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    Leica Ig (1957-1960) : histoire, usages et repères

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    Leica Ig (1957-1960) avis
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    Leica Ig (1957-1960) : Barnack sans viseur ni télémètre, pensé pour le Visoflex et usages scientifiques. Datation, différences IIIg, usage actuel.
    Mis à jour le 3 avril 2026 · Temps de lecture : environ 16 min
    Héloïse Caradec-Morin
    Photographie argentique & histoire des procédés
    20 ans de pratique argentique & histoire des procédés

    Précision méthodologique : ce sujet ne se prête pas à un test terrain moderne au sens classique. L’approche retenue ici repose sur la documentation technique disponible, les bases de numéros de série Leica, et les usages contemporains rapportés par les sources de collection spécialisées.

    Le Leica Ig (1957-1960) fait partie de ces boîtiers qui intriguent immédiatement : il ressemble à un Barnack tardif, il accepte les objectifs à vis de la marque, mais il n’a ni viseur intégré ni télémètre. Pour beaucoup, la première réaction est simple — est-ce un Leica incomplet, un IIIg « allégé », ou un outil conçu pour autre chose que la photo de terrain ? La bonne réponse est plus intéressante.

    Le Leica Ig est un boîtier scientifique Leica à vis pensé pour fonctionner au sein d’un système d’accessoires — viseur auxiliaire, télémètre externe, Visoflex, reproduction, microscope — et non comme un télémétrique autonome prêt à sortir de la poche. Cette destination change complètement la lecture qu’on doit en faire.

    Ce que cherche vraiment un lecteur sur « Leica Ig (1957-1960) » : comprendre où ce modèle se place dans la lignée Ic / If / Ig / IIIg / M1, ce qu’il permet réellement aujourd’hui, et ce qu’il impose comme compromis. La question de la datation ajoute un peu de brouillard — plusieurs bases de collection retiennent 1957-1960, certaines documentations Leica prolongent le modèle jusqu’en 1963. L’enjeu n’est pas de trancher sans preuve, mais d’exposer la divergence avec ses sources pour éviter les raccourcis.

    Dans cet article : identifier le Leica Ig, comprendre ses différences avec le IIIg, repérer les accessoires qui lui donnent du sens (FOKOS, SBOOI, Visoflex), dater un exemplaire et savoir si ce boîtier mérite une place dans une collection ou un usage actif.

    Repère rapide : si vous cherchez un Leica à vis pour photographier à main levée avec télémétrie couplée, le IIIg est votre boîtier. Si vous cherchez un outil de système — Visoflex, reproduction, microscope — l’Ig devient pertinent.

    En une phrase : à quoi sert le Leica Ig aujourd’hui ?
    Le Leica Ig n’est pas un Barnack incomplet : c’est un boîtier Leica à vis conçu pour le Visoflex, la reproduction et les usages scientifiques. Il garde du sens pour le collectionneur et l’utilisateur très spécialisé, mais pas comme télémétrique polyvalent pour la photo de terrain.

    Leica Ig, c’est quoi exactement ?

    Le Leica Ig est un boîtier Leica à bague filetée (LTM 39 mm), dérivé mécanique du IIIg, produit à partir de 1957, sans viseur ni télémètre intégrés. Il fonctionne au sein d’un système d’accessoires — FOKOS, SBOOI, Visoflex — et non comme télémétrique autonome. Production estimée : environ 6 000 exemplaires selon les principales bases de référence.

    Leica Ig
    Boîtier Leica à bague filetée (screw mount / LTM 39 mm), dérivé de la base mécanique du Leica IIIg, sans viseur ni télémètre intégrés. Conçu pour un usage en système d’accessoires : viseur auxiliaire SBOOI, télémètre séparé FOKOS, Visoflex, microscope. Produit entre 1957 et 1960 selon les bases de collection majoritaires.
    Production estimée autour de 6 000 exemplaires — chiffre recevable, les sources de référence oscillant entre environ 5 968 et 6 300 selon le périmètre retenu.

    Un Leica à vis sans viseur ni télémètre

    À première vue, le Leica Ig ressemble à n’importe quel Barnack tardif : boîtier compact en alliage, monture à vis 39 mm, avancement knob-wind, retardateur. Sauf qu’il manque la double fenêtre caractéristique du viseur/télémètre en façade. À leur place : deux griffes porte-accessoires, une de chaque côté du bloc-optique, permettant de recevoir un viseur auxiliaire d’un côté et un télémètre séparé de l’autre.

