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    Fujica ST605 : le reflex M42 méconnu qui pourrait remplacer un Pentax K1000

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    Fujica ST605 vu de face, objectif Cosinon Auto MC 50 mm f/1,7 en monture M42, marquages « ST605 » et « FUJICA » lisibles.
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    Avis du Fujica ST605 : reflex M42 de 1976, 50-150 € en occasion. Fiche technique, comparaison Pentax K1000, points à vérifier avant achat.
    Mise à jour : 20 mai 2026.

    Produit entre 1976 et 1978 puis abandonné au profit du ST605N, le Fujica ST605 ne s’achète aujourd’hui qu’à l’unité, en occasion entre 50 et 150 €, et son intérêt dépend entièrement de trois critères matériels : rideaux d’obturateur, mousses d’étanchéité et cellule au silicium encore calibrée. Vendu d’origine 1 150 francs avec son Fujinon 55 mm f/2,2, ce reflex manuel à monture M42 occupe aujourd’hui une place très précise sur le marché de l’argentique d’apprentissage : moins demandé que le Pentax K1000, moins cher pour des prestations très proches, à condition de tomber sur un exemplaire propre.

    Plusieurs éléments jouent en sa faveur. L’obturateur mécanique fonctionne sans pile, la cellule TTL à diode silicium ne consomme qu’à la mesure, le boîtier de 570 grammes reste compact pour un reflex 24×36, et la monture M42 donne accès à l’écosystème d’objectifs interchangeables le plus vaste de l’histoire photographique selon la documentation publiée. Côté piles, deux SR44 ou LR44 modernes suffisent — pas de pile au mercure interdite à contourner.

    Le revers tient en quatre points concrets. La vitesse maximale plafonne à 1/700 s, ce qui exclut la photo de sport rapide en plein soleil avec un film 400 ISO. La mesure se fait au diaphragme fermé (stop-down), donc le viseur s’assombrit dès qu’on ferme l’objectif. La différenciation ST605/ST605N reste subtile — seul le N affiche la vitesse dans le viseur — et risque d’induire en erreur les acheteurs pressés. Enfin, l’âge moyen des exemplaires impose une vérification physique systématique avant tout achat.

    Ce test passe en revue la fiche technique du ST605, sa position dans la gamme ST de Fujifilm, ses différences avec le ST605N et le ST705, les retours publiés par la presse spécialisée internationale, les points à inspecter sur un exemplaire d’occasion, et les profils de photographes pour lesquels ce boîtier conserve un intérêt concret face au Pentax K1000.

    Sommaire

    Toggle
    • Le Fujica ST605 dans le temps : un reflex 1976 entre Pentax et Canon
      • 1976-1978 : une parenthèse courte dans la gamme ST de Fujifilm
      • Le contexte concurrentiel : Pentax K1000, Nikkormat FT-2, Canon AT-1, Olympus OM-1
      • Pourquoi le ST605 est aujourd’hui « redécouvert »
    • Fiche technique complète du Fujica ST605
      • Obturateur, vitesses et synchronisation flash
      • Cellule SPD, mesure stop-down et plage ISO 25-3 200
      • Viseur, stigmomètre et couverture 92 %
      • Piles SR44 ou LR44 : la subtilité voltage à connaître
      • Poids, dimensions et ergonomie documentée
    • ST605, ST605N, ST605 II, ST701, ST705 : démêler la gamme
      • ST605 vs ST605N : la seule différence à connaître
        • Fujica ST605 (1976)
        • Fujica ST605N (1978)
      • ST605 II : la version japonaise à ne pas confondre
        • Fujica ST605 II
        • Fujica ST605 (international)
      • ST605 vs ST705 : monter d’un cran ou pas ?
      • Position vs ST601 (prédécesseur) et STX-1 (successeur monture X)
    • Objectifs compatibles : l’écosystème M42 en pratique
      • Le Fujinon 55 mm f/2,2, objectif standard livré
      • Quelles autres optiques M42 monter dessus
      • La mesure stop-down : ce que cela change au quotidien
    • Retours publiés sur le Fujica ST605
      • La review Digital Camera World et le statut « sleeper »
      • Le blog L’Atelier de JP et le ressenti d’un possesseur de longue date
      • La fiche technique 35mm-compact.com
      • Vidéo récente : Sami Jay (mars 2026)
    • Le ST605 face au Pentax K1000 : comparaison structurée
      • Tableau des spécifications comparées
      • Différence de prix occasion observée fin 2025
      • Différence d’écosystème : M42 vs K-mount
      • Quel boîtier pour quel profil ?
        • Le Fujica ST605 est adapté
        • Le Fujica ST605 n’est pas adapté
    • Avant d’acheter un Fujica ST605 d’occasion : les points à vérifier
      • Rideaux d’obturateur : le critère numéro un
      • Mousses d’étanchéité : tester l’élasticité
      • Cellule SPD : comparer la lecture avec un posemètre tiers
      • Mécanique : barillet d’avance, déclencheur, retardateur
      • Optique : champignon, voile, propreté du stigmomètre
      • Liste à imprimer avant la visite
    • Où acheter un Fujica ST605 en France en 2026
    • Questions fréquentes sur le Fujica ST605
      • Le Fujica ST605 fonctionne-t-il sans pile ?
      • Quelle monture utilise le Fujica ST605 ?
      • Quelle est la différence entre le ST605 et le ST605N ?
      • Quel objectif mettre sur un Fujica ST605 ?
      • Le Fujica ST605 est-il un bon choix pour débuter en argentique ?
      • Quel est le prix d’un Fujica ST605 en 2026 ?
      • Quelles piles pour le Fujica ST605 : LR44 ou SR44 ?
      • Peut-on mettre des objectifs modernes sur un Fujica ST605 ?
    • Verdict final : le Fujica ST605 reste-t-il pertinent en 2026 ?
        • À propos de l’auteure — Héloïse Caradec-Morin

