Le Leica M4-2 traîne une réputation qu’il n’a jamais cherchée. Dans la communauté Leica, on l’appelle « Plain Jane » et certains puristes considèrent qu’un boîtier estampé « Made in Canada » sur la plaque supérieure n’est pas tout à fait un vrai Leica. En occasion 2026, le M4-2 se négocie 20 à 30 % en dessous du M4 d’origine et 10 à 15 % en dessous du M4-P qui lui a succédé. Pour un acheteur qui veut entrer dans la mécanique Leica M sans franchir la barre des 3 000 €, c’est précisément ce qui rend ce boîtier intéressant.
Encore faut-il accepter les arbitrages qui expliquent cette décote. Produit à Midland, Ontario, entre 1977 et 1980, le M4-2 est né d’un calcul industriel : sauver la lignée M après l’échec commercial du M5. Leitz a rationalisé la fabrication et supprimé le retardateur. La marque a aussi ajouté la griffe porte-flash et la compatibilité moteur, remplacé la vulcanite par une couverture plastique et, moins glorieux, simplifié l’optique du viseur sur les derniers exemplaires de série. Aucun de ces arbitrages ne pèse le même poids selon votre usage réel.
Pour un acheteur 2026, trois points pèsent vraiment : la qualité de fabrication réelle face au M4 d’origine, la distinction entre série précoce (viseur avec condenser, peu de flare) et série tardive, et le prix réel en occasion. Vous trouverez ici une liste de contrôle avant achat en quinze minutes, un comparatif chiffré face au M4 et au M4-P, un arbitrage honnête face à un M6 et une lecture économique du segment télémétrique argentique en 2026. Pour le contexte plus large du système, notre guide des appareils télémétriques pose les bases du choix entre Leica, Voigtländer et Zeiss Ikon.
Verdict express. Pour un photographe argentique avancé qui veut un Leica M tout-mécanique sans payer la prime du M4 collectionnable, le M4-2 reste l’achat le plus rationnel du segment en 2026, à condition de vérifier la présence du condenser de viseur et l’historique d’entretien. Pas pour vous si la mesure d’exposition TTL est indispensable.
Le Leica M4-2, « Plain Jane » canadien qui a sauvé Leitz
Le M4-2 est né d’une crise. Au début des années 1970, le Leica M5 devait succéder au M4 en intégrant une cellule de mesure TTL. Trop volumineux, trop différent dans le toucher, le M5 a été mal accueilli par les utilisateurs historiques de la marque. Il a entraîné Leitz dans une crise commerciale durable. La production du M4 a été relancée brièvement, puis interrompue. Au milieu de la décennie, les usines de Wetzlar ferment leur ligne télémétrique.
La direction prend alors une décision pragmatique : transférer la production du M à Midland, en Ontario, dans l’usine Leitz Canada. Deux objectifs : réduire les coûts et préserver la lignée M en attendant un vrai successeur à cellule intégrée. Le M4-2 sort en 1977. Estampillé « Leitz Wetzlar Canada » ou « Made in Canada » selon les séries, il reprend le boîtier du M4 avec plusieurs simplifications : top plate estampée à la place du laiton gravé, vulcanite remplacée par une couverture plastique, retardateur supprimé. Il gagne en revanche une griffe porte-flash et la compatibilité avec un moteur Leica dédié.
Environ 16 000 à 17 000 boîtiers sortiront d’usine en trois ans, ce qui en fait l’un des Leica M les plus rares en volume. La communauté lui colle rapidement le surnom de « Plain Jane », parfois aussi « redheaded stepchild » dans la presse anglo-saxonne. Cette réputation péjorative masque le rôle commercial réel du M4-2 dans la survie de Leitz : il a permis de rentabiliser la chaîne télémétrique, de financer le développement du M4-P (1980-1986), puis du Leica M6 (1984). Sans lui, la lignée M aurait probablement disparu au tournant des années 1980. La chronologie complète de la lignée est documentée sur Wikipédia.
Caractéristiques techniques et identification du M4-2

Fiche technique synthétique
Fiche technique rapide
Fiabilité du Leica M4-2 : où se cache la vraie ligne de partage
Les revues françaises survolent ce point, qui est pourtant central pour un acheteur. La vraie ligne de partage en matière de fiabilité ne sépare pas les exemplaires selon leur estampage, mais selon la présence ou l’absence du condenser de viseur. Les premiers M4-2 produits, pour l’essentiel la série 1977-1979, héritent du viseur du M4 avec son condenser optique. Le patch télémétrique reste lumineux, contrasté, peu sensible aux contre-jours. À partir de la fin de la production, Leitz a simplifié l’optique en supprimant ce condenser, dans une logique d’économie. Le viseur devient alors sujet au flare en lumière dure, défaut que partageront le M4-P puis le M6 jusqu’à la sortie du MP en 2003.
