AnalogCommunity (2024) confirment que la monture M42 du ST605 II est mécaniquement identique à la Pentax screwmount, ce qui rend interchangeable l’essentiel du parc Takumar et compatible la grande majorité des optiques M42 d’Europe de l’Est.
Limite de la mesure pleine ouverture hors Fujinon
Le piège du ST605 II est précisément là : monté avec n’importe quel M42 hors Fujinon propriétaire, le boîtier repasse en stop-down. La mesure se fait diaphragme fermé, le viseur s’assombrit, et l’avantage technique du modèle disparaît. Acheter un ST605 II pour l’utiliser exclusivement avec un Helios 44-2 ou un Super-Takumar revient, dans les faits, à payer un boîtier rare pour le rendre équivalent à un ST605N plus économique.
Alternatives M42 du même segment (1975–1980)
Pour situer le ST605 II par rapport à ses contemporains, il aide de regarder à la fois les autres boîtiers Fujica 4e génération et les alternatives M42 d’autres marques produites dans la même fenêtre.
| Modèle | Année | Génération M42 | Atout face au ST605 II | Limite face au ST605 II |
|---|---|---|---|---|
| Fujica ST705 | 1977 | 4e | Vitesse max 1/1500 s, mesure pleine ouverture, plus complet | Plus cher, plus rare en France |
| Fujica ST801 | 1972 | 4e | 1/2000 s, viseur LED, premier reflex 1/2000 du marché | Plus encombrant, parc Fujinon idem requis |
| Pentax Spotmatic F | 1973 | 4e | Très documenté, écosystème Takumar large, occasion abondante | Conçu pour pile mercure 1,35 V (adaptation requise) |
| Praktica MTL 3/5 | 1976–1978 | 3e | Très économique (souvent moins de 30 €), robuste | Stop-down, cellule CdS plus lente, finition modeste |
| Mamiya DSX/MSX | 1974–1975 | 4e | Pleine ouverture, optiques Mamiya/Sekor reconnues | Plus encombrant, plus cher en occasion |
Le Spotmatic F est généralement présenté comme l’alternative la plus directe, mais sa conception pour pile mercure 1,35 V impose une adaptation (pile zinc-air ou Wein Cell) que le ST605 II n’exige pas. Le ST705, lui, reste le choix le plus cohérent pour qui veut un Fujica 4e génération vraiment plus complet, à condition d’accepter le surcoût.
Où trouver un ST605 II en France (et que vérifier sur l’exemplaire)

Le marché français du ST605 II est extrêmement étroit. Les annonces se comptent sur les doigts d’une main, et la grande majorité des résultats remontés par les moteurs de recherche concernent en réalité un ST605 ou un ST605N mal étiqueté. Avant tout achat, il faut donc valider deux choses : qu’il s’agit bien d’un ST605 II, et que l’exemplaire est en état de fonctionner.
Disponibilité réelle et plateformes
Les canaux les plus susceptibles de proposer un exemplaire ST605 II en France ou en Europe restent les plateformes d’occasion généralistes (LeBonCoin, eBay.fr) et les vendeurs spécialisés en argentique vintage (bromurefilm.com et boutiques équivalentes, Etsy France pour quelques pièces collectionneur). Les exemplaires japonais d’occasion arrivent parfois via eBay International ou via les sites japonais d’occasion structurés (Yahoo Auctions Japan, HardOff), avec des frais et un risque qui dépassent souvent l’intérêt du boîtier pour un usage simple.
Sept points à vérifier sur l’exemplaire avant achat
- Identification du modèle : la mention « ST605 II » doit figurer clairement sur le capot, distincte du ST605 et du ST605N.
- Cohérence des vitesses d’obturation testée à l’oreille de 1 s à 1/700 s — un déclenchement instantané sur toute la plage est rassurant, une vitesse longue qui « colle » indique un obturateur fatigué.
- Réactivité de la cellule : pointer une zone claire puis une zone sombre doit faire bouger l’aiguille ou la LED de mesure en moins d’une seconde.
- État des mousses d’étanchéité autour du dos (porte arrière) : une mousse désagrégée est remplaçable mais signale un boîtier non révisé.
- Absence de jeu dans la monture M42 en montant un objectif et en vérifiant qu’il ne bouge pas latéralement.
- Présence des piles (2× SR44 ou LR44) ou confirmation par le vendeur que des piles standard fonctionnent — aucune adaptation n’est requise.
- Cohérence du prix demandé face au prix du ST605N de référence (50 à 100 € en France selon état) : tout écart supérieur doit se justifier par un avantage tangible et par la présence d’un Fujinon propriétaire.