    Le Fujica ST605 dans le temps : un reflex 1976 entre Pentax et Canon

    1976-1978 : une parenthèse courte dans la gamme ST de Fujifilm

    Lancé en 1976 par Fuji Photo Film (la maison-mère de Fujifilm), le ST605 succède au Fujica ST601, prédécesseur direct dépourvu de cellule intégrée. Son prix de catalogue à la sortie s’établit à 1 150 francs avec son objectif Fujinon 55 mm f/2,2, ce qui le positionne d’emblée dans le segment des reflex 35 mm économiques destinés à l’apprentissage. La fabrication n’aura duré qu’un peu plus de deux ans : dès 1978, le constructeur le remplace par le ST605N, qui n’apporte qu’une modification visible — l’affichage de la vitesse sélectionnée dans le viseur grâce à un pointeur.

    Dans la gamme ST de Fujica, le ST605 se situe sous le ST701 et le Fujica ST705, frère supérieur de la gamme, qui propose une vitesse maximale plus élevée (1/1500 s) et une mesure à pleine ouverture. Le STX-1, lancé en 1980, marquera la transition vers la monture X propriétaire de Fujica et la fin de l’aventure M42 chez ce constructeur. Le ST605 reste donc, avec ses successeurs immédiats, l’un des derniers reflex M42 produits sous le nom Fujica.

    1974
    Fujica ST601 — premier reflex compact de la série, sans cellule intégrée.
    1976
    Fujica ST605 — ajout de la cellule SPD, monture M42 conservée, prix de lancement 1 150 F avec Fujinon 55 mm f/2,2.
    1977
    Fujica ST705 — modèle supérieur, 1/1500 s, mesure à pleine ouverture.
    1978
    Fujica ST605N — affichage de la vitesse dans le viseur ajouté, autres caractéristiques inchangées.
    1980
    Fujica STX-1 — fin de la monture M42 chez Fujica, passage à la monture X propriétaire.

    Le contexte concurrentiel : Pentax K1000, Nikkormat FT-2, Canon AT-1, Olympus OM-1

    1976 est une année dense pour le reflex 35 mm d’apprentissage. Le Pentax K1000 vient d’être lancé et inaugure la monture K-mount qui va dominer le segment pendant deux décennies. Nikon propose le Nikkormat FT-2, plus lourd et plus cher mais réputé robuste. Canon vient d’ajouter à son catalogue l’AT-1, version manuelle économique du célèbre AE-1. Olympus aligne l’Olympus OM-1, concurrent direct de l’époque, plus compact et plus léger que la concurrence. Plus discret, le Canon FTb de 1973, alternative reflex débutant, occupe encore une part du marché des reflex manuels Canon.

    Le Fujica ST605 entre dans cette mêlée avec un argument central : le maintien de la monture M42 à vis universelle, à un moment où la plupart des constructeurs basculent vers leurs montures propriétaires à baïonnette. Ce choix tardif est commercialement risqué, mais il offre au boîtier l’accès à l’un des parcs optiques les plus larges jamais produits — un point qui pèse encore lourd cinquante ans plus tard sur le marché de l’occasion.

    Pourquoi le ST605 est aujourd’hui « redécouvert »

    La photographie argentique connaît depuis le milieu des années 2020 un regain d’intérêt documenté chez les 18-30 ans, porté par la culture analogique sur les réseaux sociaux et par une demande de pratique plus posée. Les reflex M42 d’occasion en font partie, avec une demande qui dépasse parfois l’offre sur certains modèles populaires. Sur la plateforme Lomography, le ST605 totalisait 1 357 photos communautaires partagées en 2025, preuve que le boîtier est encore activement utilisé et pas seulement collectionné.

    Selon la revue de Digital Camera World signée par Paul Burrows, rédacteur senior avec quarante ans d’expérience, le Fujica ST605 est en cours de redécouverte comme alternative moins courante aux reflex M42 populaires, avec un mécanisme d’obturateur lubrifié au silicium conçu pour rester fiable dans des conditions thermiques difficiles.

    Cette redécouverte ne tient pas à une mode subite mais à un simple effet de report : à mesure que les prix du Pentax K1000 grimpent, les acheteurs se tournent vers les boîtiers M42 moins demandés mais techniquement proches. Le ST605 bénéficie aussi du fait que Fujifilm est resté un constructeur photo majeur jusqu’à aujourd’hui, ce qui rassure l’acheteur débutant qui craint d’investir dans une marque oubliée.