    Cette absence est volontaire et cohérente avec la documentation Leica et les usages techniques rapportés par les sources de collection : l’Ig est conçu pour des configurations où le viseur intégré serait de toute façon inutilisable — montage sur Visoflex, reproduction à l’échelle, usage sur microscope. Dans ces situations, un boîtier sans superstructure optique intégrée est plus simple à interfacer.

    Conséquence directe : l’Ig n’est pas un boîtier de reportage, pas un boîtier de rue, pas un boîtier polyvalent. C’est un outil de système. C’est précisément pour cela qu’on ne peut pas l’évaluer avec les mêmes critères qu’un IIIg.

    Ce que le nom « Ig » dit — et ne dit pas du boîtier

    La nomenclature Leica à vis suit une logique cumulative : le « I » désigne la famille des Barnack à vis (par opposition aux « M »). La lettre suivante indique la génération ou la variante. Le « g » signale ici que le boîtier appartient à la même génération mécanique que le IIIg — même châssis, même obturateur, même avancement.

    Ce que le nom ne dit pas : il ne renseigne pas sur l’absence de viseur, ne signale pas l’orientation scientifique, n’indique pas la rareté relative. Le préfixe « III » du IIIg désignait la présence du télémètre couplé ; l’Ig partage la base mécanique de ce boîtier, mais pas sa destination. Voilà l’essentiel de la confusion, et voilà comment l’éviter.

    Pourquoi Leica a-t-il fabriqué un boîtier comme l’Ig ?

    Leica Ig (1957-1960) test

    1954
    Lancement du Leica M3. Leica maintient la gamme à vis pour répondre aux besoins institutionnels et scientifiques incompatibles avec la nouvelle monture M. Le parc d’optiques LTM en circulation est considérable.
    1956–1957
    Lancement du Leica IIIg, aboutissement de la gamme télémétrique à vis. En parallèle, Leica développe un dérivé sans visée intégrée pour les usages scientifiques, institutionnels et de laboratoire.
    1957
    Premières plages de numéros de série attribuées au Leica Ig (à partir de 887001 selon les bases majoritaires).
    1957–1960
    Production documentée de la majorité des exemplaires, selon les tables de référence principales. Certaines bases étendent la production jusqu’en 1963 (cf. section datation).

    L’usage scientifique et technique

    Dans les années 1950, une part importante du marché des Leica à vis est institutionnelle : laboratoires scientifiques, services médicaux, universités, industrie. Pour ces usages, un boîtier compact, mécanique, robuste et compatible avec une large gamme d’optiques présente un intérêt évident. Mais la visée par télémètre couplé y est souvent superflue : on travaille à distance fixe, à l’échelle, sur microscope ou avec un soufflet de reproduction — la mise au point s’effectue par le dispositif expérimental, pas à l’œil.

    En supprimant le module visée/télémètre, Leica simplifie le boîtier, libère la façade pour des accessoires de visée spécialisés, et réduit les points de fragilité potentiels dans des environnements de laboratoire.

    Le rôle du Visoflex, du microscope et des accessoires spécialisés

    Le Visoflex est une chambre reflex interposable entre le boîtier Leica et l’objectif. Il permet une visée sur dépoli à travers l’optique, idéale pour les longues focales, la macro et la reproduction. Sur un Leica IIIg standard, ce montage est techniquement possible mais peu ergonomique. Sur un Leica Ig, il devient parfaitement logique : l’espace en façade est libre, et l’absence de télémètre couplé n’est plus un manque mais une cohérence de conception.

    Pour la microphotographie sur microscope, le Leica Ig s’adapte directement sur le tube via des bagues dédiées. Dans cette configuration, un viseur intégré serait totalement inutile. L’Ig est donc fonctionnellement supérieur au IIIg dans ces usages précis. Le site Leica Classic illustre cette logique via son onglet Visoflex System.

