Sorti en 1980 dans la foulée du Minox 35, le Ricoh FF-1S referme son volet rabattable sur un objectif Color Rikenon 35 mm f/2.8 et, contrairement à ce que laissent croire ses photos d’annonce, il n’a jamais embarqué d’autofocus : c’est un compact à zone focus manuel, où l’on estime soi-même la distance qui sépare le boîtier du sujet.
Ce cadrage change tout pour qui achète aujourd’hui. La fiche du FF-1S coche pourtant des cases solides pour son époque : Tessar 4 éléments en 3 groupes, vitesses de 2 s à 1/500 s, sensibilités de 25 à 800 ISO, modes automatique et priorité ouverture, retardateur électronique qui distingue le S de son prédécesseur FF-1 de 1978. La construction mêle plastique et métal, et le format de poche reste l’un des plus petits jamais conçus pour du 24×36.
Mais le boîtier impose aussi ses contraintes — et c’est là que la vraie discussion commence. Aucun mode mécanique de secours : sans ses deux piles LR44, le FF-1S ne déclenche plus. La cellule CdS est placée à côté du viseur et non TTL devant l’objectif, ce qui complique les mesures à filtre. Le viseur ne couple pas avec la distance, et la communauté Reddit signale régulièrement des fissures plastique et des joints mousse fatigués sur les exemplaires non révisés. À cela s’ajoute un marché à fluctuation rapide, entre 50 et 220 € selon l’état et le revendeur, sans aucune disponibilité neuve.
Cet article fait le tri. Vous y trouverez la fiche technique remise dans son contexte, une explication posée du zone focus, un comparatif chiffré face à l’Olympus XA, le télémètre compact 1979, au Minox 35, au Rollei 35 et au Cosina CX-2, puis une checklist d’achat occasion centrée sur les points faibles documentés du boîtier. Si vous hésitez encore entre plusieurs boîtiers, notre guide des 15 meilleurs compacts argentiques donne une vue d’ensemble du segment.
En verdict bref pour qui n’a pas le temps de tout lire : le Ricoh FF-1S reste un choix défendable pour un photographe patient qui accepte d’apprendre à estimer ses distances, qui photographie en lumière correcte et qui trouve un exemplaire révisé sous la barre des 150 €. Pour tout autre profil, l’Olympus XA2 à zone focus simplifié, ou un compact AF des années 1990, rendront plus de service au quotidien.
Le contexte du Ricoh FF-1S : un ultra-compact 1980 dans le sillage du Minox 35
Comprendre le FF-1S sans son époque revient à juger un boîtier sur des critères qui n’étaient pas les siens. Fin des années 1970, le Minox 35 EL allemand a montré qu’un appareil 24×36 pouvait tenir dans la main d’un enfant, et tous les fabricants japonais ont cherché leur réponse. Ricoh sort le FF-1 en 1978, puis le FF-1S en 1980 : deux boîtiers de poche conçus pour rivaliser avec le format ultra-réduit du Minox tout en proposant un système d’exposition plus complet.
La gamme FF de Ricoh : du FF-1 (1978) au FF-1S (1980)
Le FF-1 inaugure chez Ricoh la lignée des micro-compacts à objectif rétractable et volet rabattable. Le FF-1S reprend le même châssis deux ans plus tard avec une mise à jour mesurée. Les deux boîtiers partagent l’objectif Color Rikenon 35 mm f/2.8, le même obturateur, la même cellule au sulfure de cadmium et la même alimentation. La filiation est directe au point que de nombreuses fiches de revendeurs confondent les deux modèles. La fiche encyclopédique 35mm-compact.com détaille la généalogie complète de la lignée et confirme la continuité technique entre les deux boîtiers.
Ce qui change sur le S, c’est principalement le retardateur électronique. Pour le reste, les amateurs avertis identifient quelques signaux esthétiques (gravures, finition de certaines pièces) qui distinguent un FF-1S d’un FF-1, sans que cela transforme la nature du boîtier. Acheter l’un ou l’autre revient en pratique à acheter le même appareil avec une fonction supplémentaire de retardement.
Pourquoi cet appareil compte dans l’histoire des compacts 35 mm
Le FF-1S appartient à la « mini-compact era » des années 1978-1985, période fondatrice du format de poche 24×36. À cette époque, le compact à autofocus n’existe pratiquement pas encore dans les rayons grand public — les Konica C35 AF de 1977 et Canon AF35M de 1979 ouvrent à peine la voie. La majorité des compacts de poche sont à zone focus, et la course se joue sur la miniaturisation et la qualité optique.