    Fiche technique complète du Fujica ST605

    TypeReflex 35 mm à mise au point manuelle
    MontureM42 à vis (42 mm)
    ObturateurPlan focal à rideaux en tissu de soie caoutchoutée
    Vitesses1/2 à 1/700 s + B (synchro flash à 1/60 s)
    CelluleSPD (photodiode silicium) avec FET, mesure TTL pondérée centrale
    Plage de mesureEV 2 à EV 17
    Sensibilités25 à 3 200 ISO (ASA)
    ViseurPentaprisme fixe, couverture 92 %, grossissement 0,96×
    Mise au pointStigmomètre à coïncidence + couronne de microprismes
    Alimentation2 piles SR44 ou LR44 (cellule uniquement)
    Poids570 g nu / 705 g avec Fujinon 55 mm f/2,2
    Dimensions133 × 86 × 50 mm

    Obturateur, vitesses et synchronisation flash

    Fujica ST605 vu de dessus, barillet de vitesses gradué de B à 1/700 s, sélecteur ASA, sabot flash X et base d'objectif.

    L’obturateur du ST605 est un plan focal mécanique à rideaux en tissu de soie caoutchoutée. La plage de vitesses s’étend de 1/2 s à 1/700 s, plus la pose B. La synchronisation flash s’effectue à 1/60 s. Le mécanisme est entièrement mécanique, ce qui signifie que le boîtier déclenche sans pile — seule la mesure de lumière dépend de l’alimentation électrique.

    Le choix d’une vitesse maximale à 1/700 s plutôt qu’au standard de l’époque (1/1000 s sur Pentax K1000, 1/1000 s sur Olympus OM-1) reste une particularité non expliquée par les sources publiques disponibles à ce jour. Cette limite a un effet pratique mesurable : avec un film 400 ISO en plein soleil et un diaphragme à f/8, l’exposition correcte exigerait environ 1/1600 s — vitesse hors d’atteinte pour le ST605, ce qui impose soit un filtre ND, soit un film plus lent, soit de fermer davantage le diaphragme.

    Cellule SPD, mesure stop-down et plage ISO 25-3 200

    La cellule est une photodiode au silicium (SPD) associée à un transistor à effet de champ (FET), technologie alors récente qui remplace les anciennes cellules au sulfure de cadmium (CdS) plus lentes à réagir. Selon la fiche encyclopédique publiée sur 35mm-compact.com, la mesure est pondérée centrale, avec une plage de sensibilité comprise entre EV 2 et EV 17, ce qui couvre la quasi-totalité des situations de lumière naturelle.

    La mesure se fait au diaphragme fermé — c’est la fameuse mesure stop-down du M42, qui demande au photographe d’appuyer sur un poussoir ou un levier pour fermer l’objectif au diaphragme choisi avant de lire l’aiguille de la cellule. Cette mécanique a deux conséquences directes pour le débutant. D’une part, le viseur s’assombrit en proportion de l’ouverture choisie, ce qui rend la mise au point moins agréable à f/16 qu’à f/2,8. D’autre part, la mesure exige une habitude que les reflex à mesure pleine ouverture (les K, OM ou FD à diaphragme automatique) ne réclamaient déjà plus à la même époque.

    Viseur, stigmomètre et couverture 92 %

    Le viseur du ST605 utilise un pentaprisme fixe avec un grossissement de 0,96× et une couverture annoncée à 92 % du cadre réel. Le dépoli intègre un stigmomètre à coïncidence en son centre, entouré d’une couronne de microprismes pour la mise au point fine. Cette combinaison est typique des reflex de cette génération et reste pédagogiquement formatrice : le débutant apprend à observer le décalage des deux demi-cercles plutôt qu’à se fier à un indicateur électronique.

    L’aiguille de la cellule apparaît à droite du viseur sur le ST605, mais — point critique de différenciation avec son successeur — la vitesse sélectionnée n’est pas visible dans le viseur sur le ST605 d’origine. Il faut détacher l’œil du viseur pour vérifier le réglage. Sur le ST605N de 1978, un pointeur additionnel affiche la vitesse, ce qui constitue la seule différence fonctionnelle entre les deux modèles.

    Piles SR44 ou LR44 : la subtilité voltage à connaître

    Le ST605 utilise deux piles SR44 ou LR44 logées dans un compartiment situé sous la semelle. Le constructeur indique les deux types comme compatibles, mais une nuance technique mérite attention : les piles SR44 (oxyde d’argent) délivrent une tension stable à 1,55 V tout au long de leur vie, alors que les LR44 (alcalines) débutent à environ 1,5 V puis voient leur tension décliner progressivement.

    Pour la précision de la cellule, le voltage stable des SR44 est préférable : il évite que la lecture du posemètre dérive à mesure que les piles vieillissent. Selon le blog L’Atelier de JP, publié en février 2024 par un possesseur du boîtier depuis 1977, le ST605 fonctionne sans adaptation avec des piles LR44 modernes, contrairement à d’autres reflex de l’époque conçus à l’origine pour des piles au mercure aujourd’hui interdites à la vente.

    Poids, dimensions et ergonomie documentée

    Le ST605 affiche 570 grammes nu et 705 grammes avec son Fujinon 55 mm f/2,2 d’origine, pour des dimensions de 133 × 86 × 50 mm. Ce gabarit le place dans la moyenne basse des reflex 35 mm de son époque : plus compact que le Nikkormat FT-2, comparable au Pentax K1000, légèrement plus lourd que l’Olympus OM-1 qui revendique 510 grammes.