    Le Leica Ig dans la fin de l’ère Barnack

    En 1957, la gamme à vis est en bout de course commerciale. Le M3 a emporté l’essentiel du marché photo haut de gamme depuis 1954. Pourtant, la gamme à vis se maintient pour deux raisons : la demande persistante d’institutions ayant investi dans un parc LTM, et la niche des usages techniques. C’est dans ce contexte que l’Ig trouve sa justification — boîtier de fin de cycle, certes, mais boîtier utile là où le M ne couvre pas encore entièrement ces cas d’usage.

    Pour replacer l’Ig dans cette histoire longue, partir du Leica I, point de départ du système Barnack, aide à retracer la progression logique qui mène jusqu’à ce dérivé spécialisé.

    Leica Ic, If, Ig, IIIg, M1 : ne pas les confondre

    Leica Ig (1957-1960)

    Trois boîtiers, trois destinations : le Leica Ic / If / Ig regroupe des boîtiers Barnack sans viseur ni télémètre intégrés, conçus pour fonctionner en système (accessoires, Visoflex, microscope). Le Leica IIIg est un Barnack télémétrique complet avec viseur couplé — même base mécanique que l’Ig, usage radicalement différent. Le Leica M1 reprend le même concept de boîtier sans télémètre, mais dans l’écosystème M à baïonnette. Le tableau ci-dessous détaille les différences point par point.

    Critère Leica Ig Leica IIIg Leica M1
    Viseur intégré Non Oui — 0,72x, cadres 50/90 mm Oui — simple, sans couplage
    Télémètre couplé Non Oui Non
    Monture LTM 39 mm (vis) LTM 39 mm (vis) Leica M (baïonnette)
    Usage logique Visoflex, reproduction, microscope, hyperfocale GA Photo à main levée, télémétrique polyvalent Photo sans télémètre, écosystème M
    Confort actuel Usage très spécialisé Très confortable Confortable, large choix d’optiques M

    Leica Ic vs Leica If

    Le Leica Ic est l’ancêtre direct du concept : boîtier à vis sans viseur ni télémètre, lancé au début des années 1950. Le Leica If en est l’évolution intermédiaire, avec l’ajout de la synchronisation flash. L’Ig reprend la base mécanique plus récente du IIIg (retardateur synchronisé inclus) tout en restant dans cette même philosophie de boîtier dépouillé de visée intégrée.

    La progression Ic → If → Ig est une mise à niveau mécanique successive, pas un changement de positionnement : ces trois boîtiers restent des outils de système. Pour comprendre ce que le IIIg améliore sur la génération précédente — et donc ce que l’Ig hérite mécaniquement — la fiche du Leica IIIf est utile.

    Leica Ig vs Leica IIIg

    C’est la comparaison inévitable. L’Ig et le Leica IIIg partagent la même base mécanique — obturateur, châssis, avancement knob-wind. La différence est simple et radicale : le IIIg dispose d’un grand viseur lumineux avec cadres 50/90 mm et correction de parallaxe automatique, plus d’un télémètre couplé. L’Ig n’a aucun de ces éléments.

    En valeur de collection, le IIIg est le Barnack tardif le plus recherché pour l’usage photographique autonome. L’Ig a une valeur différente : plus confidentiel, plus spécialisé, plus difficile à trouver en configuration complète avec accessoires d’origine.

    Leica Ig vs Leica M1

    Le Leica M1 montre bien que l’idée d’un boîtier Leica sans télémètre n’a pas disparu avec la fin des Barnack. Sorti en 1959, le M1 adopte la monture M et offre un viseur simple sans couplage — même philosophie que l’Ig, transposée dans l’écosystème M. Pour un utilisateur qui veut un Leica sans télémètre dans l’écosystème M, le M1 est plus pratique. Pour celui qui possède des optiques LTM ou travaille en usage scientifique à vis, l’Ig garde son intérêt.

    La bascule vers la génération M confirme que l’Ig est bien un boîtier de fin de cycle Barnack — utile dans sa niche, mais sans avenir commercial dans la gamme grand public.

    Le vrai critère de choix

    La question n’est pas « quel Leica à vis est le meilleur ? » mais « quel usage est le vôtre ? ». Télémétrie couplée à main levée → IIIg. Usage en Visoflex, reproduction, microscope, hyperfocale avec grand angulaire → Ig. Boîtier sans télémètre dans l’écosystème M → M1.