Fourchette de prix de référence
Le marché français du ST605 II ne fournit pas de fourchette de prix fiable, faute d’offres assez nombreuses pour établir une moyenne. À titre de repère contextuel, les prix relevés en mai 2026 sur les plateformes françaises pour le ST605 générique vont de 35 € (boîtier seul, état correct) à 130 € (boîtier en très bon état avec optique kit testé). Le ST605N tourne autour de 50 à 100 € pour un exemplaire fonctionnel. Un ST605 II demandé au-delà de cette fourchette doit être justifié par un état exceptionnel, la présence d’un ou plusieurs Fujinon propriétaires, et si possible une révision récente attestée. Notre sélection d’appareils argentiques abordables donne un cadre comparatif utile pour situer ce niveau de prix sur le segment débutant.
Pour les premiers rouleaux, une pellicule couleur 35 mm ISO 200 (type Kodak ColorPlus 200) reste un point de départ cohérent : exposition tolérante, grain fin, prix raisonnable. Une pellicule noir et blanc 400 ISO (type Ilford HP5 Plus) offre plus de marge en intérieur et un rendu argentique classique.
Place du ST605 II dans l’histoire Fujica
Le ST605 II n’est pas un boîtier isolé : il s’inscrit dans une trajectoire technique précise de Fuji, qui passe en quelques années de la 3e à la 4e génération M42, puis abandonne le M42 lui-même pour basculer sur une baïonnette propriétaire. Comprendre cette séquence aide à situer la valeur du ST605 II au-delà de la simple fiche technique — d’autant que le marché de l’argentique s’est redressé ces dernières années : une enquête IFOP 2025 estime à environ 12 % la hausse de pratique chez les moins de 30 ans, avec un effet de tension sur les prix d’occasion des reflex M42 fonctionnels. Pour replacer le débat dans le cadre plus large des pratiques photo contemporaines, voir aussi argentique face au numérique.
De la 3e à la 4e génération M42
Cette chronologie révèle un détail souvent ignoré : le ST605 II n’est pas un modèle « amélioré » sorti après le ST605N, mais une variante parallèle lancée la même année pour un marché géographique distinct. Pour Fuji, le marché asiatique de 1978 était mûr pour la 4e génération à un prix accessible, alors que les marchés européens et nord-américains recevaient une version stop-down plus économique. C’est une décision commerciale, pas un défaut technique — une séquence que confirme le tableau chronologique officiel de la gamme Fujica.
Le successeur STX-1 et la rupture FX
L’année suivante, Fuji bascule sur la baïonnette FX avec le successeur STX-1, qui rompt avec la monture M42. Ce changement clôt la séquence Fujica M42 et explique en partie pourquoi le ST605 II n’a jamais été commercialisé hors Asie : Fuji préparait déjà la transition vers son écosystème propriétaire et n’avait pas d’intérêt à étendre la diffusion d’un boîtier M42 destiné à disparaître. Pour qui veut explorer la gamme Fujica argentique au-delà du ST605, le ST705 reste l’option 4e génération la plus complète accessible en France.
Foire aux questions
Le Fujica ST605 II garde un intérêt réel pour qui veut spécifiquement la mesure TTL à pleine ouverture des Fujinon propriétaires sur une base M42 économique. Mais ce différenciateur, isolé du reste de la gamme par sa diffusion exclusivement asiatique, ne se transforme en achat défendable qu’au prix d’un sourcing patient et d’une inspection exigeante d’un boîtier daté de plus de 45 ans.
Pour qui ce boîtier reste pertinent
À envisager
- Le collectionneur Fujica qui cherche à compléter sa gamme avec la seule variante 4e génération du segment ST605.
- Le pratiquant M42 déjà équipé en objectifs Fujinon propriétaires qui veut exploiter la mesure pleine ouverture en condition réelle.
À écarter
- Le débutant qui cherche son premier reflex argentique en France : le ST605N est plus accessible, mieux documenté, plus présent sur LeBonCoin et coûte généralement moins cher.
- Le photographe qui utilise des objectifs M42 d’autres marques (Super-Takumar, Helios, Pentacon) : le boîtier repasse alors en stop-down et perd son seul avantage technique.
Avant d’engager un achat, vérifier : la cohérence des vitesses d’obturation à l’oreille sur toute la plage (1 s à 1/700 s), la réactivité de la cellule à un changement de lumière, l’état des mousses d’étanchéité, l’absence de jeu dans la monture M42, la présence des piles d’origine ou la confirmation que les SR44/LR44 sont compatibles, et la cohérence du prix face au ST605N qui reste l’alternative naturelle.
L’exemplaire qui mérite ce sourcing patient combine trois marqueurs vérifiables : un obturateur dont les vitesses correspondent à l’oreille sur toute la plage, une cellule au silicium qui réagit immédiatement à un changement de lumière, et l’objectif Fujinon d’origine livré avec son bouchon arrière.