Dans ce paysage, Ricoh propose un compromis intéressant : un boîtier plus compact que la plupart de ses concurrents japonais, doté d’une optique Tessar dont la formule a fait ses preuves, et qui offre à la fois un mode automatique et une priorité ouverture — chose rare sur les compacts de 1980. Pour le journaliste photo Stephen Dowling sur KosmoFoto, le FF-1 « est apparu juste avant l’Olympus XA » et a contribué à installer Ricoh dans la conversation des compacts de poche premium.
La différence FF-1 vs FF-1S : retardateur électronique et signaux esthétiques
La différence technique majeure tient en une ligne : le FF-1S ajoute un retardateur électronique au FF-1. Concrètement, le photographe peut déclencher avec un délai d’environ 10 secondes, fonction absente sur le modèle précédent. Pour un compact de cette taille, c’est un ajout pratique en photo de groupe, en autoportrait ou pour limiter le bougé sur trépied.
Ricoh FF-1 (1978)
Châssis fondateur, objectif Color Rikenon 35 mm f/2.8, modes auto et priorité ouverture, cellule CdS, alimentation 2× LR44. Pas de retardateur.
Ricoh FF-1S (1980)
Même optique, même obturateur, même cellule, même alimentation. Ajout du retardateur électronique et quelques signaux esthétiques distincts.
Pour un acheteur 2026, la question pratique se résume à : voulez-vous le retardateur ? Si la réponse est non, un FF-1 en bon état revient souvent moins cher pour un usage strictement identique. Si elle est oui, le surcoût du FF-1S se justifie à condition de vérifier que la fonction marche réellement sur l’exemplaire visé.
Le rebadge Sears Mini 35 : ce que recouvre vraiment ce nom
Sur certains marchés, et en particulier aux États-Unis, le FF-1 a été commercialisé sous l’étiquette Sears Mini 35. Il s’agit d’un rebadge classique de l’industrie japonaise : même boîtier, même optique, même fonctionnement, simple changement de marque pour la distribution. Le Sears Mini 35 correspond donc au FF-1 (1978).
À noter sur les rebadges
L’existence d’un rebadge équivalent pour le FF-1S spécifiquement n’est pas documentée par les sources publiques disponibles à ce jour. Si vous tombez sur une annonce « Sears » avec retardateur, demandez les photos détaillées du boîtier et comparez avec une fiche de référence avant de conclure qu’il s’agit d’un FF-1S rebadgé.
Fiche technique complète du Ricoh FF-1S
La fiche du FF-1S reste lisible pour un acheteur moderne, à condition d’accepter qu’elle reflète la philosophie d’un compact 1980 : autonomie limitée, exposition simple, viseur découplé, pas de stabilisation, pas de mémoire. C’est précisément cette sobriété qui en fait un objet cohérent pour qui cherche à apprendre l’argentique sans s’encombrer.
Objectif Color Rikenon 35 mm f/2.8 : formule Tessar 4 éléments

L’objectif fixe Color Rikenon 35 mm f/2.8 est l’un des arguments les plus cités par la communauté. Le passionné Mike Elek, sur elekm.net, le décrit comme un Tessar 4 éléments en 3 groupes, formule classique connue pour son piqué central honorable et son comportement aux bords souvent en retrait à pleine ouverture. La focale 35 mm convient à la photo de rue posée, à la photo de voyage et à la photo de famille en intérieur.
Sur le forum Rangefinder, le membre Huss qualifie l’optique de « fantastic lens » au point d’acheter un second exemplaire du FF-1. Pour la rédactrice photo Kathleen Frank sur shootitwithfilm.com, l’objectif 35 mm f/2.8 du FF-1S est jugé « solid », et la construction mêlant métal et plastique apporte un toucher plus robuste que la plupart des compacts plastiques de la même époque. Ces appréciations qualitatives convergent sans constituer une mesure de laboratoire.
Obturateur, vitesses (2 s à 1/500 s) et sensibilités (25 à 800 ISO)
L’obturateur central propose une plage de 2 s à 1/500 s. C’est étendu vers le bas pour un compact 1980, mais court vers le haut : à pleine lumière avec une pellicule 400 ISO, vous serez vite contraint à f/8 ou f/11. La synchronisation flash s’effectue à toutes les vitesses, avantage classique des obturateurs centraux par rapport aux rideaux focaux des reflex de la même période.
La sensibilité s’étage de 25 à 800 ISO. Une pellicule 400 ISO type Kodak Tri-X ou Ilford HP5+ couvre la quasi-totalité des usages courants, du plein jour aux intérieurs très éclairés. Pour les nomenclatures officielles en français, le manuel d’utilisation Ricoh FF-1 en français reprend la majorité des modes communs aux deux boîtiers, utile pour comprendre les marquages d’origine sur la molette de sensibilité.