    Ce que change vraiment l’absence de viseur et de télémètre

    En pratique : le Leica Ig est parfaitement utilisable en hyperfocale avec un grand angulaire, ou avec le couple FOKOS + SBOOI pour une mise au point mesurée. Il devient inconfortable pour la photo réactive à main levée, et clairement inadapté pour les longues focales sans Visoflex.

    Note terrain : avec un Leica à vis sans viseur intégré, la première chose à désapprendre est le réflexe de coller l’œil contre le boîtier. Le Leica Ig demande une préparation différente : on décide de la distance avant de déclencher, on s’appuie sur l’hyperfocale ou sur le FOKOS. Ce n’est pas une contrainte si l’on comprend la logique — mais c’est une surprise désagréable si on l’acquiert en pensant qu’un viseur externe suffira à tout compenser dans n’importe quelle situation.

    Quand le Leica Ig reste praticable en photo

    • Hyperfocale avec grand angulaire : avec un 28 ou 35 mm réglé à la distance hyperfocale, le Leica Ig fonctionne comme n’importe quel appareil à mise au point pré-réglée. Aucun viseur n’est strictement nécessaire pour cadrer.
    • Viseur externe + FOKOS : le couple SBOOI + FOKOS permet une mise au point mesurée, workflow plus lent mais fiable pour la photo posée.
    • Reproduction, macro, Visoflex : c’est l’usage naturel du boîtier. Dans ces configurations, l’absence de télémètre couplé est sans impact.
    • Microscope : usage scientifique direct avec bague d’adaptation sur tube. Le boîtier déclenche — c’est tout ce qu’on lui demande.

    Quand il devient franchement peu confortable

    • Photo de rue rapide — la télémétrie couplée fait ici toute la différence.
    • Longues focales (90, 135 mm) sans Visoflex — la mise au point à l’estimation est trop incertaine à grande ouverture.
    • Toute situation qui demande une réactivité élevée — le workflow FOKOS + viseur externe est notablement plus lent qu’un IIIg standard.

    Hyperfocale, viseur externe, FOKOS : ce qu’il faut comprendre

    Le FOKOS est un télémètre séparé à monter sur la griffe du Leica Ig. Il mesure la distance mais n’est pas couplé mécaniquement à l’objectif : le photographe lit la distance, puis la reporte manuellement sur la bague de mise au point. Ce n’est pas rédhibitoire pour la photo posée, mais c’est une étape supplémentaire qui demande de la rigueur.

    Le SBOOI est un viseur optique calibré pour une focale donnée, monté sur l’autre griffe. Il donne un cadre de composition, sans information de mise au point. L’ensemble SBOOI + FOKOS reconstitue fonctionnellement ce que le IIIg offre en intégré — mais de façon séquentielle et moins fluide. Pour la dimension usage réel au quotidien, le guide CameraQuest sur les Leica screw mount reste une ressource pratique utile.

    Configuration minimale viable selon l’usage

    • Boîtier seul — Hyperfocale uniquement avec grand angulaire. Aucune mise au point variable praticable à main levée.
    • Boîtier + SBOOI — Cadrage possible, mise au point à l’estimation. Acceptable pour des sujets à distance fixe.
    • Boîtier + FOKOS + SBOOI — Configuration standard pour la photo à main levée avec mise au point mesurée. Workflow lent, mais fiable.
    • Boîtier + Visoflex — Configuration naturelle de l’Ig : longues focales, macro, reproduction, microscope. C’est là que ce boîtier est vraiment dans son élément.

    Quels objectifs et accessoires ont du sens sur un Leica Ig ?

    Leica Ig (1957-1960) test

    Fiche technique rapide — Leica Ig

    Monture
    Leica screw mount / LTM 39 mm
    Viseur intégré
    Aucun
    Télémètre intégré
    Aucun
    Synchronisation flash
    Oui (PC sync)
    Retardateur
    Présent sur la plupart des exemplaires. Variantes sans retardateur documentées.
    Accessoires de visée
    SBOOI (viseur), FOKOS (télémètre séparé — versions horizontale et verticale)
    Systèmes compatibles
    Visoflex I / II / III, soufflets de reproduction, bagues microscope Leica
    Production estimée
    Autour de 6 000 exemplaires

    Les objectifs LTM compatibles

    Le Leica Ig accepte les objectifs à monture Leica screw / LTM 39 mm — une famille considérable, des Elmar 5 cm f/3,5 des années 1930 jusqu’aux Summicron et Summilux à vis de la fin des années 1950. L’adaptation documentée et courante va des objectifs LTM vers les boîtiers Leica M, pas l’inverse : les objectifs Leica M ne peuvent pas être adaptés sur un boîtier Leica à vis tout en conservant la mise au point à l’infini.