    ST605, ST605N, ST605 II, ST701, ST705 : démêler la gamme

    ST605 vs ST605N : la seule différence à connaître

    La confusion entre les deux modèles est fréquente sur le marché de l’occasion, et certaines annonces les présentent comme strictement identiques. Cette assimilation est trompeuse : la différence existe mais elle est unique. Le ST605N, lancé en 1978, ajoute un pointeur dans le viseur qui affiche la vitesse d’obturation sélectionnée. Toutes les autres caractéristiques sont identiques : même obturateur, même cellule SPD, même monture M42, même plage de sensibilités, même Fujinon 55 mm f/2,2 livré en kit.

    Fujica ST605 (1976)

    Aiguille de cellule visible à droite du viseur. Vitesse sélectionnée non affichée dans le viseur — vérification au regard descendant sur le barillet.

    VS

    Fujica ST605N (1978)

    Aiguille de cellule visible à droite du viseur. Pointeur additionnel affichant la vitesse d’obturation sélectionnée dans le viseur.

    Dans la pratique, l’écart se ressent surtout en photo de rue ou en reportage rapide, où détacher l’œil du viseur pour vérifier la vitesse fait perdre du temps. Pour un usage posé en paysage ou en portrait, la différence devient marginale. Sur le marché d’occasion, les deux modèles s’échangent dans des fourchettes de prix très proches, avec un léger avantage prix pour le ST605 d’origine. Pour une comparaison plus poussée des deux variantes, voir notre test du Fujica ST605N.

    ST605 II : la version japonaise à ne pas confondre

    Fujica ST605 II

    Variante commercialisée exclusivement sur le marché japonais à la fin des années 1970. Caractéristiques techniques très proches du ST605N. Présence rare sur le marché européen d’occasion.

    ≠

    Fujica ST605 (international)

    Version commercialisée en Europe et en Amérique du Nord à partir de 1976. C’est ce modèle qui apparaît dans la quasi-totalité des annonces françaises et qui est traité dans ce test.

    Le ST605 II apparaît occasionnellement sur des sites japonais d’occasion comme Yahoo Auctions Japan, parfois importé en Europe par des vendeurs spécialisés. Sa rareté en fait un objet de collectionneur plutôt qu’un boîtier d’usage quotidien — sauf si vous trouvez un exemplaire à prix raisonnable et que la dimension collection vous intéresse plus que la stricte utilité photographique.

    ST605 vs ST705 : monter d’un cran ou pas ?

    Le ST705, lancé en 1977, occupe le cran au-dessus du ST605 dans la gamme. Ses différences principales sont au nombre de trois : la vitesse maximale passe à 1/1500 s (au lieu de 1/700 s), la mesure se fait à pleine ouverture (au lieu du stop-down), et le viseur affiche à la fois la vitesse et le diaphragme sélectionnés. Le boîtier est en revanche plus lourd et la cote occasion est sensiblement plus élevée.

    Entre le ST605 et le ST705, le ST701 occupe une position intermédiaire dans la chronologie de la gamme : sorti en 1971, c’est le premier reflex Fujica à mesure TTL à pleine ouverture, mais sa cellule au sulfure de cadmium (CdS) est techniquement antérieure à la cellule SPD au silicium du ST605. Le ST701 reste un boîtier intéressant pour qui cherche la mesure pleine ouverture sans monter au prix d’un ST705, mais sa cellule CdS demande une vigilance supplémentaire sur les exemplaires anciens.

    Pour qui débute en argentique avec un budget contraint, l’écart de prix ne justifie pas toujours le saut. La vitesse 1/700 s du ST605 reste suffisante pour la grande majorité des situations courantes (paysage, portrait, scène de rue à film 100-200 ISO). La mesure stop-down, plus lente, est aussi plus pédagogique : elle force le débutant à comprendre ce qu’il fait. À budget équivalent, monter sur un ST705 propre vaut mieux que descendre sur un ST605 douteux, mais à choix qualité d’exemplaire équivalente, le ST605 reste défendable.

    Position vs ST601 (prédécesseur) et STX-1 (successeur monture X)

    Le Fujica ST601, sorti en 1974, est le prédécesseur immédiat du ST605. Il partage la même architecture mécanique mais ne dispose pas de cellule intégrée — il faut donc utiliser un posemètre externe ou la règle des 16 (Sunny 16). Son intérêt aujourd’hui est limité au collectionneur ou au photographe qui veut une expérience entièrement manuelle, sans automatisme.

    À l’autre bout, le STX-1 lancé en 1980 marque la fin de la monture M42 chez Fujica au profit de la monture X (propriétaire). Le STX-1 est un boîtier plus moderne mais qui sort du périmètre de cet article — il ne s’inscrit pas dans la même logique d’apprentissage M42.

    Objectifs compatibles : l’écosystème M42 en pratique

    Le Fujinon 55 mm f/2,2, objectif standard livré

    L’objectif livré en kit avec le Fujica ST605 est le Fujinon 55 mm f/2,2 (parfois noté EBC Fujinon 55 mm 1:2,2). Son ouverture maximale modeste (f/2,2 au lieu du standard f/1,8 ou f/1,4 chez les concurrents) reflète un choix de positionnement économique : Fuji propose un objectif moins lumineux que la concurrence pour tenir le prix de catalogue. À la fermeture, l’objectif accepte de descendre jusqu’à f/16.