Cellule CdS, modes d’exposition (auto et priorité ouverture) et limites

La cellule au sulfure de cadmium (CdS) est positionnée à côté du viseur et non TTL devant l’objectif. Cette particularité, soulignée par Mike Elek, a deux conséquences pratiques. D’une part, l’usage de filtres (jaune, orange, rouge en noir et blanc) ne sera pas compensé par la cellule : il faut corriger l’exposition manuellement. D’autre part, la mesure peut être influencée par un grand contraste lumineux à côté du sujet, ce qui rend la priorité ouverture plus prévisible que le mode auto dans les scènes contrastées.
Le FF-1S propose deux modes d’exposition : automatique complet (le boîtier choisit ouverture et vitesse) et priorité ouverture (vous choisissez l’ouverture, le boîtier ajuste la vitesse). Le blog argentique français BenBer souligne que ce double mode constitue un avantage par rapport au Minox 35 en version standard, qui ne propose que la priorité ouverture.
Réglages courants à connaître
En mode priorité ouverture, l’aiguille dans le viseur indique la vitesse retenue par la cellule. Si elle entre dans la zone basse (signalée par un repère), le boîtier vous prévient que la lumière est insuffisante pour une prise à main levée fiable. Couvrir puis découvrir l’objectif au moment de l’achat permet de vérifier que l’aiguille bouge franchement entre les deux extrêmes.
Alimentation : 2× LR44 / S76 et dépendance totale aux piles
Le FF-1S fonctionne avec deux piles boutons LR44 (ou leur équivalent S76 en oxyde d’argent). Sans piles, le boîtier ne déclenche pas du tout : aucune vitesse mécanique de secours n’est prévue. C’est une contrainte forte, partagée avec une partie des compacts à exposition électronique de cette période, et qu’il faut intégrer avant l’achat. Les piles LR44 restent largement disponibles aujourd’hui, en parapharmacies, en grandes surfaces et chez les revendeurs photo.
Volet rabattable, hot shoe et ergonomie d’usage

La signature visuelle du FF-1S, c’est son volet rabattable de protection qui couvre l’objectif quand l’appareil est rangé. Le retour Flickr le décrit comme l’un des éléments de design qui distingue ce boîtier de la masse des compacts de l’époque : il s’agit d’un appareil pliant à objectif rétractable, design peu commun en 1980. En pratique, ce volet protège la lentille frontale dans une poche ou un sac sans capuchon supplémentaire.
Le hot shoe (griffe flash) accepte un flash externe à griffe chaude. Le boîtier n’embarque aucun flash intégré, ce qui le distingue immédiatement des compacts AF des années 1990 qui en ont fait un standard. L’avance du film est manuelle, à un seul mouvement de molette, jugée fluide par les retours communautaires publiés.
Le zone focus expliqué : comprendre la mise au point sans autofocus
Le point qui décide de la satisfaction ou de la frustration d’un acheteur de FF-1S, c’est le zone focus. La majorité des erreurs reportées sur Reddit r/filmphotography par les nouveaux propriétaires tiennent à une mauvaise compréhension de ce système. Quelques minutes de pédagogie évitent des rouleaux entiers de photos floues.
Qu’est-ce que le zone focus (ou mise au point estimée)
Le zone focus, aussi appelé scale focus ou mise au point estimée, consiste à régler manuellement la distance de mise au point en tournant une bague graduée en mètres autour de l’objectif. Le photographe estime visuellement la distance qui le sépare du sujet, positionne la bague sur cette distance, et déclenche. Le viseur ne donne aucune indication de mise au point : il sert uniquement au cadrage.
Sur shootitwithfilm.com, Kathleen Frank distingue précisément ce système de l’autofocus : le FF-1S « uses zone focusing instead of autofocus ». La bague propose en général quelques distances repères (souvent 1 m, 1,5 m, 3 m, 5 m, infini, selon les modèles), et le photographe choisit la plus proche de son estimation.
Comment l’utiliser concrètement sur le FF-1S
La procédure tient en quatre temps. D’abord, estimer la distance au sujet — par exemple « il est à environ deux mètres ». Ensuite, faire pivoter la bague pour aligner le repère sur cette distance. Puis cadrer dans le viseur, sans se préoccuper d’une quelconque confirmation de netteté. Enfin, déclencher.
Pour un débutant, l’apprentissage passe par quelques tests à distances connues : un mètre devant un mur, deux mètres, cinq mètres. En quelques rouleaux, l’œil se cale et l’estimation devient plus fiable. Si vous chargez votre première pellicule sur ce boîtier, notre guide pour comment charger une pellicule pas à pas donne les bons gestes pour éviter les premiers ratés.