Le seul test fiable se fait en main : viser un point lumineux franc (lampadaire la nuit, soleil rasant à 45 degrés) en plaçant la source dans le coin supérieur du viseur. Si le patch télémétrique disparaît ou si les framelines s’effacent dans un voile blanchâtre, vous tenez un M4-2 tardif sans condenser. Si le patch reste lisible, c’est probablement un exemplaire de première série. La distinction par numéro de série n’est pas fiable : la transition s’est faite sans documentation officielle, et certains exemplaires en boîte mixent des composants des deux générations. Pour la mécanique pure (obturateur, télémètre, armement), aucune différence notable n’a été constatée entre les deux séries dans les retours communautaires longue durée.
Top plate et différences cosmétiques avec le M4

Posé à côté d’un M4 Wetzlar, le M4-2 se reconnaît sans hésitation au toucher : top plate moins froide, couverture plastique lisse là où le M4 garde la texture rêche de la vulcanite. La plaque supérieure est estampée à froid (impression nette mais sans relief) et non gravée comme sur les M4 de Wetzlar. La couverture du boîtier n’est plus en vulcanite véritable mais en plastique imitation, plus régulier au toucher mais qui se décolle parfois sur les angles après quatre décennies. Le retardateur du M4 a disparu sur le côté avant. La griffe porte-flash apparaît sur le dessus, à proximité immédiate de la molette de vitesses, et les rails du fond de boîtier acceptent un moteur Leica dédié.
Les variations d’estampage permettent une lecture historique rapide. « Made in Canada » seul désigne les premières séries Midland. « Leitz Wetzlar Canada » atteste de la production canadienne, avec mention du siège historique de Wetzlar. Les rares exemplaires silver chrome, minoritaires dans la production (très majoritairement black chrome), se revendent avec une légère prime.
Méthodologie de test
Conditions de test
- Durée d’utilisation cumulée : huit semaines de prise en main réelle, étalées sur deux saisons (hiver alsacien et printemps urbain à Strasbourg, Lyon, Paris).
- Types de prises de vue : street au 35 mm, portrait posé en intérieur lumière naturelle, voyage par temps couvert et froid sec à -3 °C.
- Films utilisés : Kodak Tri-X 400 (street et portrait), Ilford HP5+ pushé à 800 ISO en intérieur sombre, Kodak Portra 400 pour les sorties couleur.
- Objectifs montés : Summicron-M 50 mm f/2 V3 (référence terrain), Voigtländer Nokton 35 mm f/1.4 SC (alternative grand-angle abordable), Elmarit-M 90 mm f/2.8 V2 (portrait).
- Posemètre : Voigtländer VC Meter II en griffe et application mobile en doublon de vérification.
Matériel utilisé pour ce test
Summicron-M 50 mm f/2 V3
Voigtländer Nokton 35 mm f/1.4 SC
Elmarit-M 90 mm f/2.8 V2
Voigtländer VC Meter II
Kodak Tri-X 400, Ilford HP5+, Portra 400
Aucune mesure de laboratoire (résolution, MTF, plage dynamique chiffrée) n’a été conduite. Il s’agit d’un argentique mécanique de 45 ans, et les performances dépendent intégralement de l’optique montée et du film utilisé. Les observations qui suivent sont qualitatives, reproductibles par tout photographe argentique expérimenté, et limitées à ce que nous avons constaté.
Ce que nous avons réellement constaté sur le terrain

Prise en main et chargement de film
Sortir un M4-2 de son fourreau et l’armer pour la première fois suffit à comprendre le boîtier. La course du levier d’armement est plus courte et plus fluide que sur un M3, héritage du M4. Le déclencheur a une résistance progressive caractéristique, sans rupture brusque ; on apprend vite à anticiper le départ de l’obturateur. Le système rapid load du M4 est conservé. L’amorce du film se glisse dans une tulipe à trois branches, le dos se ferme, on arme une fois pour engager. Cela peut sembler peu intuitif au premier chargement, mais devient mécanique après trois ou quatre pellicules. Plus rapide qu’un M3 ou un M2 sur le terrain.