    La qualité de cet objectif à pleine ouverture fait l’objet d’avis publiés contradictoires. Certains photographes le décrivent comme correct dès f/2,2, d’autres le trouvent doux sur les bords avant fermeture à f/4 ou f/5,6. En pratique, un Fujinon 55 mm en bon état fournit des résultats utiles dès f/4, ce qui couvre déjà la majorité des situations d’apprentissage. Pour un piqué plus marqué à pleine ouverture, mieux vaut basculer rapidement vers une optique M42 plus lumineuse.

    Quelles autres optiques M42 monter dessus

    La monture M42 est un standard à vis universel développé à l’origine par Praktica dans les années 1950. Selon la documentation publique disponible sur la monture M42, elle a été adoptée par des dizaines de constructeurs (Pentax, Asahi, Praktica, Zenit, Yashica, Mamiya, Cosina, Fujica) et a généré l’un des parcs optiques les plus larges de l’histoire de la photographie. Sur un Fujica ST605, vous pouvez monter sans adaptation :

    • les Asahi Super-Takumar 55 mm f/1,8 et 50 mm f/1,4 (références économiques) ;
    • les Helios 44-2 ou 44M 58 mm f/2 (production russe, rendu bokeh particulier) ;
    • les Pentacon 50 mm f/1,8 (production est-allemande, piqué correct) ;
    • les Carl Zeiss Jena Tessar et Pancolar (qualité élevée, cote variable) ;
    • les Mamiya Sekor 55 mm f/1,8 ;
    • les zooms M42 économiques type Tokina, Vivitar ou Sigma première génération.

    Pour approfondir le choix d’une optique M42 en occasion, voir notre guide des objectifs M42 vintage, qui compare les références les plus accessibles. Un cas particulier mérite mention : le Sigma Mark 1 en monture M42, optique ultra-lumineuse moins connue qui complète utilement un kit ST605 + Fujinon.

    La mesure stop-down : ce que cela change au quotidien

    Sur le ST605, la mesure se fait au diaphragme fermé : il faut presser un levier sur l’objectif ou utiliser la commande dédiée pour fermer le diaphragme à la valeur choisie, puis lire la cellule. Cette manipulation supplémentaire ralentit la prise de vue par rapport à un reflex à mesure pleine ouverture (Pentax K1000 et suivants), mais elle force une compréhension active de la triade vitesse-diaphragme-sensibilité.

    Le viseur s’assombrit dès qu’on ferme : à f/8, la luminosité du dépoli baisse déjà sensiblement, à f/16, le cadre devient sombre. Le stigmomètre central peut alors « noircir » sur certaines optiques très fermées, rendant la mise au point difficile. La parade consiste à composer et faire la mise au point à pleine ouverture, puis à fermer juste pour mesurer et déclencher.

    Retours publiés sur le Fujica ST605

    La review Digital Camera World et le statut « sleeper »

    La review publiée par Digital Camera World sous la plume de Paul Burrows positionne le ST605 comme un boîtier en cours de redécouverte sur le marché de l’occasion, à un moment où les Pentax K1000 et autres reflex M42 populaires voient leurs cotes grimper. Le rédacteur insiste sur la fiabilité du mécanisme d’obturateur, conçu pour fonctionner sans huile et résister à des conditions thermiques extrêmes — argument concret pour les photographes voyageurs qui pratiquent en montagne ou en climat sec.

    Le blog L’Atelier de JP et le ressenti d’un possesseur de longue date

    Selon le blog L’Atelier de JP, publié en février 2024 par un photographe qui possède son ST605 depuis 1977, ce boîtier de 1976 fonctionne sans adaptation avec des piles LR44 contemporaines, contrairement à d’autres reflex de l’époque conçus à l’origine pour des piles au mercure aujourd’hui interdites à la vente.

    Cette information a un effet pratique direct pour l’acheteur d’occasion : elle évite les adaptations contraignantes avec piles 1,55 V (Wein Cell) ou les adaptateurs MR-9 que demandent encore certains reflex Canon FTb, Nikkormat ou Olympus OM-1 d’origine. Le ST605 accepte directement les piles standard du commerce, ce qui simplifie considérablement la remise en service.

    La fiche technique 35mm-compact.com

    La fiche encyclopédique publiée sur 35mm-compact.com fournit les valeurs constructeur de référence : plage de mesure EV 2 à 17, grossissement viseur 0,96×, mesure pondérée centrale, obturateur 1/2 à 1/700 s plus pose B. Ces chiffres sont confirmés par d’autres sources comme les Wikilivres de photographie et la fiche Camera Wiki du boîtier.

    Vidéo récente : Sami Jay (mars 2026)

    Pour une démonstration visuelle récente du boîtier en main, la chaîne anglophone Sami Jay a publié en mars 2026 une vidéo dédiée intitulée Fujica ST605: Why This is the Best Starter 35mm Film Camera (disponible sur YouTube, vidéo en anglais, environ 21 minutes). Le présentateur y montre concrètement le déclenchement de l’obturateur mécanique, la manipulation du barillet de vitesses et de la bague de diaphragme, la lecture de la cellule via la pression du levier stop-down, ainsi que plusieurs photos prises avec le boîtier sur film noir et blanc. Il détaille aussi le fonctionnement de la cellule à déclenchement manuel, qui ne consomme qu’à la mesure et préserve donc la durée de vie des piles — point que les forums anglophones soulignent régulièrement comme un avantage face aux reflex à mesure permanente. La chaîne reste de taille modeste mais le contenu est documenté et illustré de photos prises avec le boîtier.