Hyperfocale et zones de netteté à f/8 et f/11
L’astuce qui change tout sur un compact à zone focus, c’est l’exploitation de la profondeur de champ aux petites ouvertures. À f/8 et plus encore à f/11, la zone nette s’étend sur une plage de distances suffisamment large pour absorber les erreurs d’estimation. C’est le principe de l’hyperfocale.
À f/8 par bonne lumière
Régler la bague sur environ 3 mètres place la zone nette approximativement de 1,5 m à l’infini selon les cercles de confusion retenus. Une grande partie des scènes de rue et de voyage tombent dans cette zone.
À f/11 par très bonne lumière
Régler la bague sur l’hyperfocale (souvent indiquée par un repère ou déductible de l’échelle de profondeur de champ) place pratiquement toute la profondeur de l’image dans la zone nette, de quelques mètres jusqu’à l’infini.
À pleine ouverture f/2.8
La marge d’erreur devient faible. Pour un portrait à 1,5 m, une erreur d’estimation de 30 cm suffit à dégrader la netteté du visage. Réserver la pleine ouverture aux situations où l’estimation est fiable, ou accepter une part de chance.
Les erreurs fréquentes du débutant
Le sujet revient régulièrement sur les forums. Sur Reddit r/filmphotography, un utilisateur ayant développé son premier rouleau au FF-1S décrit ses photos comme « blurry » et cherche à comprendre. La cause habituelle n’est pas un défaut du boîtier mais une mauvaise estimation des distances à pleine ouverture, ou l’oubli de tourner la bague (laissée par exemple sur 1 m alors que le sujet est à 5 m).
Trois erreurs classiques à éviter
Premièrement, oublier de régler la bague entre deux scènes très différentes en distance. Deuxièmement, photographier en intérieur à f/2.8 ou f/4 en pensant que la profondeur de champ pardonnera l’estimation. Troisièmement, croire que le viseur confirmera la netteté : il ne le fait jamais, c’est au photographe d’anticiper.
Le Ricoh FF-1S en pratique : pour quels usages
Replacé dans ses usages réels, le FF-1S devient un boîtier cohérent pour un certain type de pratique. La logique est posée : on photographie ce que la cellule sait mesurer, à des distances que l’œil sait estimer, avec une lumière qui n’oblige pas à pleine ouverture.
Photo de rue posée et photo de voyage léger
La photo de rue posée est le terrain naturel du FF-1S. Le volet rabattable autorise un boîtier rangé dans une poche de manteau et sorti rapidement, et le zone focus, une fois calé à 3 mètres et f/8, permet de déclencher en quelques secondes sans se préoccuper de la mise au point. C’est le mode opératoire défendu sur les forums dédiés à la photographie de rue argentique.
En voyage, l’argument du poids domine. Le FF-1S pèse une fraction d’un reflex argentique et tient dans une trousse de toilette. Pour le voyageur léger qui veut un compact 35 mm de complément à côté de son hybride numérique, le boîtier remplit son rôle sans imposer d’apprentissage long.
Photo de famille en lumière correcte
En lumière du jour ou en intérieur bien éclairé, le FF-1S photographie convenablement une famille à table, un anniversaire ou des enfants en jardin. Le mode automatique simplifie l’exposition et l’objectif 35 mm cadre large sans déformer les visages comme le ferait un grand-angle plus court. Le retardateur du FF-1S, absent sur le FF-1, permet d’inclure le photographe dans la scène.
Limites en faible lumière et en sujets rapides
Deux familles d’usages mettent le boîtier en difficulté. La faible lumière, d’abord : sans flash externe à griffe chaude et sans stabilisation, les vitesses lentes induites par la cellule deviennent vite intenables à main levée. Une pellicule 400 ISO en intérieur le soir donnera fréquemment des temps d’exposition au 1/30 s ou en dessous, frontière du bougé pour un photographe non aguerri.
Les sujets rapides, ensuite. Un enfant qui court, un sportif, un animal en mouvement échapperont presque toujours à une mise au point estimée à pleine ouverture. C’est une limite structurelle du zone focus, partagée par tous les boîtiers de cette famille. Pour ces sujets, un compact AF des années 1990 ou un reflex avec autofocus rend infiniment plus de service.
Sur le forum Rangefinder, le membre Huss qualifie la maniabilité du FF-1 d’excellente : « superb handling, excellent single stroke film winding, super easy to use, excellent meter and fantastic lens ». Son retour, qui l’a conduit à acheter un second exemplaire, illustre la satisfaction d’un usage posé bien cadré.