    En pratique, les focales les plus cohérentes avec l’usage sans visée intégrée sont les grands angulaires (28, 35 mm — hyperfocale aisée) et les 50 mm utilisés avec FOKOS + SBOOI. Les longues focales (90, 135 mm) demandent le Visoflex pour être exploitables à grande ouverture. La page Screw-Mount System de Leica Classic donne une vue d’ensemble des optiques historiquement associées à ce système.

    Le couple viseur SBOOI + télémètre FOKOS

    Le SBOOI est un petit viseur optique à griffe froide, disponible en plusieurs versions selon la focale couverte. Il donne un cadrage visuel simple, sans information de distance. Le FOKOS (versions horizontale et verticale) est un télémètre à base courte qui se monte sur l’autre griffe et mesure la distance, que le photographe reporte ensuite manuellement sur l’objectif.

    Ces accessoires sont encore trouvables sur le marché de l’occasion, mais leur état est variable et leur prix peut être élevé pour les exemplaires fonctionnels. Avant tout achat, vérifier l’état du prisme du FOKOS (décollements fréquents) et sa calibration par rapport à un objectif de référence.

    Visoflex, reproduction, macro, microscope

    Le Visoflex (I, II ou III selon la génération) s’interface entre le boîtier et l’objectif, transformant le Leica à vis en système reflex à visée sur dépoli. Pour un Leica Ig, c’est l’accessoire qui libère pleinement le boîtier : sur Visoflex, l’absence de viseur intégré ne pose aucun problème et n’est plus un compromis.

    Les soufflets de reproduction Leica permettent un grossissement de 1:10 à 1:1 ou au-delà. Dans ces configurations, le Leica Ig est un boîtier de commande et de déclenchement — et c’est exactement son rôle d’origine. La fiche Leica Wiki sur le Leica Ig permet de vérifier les accessoires documentés pour ce boîtier et ses variantes connues.

    Comment dater et authentifier un Leica Ig

    La méthode fiable : croiser le numéro de série gravé sur le boîtier avec la table Leica Wiki des numéros de série. C’est plus fiable que de se fier à une fourchette de dates : le numéro prime toujours.

    1957 — premières plages
    887001–888000, puis 907001–910000. Premières attributions documentées dans les bases de référence principales.
    1958
    924501–926700. Production sur une plage resserrée, cohérente avec un volume global limité.
    1960
    987301–987600. Plage tardive et restreinte, marquant la fin de la production dans les bases retenant 1957-1960.
    1963 (selon certaines bases)
    Des plages supplémentaires sont intégrées dans certaines documentations Leica, ce qui étend la production jusqu’en 1963. Divergence documentée — cf. section ci-dessous.

    Les plages de numéros de série utiles

    Les plages indiquées ci-dessus sont cohérentes avec les principales bases de référence disponibles. Les plages Leica peuvent se recouper ou comporter des lacunes : un numéro dans une plage « Ig » documentée ne garantit pas que le boîtier est un Ig d’origine — il peut s’agir d’une autre variante produite sur la même chaîne à la même période. La date seule ne suffit donc pas : elle doit être confrontée à l’examen physique du boîtier.

    Variantes et versions sans retardateur

    Le Leica Ig a été produit en plusieurs variantes. La plus notable est la version sans retardateur, proposée pour des usages où ce mécanisme est inutile voire contre-productif — notamment sur les configurations microscope ou reproduction très précise. Ces variantes sont identifiables par l’absence du levier de retardateur sur le panneau avant du boîtier.

    Des productions spéciales pour des usages techniques ou institutionnels apparaissent dans certaines sources de vente et d’enchères spécialisées (notamment liées à des usages microscope), mais elles restent difficiles à documenter précisément sans exemple vérifiable ; mieux vaut ne pas en faire un argument d’identification ou de valeur sans preuve.