    Le ST605 face au Pentax K1000 : comparaison structurée

    Tableau des spécifications comparées

    Spécification Fujica ST605 (1976) Pentax K1000 (1976)
    Monture M42 à vis K-mount à baïonnette
    Vitesse maximale 1/700 s 1/1000 s
    Synchro flash 1/60 s 1/60 s
    Cellule SPD silicium + FET CdS (sulfure de cadmium)
    Mesure TTL stop-down (au diaphragme fermé) TTL à pleine ouverture
    Affichage vitesse dans viseur Non (oui sur ST605N) Non
    Plage ISO 25-3 200 20-3 200
    Poids nu 570 g 620 g
    Cellule consomme À la mesure uniquement En permanence (mesure active)
    Objectif standard livré Fujinon 55 mm f/2,2 SMC Pentax-M 50 mm f/2 ou f/1,7

    Différence de prix occasion observée fin 2025

    Sur le marché d’occasion français fin 2025 et début 2026, le ST605 s’échange dans une fourchette de 40 à 150 € selon l’état et l’objectif joint. Le Pentax K1000, plus demandé en raison de sa réputation internationale, se négocie globalement sur une fourchette supérieure pour des prestations comparables. Cet écart de prix est le principal argument financier en faveur du ST605 : à condition de tomber sur un exemplaire propre, l’écart de réputation se traduit par un écart de prix réel pour des caractéristiques techniquement proches.

    Différence d’écosystème : M42 vs K-mount

    L’écosystème M42 du ST605 est, en volume, plus large que l’écosystème K-mount du K1000. Cinquante ans après, le marché de l’occasion regorge d’objectifs M42 à prix accessibles, des références économiques Helios ou Pentacon aux verres premium Zeiss Jena. L’écosystème K-mount, quoique plus moderne et plus pratique (baïonnette + diaphragme automatique), est plus restreint et globalement plus cher en occasion.

    Pour un débutant qui veut constituer un parc d’optiques varié à petit budget, l’argument joue clairement en faveur du M42 et donc du ST605. Pour un photographe qui privilégie la rapidité d’usage et l’ergonomie, la baïonnette K-mount du K1000 reste plus confortable.

    Quel boîtier pour quel profil ?

    Le Fujica ST605 est adapté

    • au photographe débutant qui cherche un reflex manuel formateur à petit budget ;
    • au photographe patient qui privilégie l’écosystème optique large à l’ergonomie rapide ;
    • au voyageur léger qui veut un second boîtier mécanique fiable, sans dépendance à la pile ;
    • au possesseur d’un parc d’objectifs M42 préexistant qui cherche un boîtier d’usage économique.

    Le Fujica ST605 n’est pas adapté

    • au photographe qui privilégie la mesure rapide à pleine ouverture ;
    • au photographe de sport ou d’action qui a besoin de 1/1000 s ou plus ;
    • à l’acheteur pressé qui n’a pas la possibilité d’inspecter physiquement l’exemplaire ;
    • au photographe qui cherche un boîtier sous garantie ou couvert par un SAV constructeur.

    Avant d’acheter un Fujica ST605 d’occasion : les points à vérifier

    Fujica ST605 vu de 3/4 arrière, dos en cuir noir grenu, viseur central et barillets visibles sur le capot chromé.

    Les boîtiers actuellement disponibles sur le marché d’occasion ont entre 47 et 50 ans d’âge. À ce stade, aucun exemplaire n’est exempt de dérive potentielle, et la valeur d’un ST605 dépend bien plus de son état physique que de son origine. Les points suivants conditionnent la viabilité d’un achat.

    Rideaux d’obturateur : le critère numéro un

    Les rideaux en tissu de soie caoutchoutée sont le point de fragilité documenté sur les boîtiers de cet âge. Avec le temps, le caoutchouc peut sécher, craqueler ou se fissurer, ce qui crée des fuites de lumière sur le film (bandes claires en haut ou en bas de l’image). À l’inspection, regarder les rideaux ouverts en pose B : ils doivent être uniformément noirs, sans pli marqué, sans accroc, sans trou même minuscule. Tester ensuite l’obturateur à toutes les vitesses : à 1/700 s, le deuxième rideau doit suivre le premier sans retard visible (sinon : voile sur une bande verticale du négatif).

    Mousses d’étanchéité : tester l’élasticité

    Les mousses d’étanchéité courent autour du dos du boîtier (ouverture du capot) et de la chambre miroir. Sur un exemplaire ancien, elles peuvent être dégradées et coller au doigt en une matière noirâtre poisseuse. Une mousse défaillante crée des fuites de lumière et salit le rideau. La vérification se fait au doigt : la mousse doit rester ferme et élastique. Si elle s’effrite ou colle, le remplacement (par soi-même ou via un atelier) est nécessaire — c’est un travail accessible mais qui demande de la patience.