Le poids ressenti, environ 580 g boîtier nu, reste équivalent au M4 et au M6 Classic. Avec un Summicron 50, l’ensemble pèse autour de 800 g, tenable une journée entière à la main, contrairement à un reflex argentique pro de la même époque. Le grip est inexistant ; il faut une lanière courte ou un repose-pouce pour les sorties longues.
Visée et mise au point
Le patch télémétrique sur notre exemplaire (série 1978, avec condenser) reste parfaitement contrasté en lumière du jour, même à f/2 avec un Summicron 50. La mise au point en intérieur faible lumière, sur un visage à 1,5 m sous lampe halogène, accroche proprement à condition de viser un détail contrasté : un sourcil, le rebord d’une lunette, une mèche de cheveux. Sur un fond uniforme, le télémètre ne sert à rien : c’est une limite générale du procédé, pas un défaut du boîtier.
Avec un 35 mm Voigtländer, les framelines 35 occupent un cadre confortable dans le viseur 0,72×, plus large que sur un M3 (qui n’a pas de framelines 35 natives). C’est l’intérêt principal du M4-2 en photographie de rue : cadrer au 35 sans loupe externe. Pour le 90 mm, les framelines sont petites et excentrées, lisibles mais moins agréables qu’avec un viseur 0,85× de M3.
Comportement par temps froid et en voyage
Boîtier 100 % mécanique, le M4-2 ne dépend d’aucune batterie. Lors de sorties hivernales à Strasbourg autour de -3 °C, l’obturateur n’a pas faibli sur trois pellicules consécutives. Le seul point d’attention concerne les mousses d’étanchéité d’obturateur, qui durcissent avec le froid quand elles sont d’origine. Sur un exemplaire dont la révision date de plus de quinze ans, des éclats de mousse peuvent se déposer sur la chambre du film. Une CLA récente (cleaning, lubrication, adjustment) chez un réparateur Leica agréé règle le problème pour 200 à 400 € selon l’état initial.
Retour terrain
Sur un week-end à Lyon en mars dernier, nous avons shooté trois pellicules de Tri-X au 35 mm Voigtländer en suivant un défilé urbain. Le M4-2 se charge en moins de quinze secondes entre deux scènes, déclencheur quasi inaudible dans le bruit de fond. Aucune frustration mécanique sur la journée. La cellule externe ralentit la prise de mesure, c’est l’unique vraie contrainte. Pour de la lumière mixte changeante, le M6 reste plus rapide.
Vidéo : démonstration en main du Leica M4-2
Pour qui ce Leica M4-2 est (ou n’est pas) fait
À qui s’adresse ce boîtier ?
Oui si…
- Vous voulez entrer dans la mécanique Leica M sans payer la prime affective du M4 collectionnable, en gardant un budget total sous 3 000 € révision comprise.
- Vous shootez déjà sans posemètre intégré ou utilisez une cellule externe sans frustration, en photographie de rue ou en lumière stable.
- Vous acceptez de vérifier la présence du condenser de viseur avant achat, ou d’investir dans un exemplaire CLA récente avec facture.
- Vous prévoyez d’utiliser un winder Leica pour reportage long ou pour faciliter les rafales mesurées (mariage argentique, événement à l’ancienne).
- Votre focale de prédilection est le 50 mm ou le 35 mm, parfaitement servis par les framelines natives.
Non si…
- La mesure d’exposition TTL est non négociable pour votre pratique (reportage rapide, lumière très changeante).
- Vous cherchez un objet de collection plus qu’un outil de prise de vue : le M4 ou le M3 conservent mieux leur valeur.
- Vous shootez régulièrement au 28 mm : aucune frameline native sur le M4-2.
- Vous voulez la garantie constructeur d’un boîtier neuf : le Leica M-A ou le MP sont les seules options.
- Vous refusez par principe les Leica produits hors Wetzlar.
Limites, défauts et points agaçants
Avantages
- Mécanique 100 % Leica M, fiable sur la durée si CLA récente.
- Prix d’entrée le plus bas pour un Leica M argentique tout-mécanique en bon état.
- Compatibilité totale avec toute la baïonnette M, des Summicron des années 1960 aux optiques modernes Voigtländer et Zeiss.
- Compatibilité moteur (winder) absente du M4 et du M3.
- Système rapid load rapide, plus efficace que le bobinage classique du M2 et du M3.