Pour visualiser la manipulation du boîtier et le chargement de la pellicule, la vidéo en anglais Film Photography: Ricoh FF1S camera Overview, publiée en avril 2020 sur la chaîne Virna, montre l’ouverture du volet, le réglage de la bague de distance et le développement d’un rouleau Ilford HP5+ 400. Aucune vidéo équivalente en français centrée sur ce modèle précis n’a été identifiée à ce jour.
Comparatif Ricoh FF-1S vs concurrents directs
Le segment ultra-compact 24×36 des années 1978-1985 compte une poignée de boîtiers concurrents. Les comparer au FF-1S revient à choisir entre des philosophies de conception différentes : télémètre, zone focus simplifié, mise au point manuelle complète, ou registre premium.
Ricoh FF-1S vs Olympus XA (télémètre) et XA2 (zone focus)
L’Olympus XA de 1979 et son successeur l’XA2 sont les concurrents les plus souvent cités. L’XA propose un télémètre couplé : le photographe ajuste la mise au point en superposant deux images dans le viseur, jusqu’à coïncidence sur le sujet. C’est plus précis que le zone focus, mais plus lent et plus exigeant pour les yeux d’un photographe presbyte. L’XA2 simplifié abandonne le télémètre pour un zone focus à trois positions (proche, moyenne, lointaine), philosophie opposée à celle du FF-1S qui propose une bague graduée plus fine.
Sur le forum Fred Miranda, certains utilisateurs jugent l’optique du FF-1 plus piquée que celle de l’XA2. C’est un signal communautaire à prendre avec prudence, en l’absence de mesures de laboratoire indépendantes pour ces deux boîtiers. Pour la commodité d’usage en débutant, le zone focus à trois positions de l’XA2 reste plus rapide à apprendre.
Ricoh FF-1S vs Minox 35 GT / EL / ML
Le Minox 35 reste la référence du segment ultra-compact, et l’inspiration directe du FF-1. L’allemand est légèrement plus petit, son objectif Color-Minotar 35 mm f/2.8 (ou f/4 selon les versions) jouit d’une réputation flatteuse, et son volet à charnière joue le même rôle protecteur que celui du Ricoh.
Deux écarts pratiques séparent toutefois les deux familles. D’abord les modes d’exposition : selon BenBer, le FF-1 propose à la fois mode auto et priorité ouverture, alors que le Minox 35 standard se limite généralement à la priorité ouverture. Ensuite l’écosystème de réparation : en France, un atelier capable de faire un CLA sérieux sur Minox 35 reste plus accessible que pour un FF-1S, dont la base installée est plus mince.
Ricoh FF-1S vs Rollei 35 (référence premium)
Le Rollei 35 est le mètre-étalon du segment ultra-compact 24×36, mais il joue dans une autre catégorie. Construction métallique entièrement, objectif Tessar ou Sonnar selon les versions, ergonomie spécifique avec objectif rétractable à tirer manuellement, mise au point complètement manuelle à la bague — pas même un zone focus. Les prix d’occasion sont en moyenne sensiblement supérieurs à ceux du FF-1S.
Pour un acheteur qui cherche le rendu premium d’un compact 35 mm et qui accepte de payer en conséquence, la Leica Minilux, référence premium du segment compact argentique, ou le Rollei 35 répondent mieux que le FF-1S. Le Ricoh, lui, joue dans un registre plus modeste : un compact 1980 honnête à un prix qui reste raisonnable, sans prétendre au statut d’objet de collection à 500 €.
Ricoh FF-1S vs Cosina CX-2 (alternative budget méconnue)
Le Cosina CX-2 est l’alternative discrète du segment. Compact à zone focus, sorti dans la même période, il est régulièrement cité sur les forums comme une option budget pour qui n’arrive pas à trouver un FF-1S ou un XA2 en bon état. Son optique est moins encensée que celle du Ricoh dans les retours communautaires publiés, mais il reste un dépannage cohérent pour découvrir le zone focus à coût réduit.
| Modèle | Année | Mise au point | Modes d’exposition | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| Ricoh FF-1S | 1980 | Zone focus bague graduée | Auto + priorité ouverture | Volet rabattable, retardateur électronique |
| Olympus XA | 1979 | Télémètre couplé | Priorité ouverture | Mise au point plus précise, plus lente |
| Olympus XA2 | 1980 | Zone focus 3 positions | Auto (programme) | Plus simple pour débuter |
| Minox 35 GT | 1981 | Zone focus bague graduée | Priorité ouverture | Référence allemande, ultra-compact |
| Rollei 35 | 1966+ | Mise au point manuelle complète | Manuel (cellule indépendante) | Construction métal, segment premium |
| Cosina CX-2 | 1980 | Zone focus | Auto / manuel selon version | Alternative budget méconnue |
Que valent les images du Ricoh FF-1S
Aucun banc d’essai laboratoire indépendant — type DXOMark ou Imaging Resource — n’a évalué le FF-1S, ce qui est attendu pour un compact argentique arrêté en 1980. L’appréciation de son rendu repose donc sur les retours publiés de photographes et de blogueurs spécialisés. Voici ce que la veille documentaire permet de retenir.