    Cellule SPD : comparer la lecture avec un posemètre tiers

    La cellule SPD du ST605 reste susceptible de dériver après cinq décennies, comme toute cellule photoélectrique d’âge équivalent. Le test pratique consiste à comparer la lecture de la cellule du ST605 avec celle d’un autre posemètre (smartphone avec application posemètre, second appareil photo numérique en mode priorité ouverture). Une dérive d’un IL peut se compenser au tirage ou en réglant manuellement la sensibilité du boîtier ; une dérive de deux IL ou plus pose problème et impose un service ou un usage permanent au posemètre externe.

    Mécanique : barillet d’avance, déclencheur, retardateur

    Le barillet d’avance du film doit tourner sans à-coup, le déclencheur doit avoir une course nette sans point dur, et le retardateur (s’il est utilisé) doit démarrer correctement et libérer l’obturateur après environ 8 à 10 secondes. Tester le passage de toutes les vitesses, du B jusqu’au 1/700 s, en écoutant la régularité du son.

    Optique : champignon, voile, propreté du stigmomètre

    Sur l’objectif Fujinon 55 mm f/2,2 livré, vérifier l’absence de champignon (taches blanchâtres irrégulières dans le verre), de voile (lentilles laiteuses), de rayures sur la lentille frontale, et le bon fonctionnement de la bague de diaphragme. Sur le boîtier, le stigmomètre central doit être propre et clair : un dépoli encrassé rend la mise au point pénible.

    Liste à imprimer avant la visite

    Inspecter les rideaux d’obturateur ouverts en pose B (aucun pli, accroc ou trou).
    Déclencher à toutes les vitesses (1/2, 1/4, 1/8, 1/15, 1/30, 1/60, 1/125, 1/250, 1/500, 1/700 s + B) en écoutant la régularité.
    Tester la pose B et le retardateur.
    Vérifier l’élasticité des mousses d’étanchéité (autour du dos et de la chambre miroir).
    Comparer la lecture de la cellule avec un posemètre tiers (smartphone ou autre boîtier).
    Tester le barillet d’avance et le rebobinage.
    Inspecter l’objectif Fujinon 55 mm : absence de champignon, de voile, de rayure sur la lentille frontale.
    Vérifier la bague de diaphragme et son déclic à chaque cran.
    Demander le bouchon arrière de l’objectif et le capuchon avant.
    Demander si la sangle d’origine et l’étui sont fournis (impact prix).

    Où acheter un Fujica ST605 en France en 2026

    Le Fujica ST605 n’est pas commercialisé neuf — la production s’est arrêtée en 1978. Toute acquisition passe donc par le marché d’occasion. Cinq plateformes concentrent l’offre française en 2026.

    Leboncoin reste la première source pour un achat de gré à gré en France : les annonces sont fréquentes, les prix négociables, et la rencontre en main propre permet l’inspection physique recommandée ci-dessus. eBay.fr propose à la fois des vendeurs particuliers et des vendeurs professionnels (parfois basés à l’étranger), avec un système d’évaluation des vendeurs et une protection acheteur utile en cas de non-conformité.

    Etsy France regroupe des vendeurs spécialisés argentique qui présentent souvent les boîtiers comme « entièrement testés », avec film de démonstration à l’appui — formule rassurante pour l’acheteur qui ne peut pas se déplacer. BromureFilm.com est une boutique française dédiée à l’argentique d’occasion qui propose régulièrement des ST605 vérifiés avec garantie commerciale. OldCamsByJens est une référence européenne pour les boîtiers vintage révisés, avec une politique de retour explicite.

    Côté tarifs, les prix observés fin 2025 et début 2026 indiquent quatre paliers utiles à connaître avant l’achat. En dessous de 50 €, on trouve des boîtiers « tel quel » non testés, avec un risque réel sur les rideaux et la cellule — à réserver aux acheteurs qui acceptent l’éventualité d’un service mécanique. Entre 50 et 80 €, ce sont en général des boîtiers nus, testés mécaniquement, sans objectif. Entre 80 et 130 €, on entre dans le segment « bon état avec Fujinon 55 mm f/2,2 livré ». Au-delà de 130 €, l’exemplaire doit présenter un état proche du neuf, étui d’origine inclus et test photographique récent à l’appui.

    Pour replacer le ST605 dans une perspective plus large, notre guide des argentiques pas chers compare une dizaine de boîtiers d’occasion accessibles à des budgets équivalents. Pour qui hésite entre un reflex M42 d’occasion et un argentique moderne, le Pentax 17, alternative moderne en demi-format, propose une approche différente — appareil neuf garanti mais format demi (deux images pour le prix d’une) et fonctionnement automatique.

    Questions fréquentes sur le Fujica ST605

    Le Fujica ST605 fonctionne-t-il sans pile ?

    Oui. L’obturateur est entièrement mécanique : toutes les vitesses (de 1/2 s à 1/700 s plus pose B) sont disponibles sans alimentation électrique. Seule la cellule de mesure dépend des piles. Vous pouvez donc déclencher sans piles, à condition d’utiliser un posemètre externe ou la règle des 16.

    Quelle monture utilise le Fujica ST605 ?

    Le Fujica ST605 utilise la monture M42 à vis (42 mm de diamètre), aussi appelée « monture universelle » ou « monture Praktica ». Elle a été adoptée par des dizaines de constructeurs et donne accès à l’un des parcs optiques les plus larges de l’histoire de la photographie.

    Quelle est la différence entre le ST605 et le ST605N ?