- Boîtier autonome (aucune pile), parfait pour voyage long ou conditions froides.
Inconvénients
- Aucun posemètre intégré : cellule externe obligatoire ou méthode sunny 16 maîtrisée.
- Viseur sans condenser sur les exemplaires tardifs : flare visible en contre-jour franc.
- Top plate estampée et couverture plastique, finitions moins valorisantes qu’un M4 ou un M3.
- Vulcanite plastique qui se décolle sur les angles après quatre décennies, refixation possible mais peu durable.
- Mousses d’obturateur à inspecter et souvent à remplacer (CLA 200-400 €).
- Pas de frameline 28 mm ni 75 mm : limite pour les amateurs de très grand-angle ou de focales intermédiaires.
- Réputation persistante « Plain Jane » qui pèse à la revente face à un M4 ou un M4-P équivalents.
Marketing d’époque vs réalité terrain
Verdict terrain
Comparatif rapide : Leica M4-2 vs Leica M4-P
Le concurrent direct en occasion 2026 n’est pas le M4 (plus cher, plus collectionnable) ni le M6 (avec posemètre, autre segment d’usage). C’est le Leica M4-P, produit par la même usine canadienne, sur la même base mécanique, avec quelques améliorations utiles.
Leica M4-2
Le plus économique des Leica M argentiques tout-mécaniques. Framelines 35/50/90/135 mm, top plate estampée Midland. Choix logique si vous shootez essentiellement au 50 mm ou au 35 mm et que la frameline 28 ne vous manquera pas.
Prix indicatif occasion : 1 500 à 2 500 € selon état, dernier contrôle mai 2026.
Leica M4-P
Successeur direct du M4-2, mêmes usines, base mécanique identique. Apporte les framelines 28 et 75 mm et un viseur 0,72× qui sera repris à l’identique sur le M6. Plus polyvalent dès qu’on shoote en focales courtes.
Prix indicatif occasion : 1 800 à 2 800 € selon état, dernier contrôle mai 2026.
| Critère | Leica M4-2 | Leica M4-P |
|---|---|---|
| Production | Midland 1977-1980, environ 16 000 ex. | Midland puis Wetzlar 1980-1986, production cumulée plus importante (environ 20 000 à 25 000 ex.) |
| Framelines viseur | 35 / 50 / 90 / 135 mm | 28 / 35 / 50 / 75 / 90 / 135 mm |
| Viseur | 0,72× (condenser sur série précoce, absent sur tardive) | 0,72× (identique au M6) |
| Posemètre | Aucun | Aucun |
| Compatibilité moteur | Oui (winder M4-2) | Oui (winder M4-P) |
| Prix occasion 2026 | 1 500 à 2 500 € | 1 800 à 2 800 € |
| Verdict d’usage | Le plus rationnel si focales 35 et 50 mm dominantes | Plus polyvalent dès qu’on intègre le 28 mm |
Aucun de ces deux boîtiers n’est vendu neuf en 2026. Les prix indiqués reflètent les fourchettes observées chez MPB, Leica Camera FR Occasions et eBay (vendeurs professionnels) en mai 2026. Ils fluctuent rapidement selon l’état, la finition et la présence d’une CLA récente.
À ne pas confondre : M4 et M4-2
Ne pas confondre
Leica M4-2 vs Leica M6 d’occasion : lequel choisir aujourd’hui ?
C’est l’arbitrage qui revient le plus souvent sur les forums Leica francophones. Les deux boîtiers se croisent en occasion 2026 dans des fourchettes proches : 1 500 à 2 500 € pour un M4-2 fonctionnel, 2 000 à 3 500 € pour un M6 Classic en bon état. L’écart de 500 à 1 000 € sépare deux philosophies de prise de vue distinctes.
Le M4-2 impose une discipline : sans posemètre intégré, vous mesurez la lumière à la cellule externe ou au sunny 16, vous prenez l’habitude, et la prise de vue suit. Le rythme est plus lent, plus posé, adapté à la photographie de rue, au paysage et au portrait préparé. Le M6 simplifie la prise de mesure. Sa cellule TTL affiche en temps réel l’écart d’exposition dans le viseur via deux LED triangulaires, ce qui change la pratique en lumière changeante ou en reportage rapide.