Ce que dit la presse spécialisée publiée
Sur shootitwithfilm.com, en janvier 2025, Kathleen Frank décrit le FF-1S comme un compact « straight-forward » à l’objectif 35 mm f/2.8 « solid » et à la construction mêlant métal et plastique. Le journaliste Stephen Dowling, sur KosmoFoto, qualifie l’objectif Rikenon 35/2.8 du FF-1 d’« agréablement piqué » pour cette taille de boîtier. Sur elekm.net, Mike Elek confirme la formule Tessar 4 éléments et le diaphragme à f/2.8 jugé « reasonably fast ».
Ces appréciations convergent vers une optique convenable plutôt qu’exceptionnelle, à interpréter dans le contexte d’un compact 1980 et non d’un objectif moderne. Le piqué au centre est généralement loué, le comportement aux bords à pleine ouverture moins discuté en l’absence de mesures.
Ce que disent les utilisateurs sur les forums et communautés
Sur Rangefinderforum, le membre Huss parle de « fantastic lens » et a acheté un deuxième exemplaire du FF-1, signal de satisfaction réel. Sur Flickr, les retours communautaires soulignent le design distinctif à volet rabattable et objectif rétractable comme la signature du boîtier. Sur Lomography, la galerie d’images publiées par les utilisateurs donne un aperçu du rendu, à condition de tenir compte du fait que la qualité d’un scan dépend autant du scanner que du boîtier.
Limites documentaires : pas de banc d’essai laboratoire disponible
Il faut le dire clairement : la veille d’Héloïse sur le segment des compacts vintage n’a pas trouvé de mesure MTF, de courbe de distorsion ni de test de dynamique pour le FF-1S. Affirmer que son optique est « supérieure » ou « inférieure » à celle du XA2 sur la base des forums tient du signal communautaire, pas du verdict mesuré. Pour un acheteur qui veut une certitude sur le piqué, la seule voie reste de tester soi-même l’exemplaire après achat, sur une cible plate à plusieurs ouvertures.
Acheter un Ricoh FF-1S d’occasion en 2026 : la checklist
Le FF-1S se trouve aujourd’hui uniquement d’occasion : aucune production neuve depuis le milieu des années 1980, et aucun successeur direct chez Ricoh sur ce segment. La qualité de l’exemplaire devient donc le critère central, devant le prix. Une checklist méthodique évite les achats déceptifs.
Fourchette de prix indicative et signaux de prix anormaux
Les prix observés à l’international en 2025 et début 2026 donnent une fourchette approximative. Sur les marchés anglophones, shootitwithfilm.com mentionne un FF-1S aux alentours de 100 USD en moyenne sur eBay US. Chez les revendeurs européens spécialisés type morifilmlab.com, un exemplaire CLA inclus se positionne autour de 199 €. Ces prix se transposent imparfaitement au marché français.
Le revival argentique observé sur les réseaux sociaux depuis 2024-2025 pousse également les prix de l’ensemble du segment ultra-compact à la hausse — un signal de marché à intégrer dans toute estimation. Un boîtier qui s’échangeait autour de 60 € sur Leboncoin il y a trois ans peut s’afficher aujourd’hui à 110 € pour un état apparent comparable, sous la pression de la demande issue de TikTok et d’Instagram.
À retenir sur les prix France
Pour le marché français en 2026, une estimation prudente situe les exemplaires en état moyen sans garantie autour de 40 à 80 €, les bons exemplaires fonctionnels entre 80 et 150 €, et les boîtiers CLA d’un revendeur spécialisé entre 150 et 220 €. Ces fourchettes sont à confirmer au moment de l’achat selon l’offre disponible sur eBay, Leboncoin ou Catawiki — les prix peuvent évoluer vite dans un sens comme dans l’autre.
Un signal de prix anormal — par exemple un boîtier annoncé à 30 € « comme neuf » — doit alerter sur l’état réel. À l’inverse, un exemplaire à 300 € sans révision documentée s’aligne sur les prix de modèles premium type Minox 35 GT ou Rollei 35, registre qui n’est pas celui du FF-1S. Notre sélection de compacts argentiques accessibles peut servir de point de comparaison.
État des joints mousse et fuites de lumière

C’est le point de vigilance le plus répandu. Sur Reddit, l’utilisateur Shigeo_Shiba rapporte que beaucoup de FF-1 vieillissants développent des fissures plastique et que certaines provoquent des fuites de lumière et des problèmes mécaniques. Les joints mousse autour du dos de l’appareil se transforment en pâte collante avec le temps, laissent passer la lumière et tachent les pellicules.