    Une seule différence fonctionnelle : le ST605N (1978) affiche la vitesse d’obturation sélectionnée dans le viseur, via un pointeur additionnel. Le ST605 d’origine (1976) impose de détacher l’œil du viseur pour vérifier la vitesse sur le barillet. Toutes les autres caractéristiques (obturateur, cellule, monture, sensibilités) sont identiques.

    Quel objectif mettre sur un Fujica ST605 ?

    L’objectif d’origine est le Fujinon 55 mm f/2,2, souvent livré en kit. Vous pouvez aussi monter sans adaptation toute optique M42 : Asahi Super-Takumar (55 mm f/1,8 ou 50 mm f/1,4), Helios 44 (58 mm f/2), Pentacon (50 mm f/1,8), Carl Zeiss Jena Tessar, Mamiya Sekor. Pour un grand-angle ou un téléobjectif, le marché de l’occasion offre des dizaines de références économiques.

    Le Fujica ST605 est-il un bon choix pour débuter en argentique ?

    Oui, à condition d’acheter un exemplaire vérifié. Sa mécanique entièrement manuelle force la compréhension de la triade vitesse-diaphragme-sensibilité, son obturateur fonctionne sans pile, et son écosystème M42 permet de constituer un parc d’objectifs à petit budget. La mesure stop-down demande un temps d’adaptation mais reste pédagogiquement formatrice.

    Quel est le prix d’un Fujica ST605 en 2026 ?

    Les prix observés fin 2025 et début 2026 sur le marché français vont de 40 à 150 € selon l’état et l’objectif joint. Comptez moins de 50 € pour un boîtier « tel quel » non testé, 50 à 80 € pour un boîtier nu testé, 80 à 130 € pour un boîtier avec Fujinon 55 mm f/2,2 en état, et jusqu’à 150 € pour un exemplaire complet avec étui et test photographique récent.

    Quelles piles pour le Fujica ST605 : LR44 ou SR44 ?

    Les deux types fonctionnent. Préférez les SR44 (oxyde d’argent) pour la stabilité du voltage : elles délivrent 1,55 V de façon constante, ce qui évite que la cellule dérive à mesure que les piles vieillissent. Les LR44 (alcalines) sont moins chères mais leur tension décline progressivement, ce qui peut fausser légèrement la mesure en fin de vie.

    Peut-on mettre des objectifs modernes sur un Fujica ST605 ?

    Tous les objectifs en monture M42 se montent directement, qu’ils soient anciens ou neufs (certains constructeurs comme Zenitar produisent encore des optiques M42). En revanche, les objectifs en monture moderne (Canon EF, Nikon F, Sony E, Fujifilm X, etc.) ne se montent pas sur le ST605 sans bague adaptatrice, et même avec une bague, la perte de fonctionnalités (diaphragme automatique, mise au point assistée) rend l’opération peu pertinente.

    Verdict final : le Fujica ST605 reste-t-il pertinent en 2026 ?

    Le Fujica ST605 garde sa place dans la photographie argentique d’apprentissage à condition d’accepter trois renoncements : une vitesse maximale modeste, une mesure au diaphragme fermé qui demande de l’habitude, et un achat occasion qui exige une inspection physique. Au-dessous de 100 € avec un Fujinon 55 mm en état, l’achat se cale dans la monture M42 ; au-dessus, l’avantage prix face au Pentax K1000 s’efface.

    Ce boîtier garde son utilité pour qui débute en argentique avec un budget contraint, pour qui possède déjà des optiques M42 héritées ou achetées au fil du temps, et pour le voyageur léger qui cherche un second boîtier mécanique sans dépendance à la pile.

    Le ST605 n’est pas indiqué pour la photo de sport rapide (vitesse plafonnée à 1/700 s), pour la photo de reportage exigeant un autofocus, ni pour qui cherche une garantie constructeur active — ce dernier point étant impossible sur un boîtier arrêté depuis 1978.

    Avant l’achat, vérifier la tenue des rideaux à toutes les vitesses (1/2 s à 1/700 s + B), l’état des mousses d’étanchéité autour du dos, la précision de la cellule comparée à un posemètre tiers, l’absence de jeu mécanique du barillet d’avance, et la présence du capuchon arrière de l’objectif livré.

    L’exemplaire à retenir réunit trois conditions matérielles cumulatives : rideaux sans pli ni accroc visibles à 1/700 s, mousses d’étanchéité encore élastiques au toucher, et cellule SPD dont la lecture coïncide à plus ou moins un IL avec un posemètre de référence.

    À propos de l’auteure — Héloïse Caradec-Morin

    Héloïse Caradec-Morin est rédactrice photo basée à Strasbourg, spécialisée dans la photographie argentique, les chambres et le moyen format, ainsi que dans l’histoire de la photographie. Elle suit ces sujets depuis 20 ans et synthétise les ressources de référence — Photo.net, Filmwasters, blogs de laboratoires français comme Negatif+, publications historiques sur Magnum, Daguerre, Cartier-Bresson. Son écriture relie les procédés argentiques d’hier aux pratiques numériques d’aujourd’hui, à un rythme posé, nourri d’anecdotes documentées et d’explications pédagogiques. Une approche de prof bienveillante, fondée sur les sources publiées plutôt que sur des affirmations personnelles.

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