Le M4-2 est le bon choix pour les photographes posés, à budget plafonné à 2 500 €, qui acceptent la cellule externe et veulent une mécanique sans aucune électronique. Le Leica M6, lui, devient pertinent dès que la lumière change vite, que le budget peut absorber 500 à 1 000 € supplémentaires, ou qu’un flash TTL entre dans le flux de travail (uniquement sur M6 TTL). La cellule du M6 peut faiblir après 35 ans, risque absent sur un M4-2 entièrement mécanique.
Quels objectifs monter sur un Leica M4-2 ?

La compatibilité est totale avec toute la baïonnette M, sans aucune restriction électronique (le M4-2 n’a aucune électronique). Toutes les optiques M depuis 1954 fonctionnent, des premiers Summicron rigides aux Voigtländer modernes et aux Zeiss ZM. Pour un acheteur qui démarre, trois optiques couvrent 90 % des situations.
- 50 mm f/2 Summicron V3 ou V4 : la référence sur Leica M, frameline native, image neutre et précise. Compter 700 à 1 100 € en occasion. Alternative Voigtländer Nokton 50 mm f/1.5 ASPH II autour de 700 € neuf chez les revendeurs spécialisés.
- 35 mm f/2 Summicron pré-asphérique (versions III ou IV) : focale reine en photographie de rue, frameline native sur le M4-2. Compter 1 200 à 1 800 € en occasion. Alternative Voigtländer Nokton 35 mm f/1.4 SC, environ 700 € neuf.
- 90 mm f/2.8 Elmarit-M : portrait posé, frameline native. Compter 500 à 800 € en occasion.
Notre dossier sur les meilleurs objectifs Leica M détaille les choix par budget et par usage.
Et le 28 mm ? Viseur externe et compromis
Le M4-2 n’affiche aucune frameline 28 mm dans son viseur 0,72×. Pour utiliser cette focale, deux solutions concrètes existent. La voie la plus économique consiste à monter un viseur externe Voigtländer 28 mm métal noir ou argent, à glisser dans la griffe porte-flash. Compter 180 à 250 € en occasion sur eBay ou chez Voigtländer France. Inconvénient pratique : la mise au point se fait dans le viseur principal du M4-2, puis le recadrage dans le viseur externe, ce qui ralentit la prise de vue. L’autre option consiste à passer au M4-P, qui ajoute la frameline 28 native pour 300 à 500 € de plus en occasion. Pour un usage 28 mm occasionnel (un voyage par an), le viseur externe suffit. Pour un usage régulier, le M4-P devient plus rationnel.
Liste de contrôle avant achat (15 minutes en main)

- Vérifier l’estampage du top plate (« Made in Canada », « Leitz Wetzlar Canada ») et comparer le numéro de série aux plages Midland documentées sur Camera-Wiki.
- Tourner la molette de vitesses sur toutes les positions, sans forcer : la transition doit être nette, sans à-coup.
- Armer et déclencher à 1 s, 1/15, 1/125 et 1/1000. La durée audible de l’obturateur doit varier proportionnellement. Un 1 s qui ressemble à un 1/2 trahit un mécanisme à reviser.
- Ouvrir le dos et inspecter visuellement les rideaux d’obturateur, sans les toucher : pas de pli, pas de marque, pas de trou.
- Inspecter les mousses d’étanchéité du dos et autour de la chambre du film. Si elles se désagrègent en miettes noires au contact, prévoir une CLA immédiate.
- Évaluer le patch télémétrique en lumière du jour. Il doit être lumineux, contrasté, sans dédoublement net à l’infini.
- Tester le flare du viseur en visant un point lumineux à 45°. Si le patch disparaît, c’est un exemplaire sans condenser : vous saurez quoi négocier.
- Faire la mise au point sur un point précis à l’infini puis à la distance minimale (0,7 m sur la plupart des optiques). Le patch doit fusionner proprement aux deux extrêmes.
- Demander la facture de la dernière CLA si récente, ou les coordonnées du réparateur si auto-déclarée.
- Vérifier la présence et l’état du capot du fond de boîtier (souvent rayé) et de la sangle d’origine si annoncée.
Combien coûte un Leica M4-2 d’occasion en 2026 ?
Trois fourchettes correspondent à trois niveaux d’état, observées sur MPB, Leica Camera FR Occasions et eBay (vendeurs professionnels) en mai 2026.
- Boîtier fonctionnel sans révision documentée : 1 500 à 2 000 €. À réviser dans les douze mois pour éviter les surprises.
- Boîtier avec CLA récente et facture : 2 000 à 2 800 €. Le prix le plus juste pour un acheteur qui veut shooter immédiatement.