À l’inspection, ouvrir le dos et passer un doigt sur les rails de mousse : si le matériau colle ou s’effrite, le joint est à refaire. Un atelier spécialisé argentique facture cette intervention quelques dizaines d’euros, opération à intégrer dans le coût d’achat total.
État du boîtier plastique : fissures et craquelures signalées

Le châssis mêlant métal et plastique souffre du vieillissement. Les zones plastiques peuvent présenter des fissures, surtout autour des charnières du dos et du volet rabattable. Une fissure visible n’est pas seulement esthétique : selon les retours Reddit, elle peut perturber l’étanchéité à la lumière et compromettre l’usage. Inspecter méticuleusement les angles avant achat est une étape obligatoire, photos détaillées à l’appui pour une vente à distance.
Fonctionnement cellule CdS et précision de l’exposimètre vieilli
Les cellules CdS vieillissent inégalement. Le test simple consiste à mettre des piles fraîches LR44, ouvrir le volet et observer l’aiguille dans le viseur en couvrant puis en découvrant l’objectif avec la main. L’aiguille doit bouger franchement entre les deux extrêmes. Si elle reste figée, si elle ne réagit que mollement ou si elle indique des valeurs aberrantes, la cellule est à reprendre.
Test du retardateur et du volet rabattable

Spécifique au FF-1S, le retardateur électronique doit déclencher après un délai d’environ 10 secondes. Activer la fonction et vérifier que l’obturateur se libère correctement. La bague de mise au point estimée doit pivoter sans accroc, le volet rabattable s’ouvrir et se fermer franchement, sans jeu excessif ni dureté anormale.
Présence des piles LR44 et d’une griffe flash fonctionnelle
Un vendeur sérieux fournit un jeu de piles LR44 récentes (sinon impossible de vérifier quoi que ce soit lors de l’inspection). La griffe flash doit présenter des contacts propres, non oxydés. Si un flash externe est livré avec, vérifier qu’il déclenche en synchronisation lors d’un essai de déclenchement.
Où trouver un Ricoh FF-1S
Le marché du FF-1S est entièrement secondaire. Les canaux d’achat se répartissent entre plateformes généralistes et revendeurs spécialisés, avec des compromis prix / garantie / état distincts.
Plateformes d’occasion (eBay, Leboncoin, Catawiki) — précautions
eBay reste la plus grande source d’exemplaires disponibles, avec un risque de variabilité d’état important. Leboncoin offre un canal local français avec possibilité de récupérer l’appareil en main propre — le mieux pour inspecter avant achat. Catawiki organise des ventes aux enchères vintage avec un filtre minimal de qualité, mais souvent à des prix supérieurs aux ventes directes.
Sur toutes ces plateformes, demander systématiquement avant achat : photos détaillées du dos ouvert montrant les joints mousse, photos des angles plastiques, vidéo si possible de l’aiguille de cellule en action, et description du fonctionnement du retardateur.
Revendeurs spécialisés argentiques (CLA inclus, garantie limitée)
Les revendeurs spécialisés — morifilmlab.com en Europe, ateliers français orientés argentique, certaines boutiques physiques à Paris ou Lyon — proposent généralement des exemplaires CLA (Clean, Lubricate, Adjust). Le prix est plus élevé qu’en vente directe entre particuliers, mais inclut la révision et souvent une courte garantie. Pour un acheteur qui ne veut pas s’occuper lui-même de l’inspection ni de la réparation, c’est la voie la plus sereine. Si vous préférez chercher un boîtier neuf en argentique demi-format, le Pentax 17, alternative neuve demi-format, offre une autre voie pour qui veut éviter le marché de l’occasion.
Une fois l’exemplaire acquis, savoir où faire développer la pellicule est la dernière brique : notre guide pour faire développer une pellicule en France liste les laboratoires actifs en 2026.
Référence pour Ricoh argentique
Si vous appréciez la marque et cherchez à élargir votre collection vers le reflex, le Ricoh KR-30SP, autre référence argentique de la marque propose un système à monture Pentax K compatible avec un large parc optique.
FAQ — Ricoh FF-1S
Le Ricoh FF-1S a-t-il un autofocus ?
Non. Le FF-1S est un compact à zone focus manuel. Le photographe estime visuellement la distance qui le sépare du sujet et règle une bague graduée en mètres autour de l’objectif. Le viseur ne sert qu’au cadrage et n’indique en aucun cas la mise au point. C’est l’erreur d’achat la plus fréquente sur ce boîtier.
Quelle différence entre Ricoh FF-1 et FF-1S ?