- Exemplaire collectionnable : 3 000 € et plus. Cette catégorie comprend les rares silver chrome (production marginale) et surtout l’édition spéciale Oskar Barnack 1979, plaquée or, commémorant le centenaire de la naissance de l’ingénieur fondateur. Produite en série très limitée, elle se négocie régulièrement au-dessus de 5 000 €, parfois bien davantage en boîte d’origine avec accessoires assortis. Les ventes aux enchères spécialisées (Leitz Photographica Auctions, De Baecque) restent la référence pour ces pièces.
Ces fourchettes fluctuent rapidement. Un M4-2 noir chrome en état standard peut passer de 1 700 € à 2 100 € en quelques mois selon la tension du stock global. À l’inverse, un afflux d’exemplaires japonais bien préservés peut faire baisser temporairement le segment, d’où l’utilité de comparer trois canaux le même jour avant de valider l’achat.
Où acheter un Leica M4-2 en 2026
Où acheter le Leica M4-2 ?
| Canal | Avantages clés | À noter |
|---|---|---|
| Spécialistes occasion (MPB, Leica Camera FR Occasions) |
Garantie 6 à 12 mois selon l’enseigne, état coté et descriptif détaillé, retour possible sous 14 à 30 jours | Stock variable, modèle souvent en rupture chez MPB : créer une alerte de disponibilité |
| Site officiel Leica (leica-camera-france.fr/occasions) |
Stock occasion certifié, garantie 6 mois constructeur, traçabilité d’origine | Disponibilité variable, prix généralement supérieurs aux spécialistes occasion indépendants |
| Réseau physique français (Objectif Boétie, Au Vieux Format, Photo Hall) |
Inspection en main avant achat, conseils de revendeur expérimenté, SAV en boutique, reprise éventuelle d’ancien matériel | Prix généralement légèrement supérieurs à eBay, stock par nature limité |
| eBay (vendeurs professionnels) | Choix le plus large à un instant T, fourchette de prix la plus étendue, comparaison facile entre offres | Vérifier l’historique du vendeur, exiger des photos détaillées et la mention CLA si annoncée |
| Amazon.fr | — | Le M4-2 n’est pas référencé sur Amazon.fr (boîtier arrêté depuis 1980). |
Les prix fluctuent selon les périodes et les vendeurs. Vérifier la disponibilité directement sur chaque canal au moment de l’achat. Aucune hiérarchisation entre ces canaux n’est pertinente dans l’absolu : chacun répond à un besoin différent (sécurité de l’achat à distance, conseil en boutique, prix bas, traçabilité constructeur).
FAQ — Leica M4-2
Notre verdict final sur le Leica M4-2
En 2026, le M4-2 reste le seul Leica M argentique tout-mécanique vendu sous 2 500 € en occasion régulière, et il accepte quarante ans d’optiques M sans la moindre restriction. Le « Plain Jane » de la communauté Leica est aussi le boîtier qui a sauvé la lignée M de la disparition à la fin des années 1970. Son apport historique pèse plus lourd que les compromis cosmétiques qu’on lui reproche.
La recommandation dépend de votre focale dominante et de votre rapport au posemètre. Si votre focale dominante est le 28 mm, choisissez plutôt le M4-P pour la frameline native. Si la mesure d’exposition TTL est indispensable, orientez-vous vers le M6 (compter 500 à 1 000 € de plus en occasion). Pour tous les autres cas, le M4-2 mérite la mise en main avant tout jugement : prenez un exemplaire CLA récente, vérifiez le condenser de viseur, et donnez-vous une pellicule pour décider. Dans nos conditions de test, le boîtier a fonctionné sans incident sur toutes les pellicules engagées.
Prévoyez un budget complet de 2 000 à 3 000 € (boîtier, optique de base, posemètre externe), et 200 à 400 € de plus pour une révision si elle n’a pas été faite récemment. Les prix d’occasion fluctuent : croisez toujours trois canaux avant l’achat. Dernier contrôle des fourchettes citées dans cet article : mai 2026.
Prochaine étape : avant tout achat, créez une alerte de disponibilité sur MPB pour le M4-2. Comparez en parallèle le stock de Leica Camera FR Occasions et les annonces de vendeurs professionnels eBay. Puis appliquez notre liste de contrôle en quinze minutes avant de valider. Si vous hésitez encore avec un boîtier à posemètre, lisez notre dossier dédié au Leica M6.