La différence principale tient au retardateur électronique, présent sur le FF-1S (1980) et absent sur le FF-1 (1978). Pour le reste — objectif Color Rikenon 35 mm f/2.8, obturateur 2 s à 1/500 s, cellule CdS, alimentation 2× LR44, modes auto et priorité ouverture — les deux boîtiers sont fonctionnellement identiques. Quelques signaux esthétiques distinguent visuellement le S du modèle original.
Quelles piles utiliser sur le Ricoh FF-1S ?
Le boîtier fonctionne avec deux piles boutons LR44 (alcalines) ou leur équivalent S76 en oxyde d’argent. Les S76 offrent généralement une autonomie plus stable dans le temps que les LR44. Les deux types restent largement disponibles en parapharmacies, en grandes surfaces et chez les revendeurs photo.
Le FF-1S fonctionne-t-il sans piles ?
Non. Le FF-1S est entièrement dépendant de son alimentation : aucune vitesse mécanique de secours n’est prévue. Sans piles LR44 fonctionnelles, l’obturateur ne se déclenche pas. Toujours emporter un jeu de piles de rechange en voyage.
Quelle pellicule choisir pour le Ricoh FF-1S ?
Une pellicule 400 ISO couvre la majorité des usages courants : Kodak Tri-X en noir et blanc, Ilford HP5+ ou Kodak Portra 400 en couleur. Pour le plein soleil, une 100 ou 200 ISO offre un meilleur grain. La sensibilité maximale acceptée par le boîtier est de 800 ISO, à régler manuellement sur la molette dédiée. Pour comprendre les types disponibles, notre guide complet des pellicules photographiques reprend les bases.
Le Ricoh FF-1S est-il adapté pour débuter en argentique ?
Oui, sous réserve d’accepter l’apprentissage du zone focus. Un débutant qui prend le temps de comprendre l’estimation des distances et qui photographie surtout à f/8 ou f/11 obtiendra des résultats cohérents en quelques rouleaux. Un débutant qui cherche un appareil « point and shoot » au sens moderne — viser, déclencher, sans rien régler — sera frustré et obtiendra beaucoup de photos floues.
Quelles alternatives au Ricoh FF-1S ?
Les alternatives directes dans le même segment sont l’Olympus XA (télémètre couplé, plus précis mais plus lent), l’Olympus XA2 (zone focus à trois positions, plus simple pour débuter), le Minox 35 GT (référence allemande ultra-compacte) et le Cosina CX-2 (alternative budget méconnue). Le Rollei 35 vise un segment plus premium, avec une mise au point complètement manuelle.
Le Ricoh FF-1S, en synthèse
Le Ricoh FF-1S garde sa place dans la photographie compacte de poche à condition d’être pris pour ce qu’il est vraiment : un boîtier zone focus de 1980, dépendant des piles, dont l’optique Tessar 35 mm f/2.8 reste agréable mais ne compense pas un cadrage erroné de la part de son acheteur. Reste un compact cohérent pour qui aborde le zone focus avec patience, sait à quoi s’attendre et accepte que ce boîtier n’ait jamais cherché à imiter le point and shoot des années 2000.
Trois profils restent légitimes pour ce boîtier : l’amateur argentique méthodique qui veut un compact ultra-poche pour la photo de tous les jours, le photographe de rue qui privilégie la discrétion d’un volet rabattable plutôt qu’un télémètre apparent, et le collectionneur de la mini-compact era 1978-1985 qui place le FF-1S à côté de son Minox 35 ou de son Olympus XA.
Trois usages doivent en revanche conduire à passer son chemin : la photo de sujets rapides (sport, enfants en mouvement, animaux) où le zone focus pénalise, la photographie en faible lumière à main levée sans flash externe où les vitesses lentes deviennent contraignantes, et l’achat « cadeau découverte argentique » offert à quelqu’un qui n’a jamais réglé une distance soi-même.
Avant de payer, vérifiez en priorité l’état des joints mousse autour du dos de l’appareil (sources de fuites de lumière documentées par la communauté), la propreté de la cellule CdS et la réaction de l’aiguille dans le viseur lorsqu’on couvre puis découvre l’objectif, la souplesse de la bague de mise au point estimée et du volet rabattable, l’absence de fissures sur les coques plastique, la présence d’un jeu de piles LR44 récentes et — si possible — l’attestation d’une révision récente chez un atelier spécialisé.
Au moment de conclure, exigez un exemplaire dont les joints mousse ont été refaits, dont la cellule réagit franchement à la lumière et dont les piles LR44 sont fournies — sans ces trois conditions réunies sur le même boîtier, l’économie réalisée par rapport à un Olympus XA2 révisé devient illusoire.