    Ce que nous vérifions aujourd’hui sur un Leica Ig d’occasion

    Au-delà du numéro de série, plusieurs points méritent une vérification rigoureuse avant achat ou avant usage :

    • État des rideaux de l’obturateur : piqûres, voile ou micro-trous. Sur un Barnack de cet âge, des rideaux altérés sont fréquents et coûteux à restaurer.
    • Vitesses lentes : tester 1/10 s, 1/5 s, 1 s — les vitesses lentes des Barnack anciens collent facilement et nécessitent souvent un nettoyage ou réglage par un technicien spécialisé.
    • Retardateur : si présent, le tester. Sur les variantes « sans retardateur » d’origine, son absence est normale ; sur un boîtier qui en aurait eu un, une absence suspecte peut signaler une pièce retirée.
    • Griffes porte-accessoires : présentes, solidement en place, symétriques. Des griffes mal alignées ou rajoutées sont un signal d’alerte pour une conversion.
    • Cohérence des pièces : uniformité de l’usure visible. Un boîtier « assemblé » à partir de plusieurs sources se voit souvent à l’usure différentielle des éléments.
    • État du FOKOS et du SBOOI : si inclus dans la transaction, vérifier le prisme du FOKOS (décollement fréquent) et la netteté du SBOOI, puis tester la calibration du télémètre.

    La question des conversions et des boîtiers modifiés

    Un Leica IIIf ou IIIg dont on aurait retiré ou bouché le module de visée peut ressembler superficiellement à un Ig. La distinction passe par : la présence et le positionnement des griffes porte-accessoires, l’état des emplacements où aurait dû se trouver le module de visée sur un Barnack complet, et la cohérence du numéro de série avec les plages documentées. Pour un achat de collection où l’authenticité est déterminante, un examen par un technicien Leica spécialisé reste la meilleure garantie.

    Pourquoi certaines sources disent 1957-1963

    Divergence de datation : 1957-1960 vs 1957-1963

    1957-1960 : repère utilisé dans la plupart des bases francophones de collection et dans plusieurs catalogues de référence. Cohérent avec les plages de numéros de série majoritairement documentées. C’est le repère éditorial retenu dans cet article.
    1957-1963 : certaines bases Leica, notamment anglophones, intègrent des plages supplémentaires qui étendent la production jusqu’en 1963. La divergence reflète un périmètre de données différent — ni une erreur, ni une correction de l’autre.

    Ni 1957-1960 ni 1957-1963 n’est « faux ». Pour un usage pratique — identifier, dater, authentifier — le numéro de série exact du boîtier prime sur la fourchette retenue dans le titre d’une fiche. Cette divergence n’a d’impact réel que pour les collectionneurs qui cherchent à établir une chronologie précise ou à évaluer la rareté de certaines plages.

    Leica Ig aujourd’hui : pour qui ce boîtier a encore du sens ?

    Leica Ig (1957-1960) conseil

    Repère pratique (2026) : trouver un Leica Ig en état d’usage photographique réel — avec FOKOS et SBOOI fonctionnels et calibrés — demande du temps et un budget souvent comparable, voire supérieur, à un bon Leica IIIg. Le boîtier seul est généralement moins coûteux ; la configuration complète avec accessoires d’origine l’est rarement.

    Le collectionneur

    Pour un collectionneur Leica à vis, le Leica Ig est un complément logique à une collection Barnack : rare, clairement identifiable, avec un rôle documenté dans la gamme. Sa faible production (autour de 6 000 exemplaires) en fait un boîtier plus confidentiel que le IIIg ou le IIIf. La présence des accessoires d’origine — FOKOS, SBOOI, boîtes, documentation — est un facteur de valeur significatif.

    L’utilisateur argentique curieux

    Pour un photographe argentique qui cherche un Leica à vis atypique, le Leica Ig peut être un choix délibéré — à condition d’accepter le workflow spécifique qu’il impose. En hyperfocale avec un grand angulaire, il fonctionne simplement. Avec FOKOS + SBOOI, il permet une mise au point mesurée. Ce n’est pas un boîtier d’apprentissage ni un boîtier polyvalent : il demande qu’on s’adapte à lui.

    Le photographe technique / reproduction / microscope

    C’est l’usage pour lequel l’Ig a été conçu. Reproduction documentaire argentique, macro avec Visoflex, microphotographie sur microscope avec interface LTM : dans ces configurations, l’absence de superstructure optique intégrée est un avantage, pas un compromis.

    Les cas où un IIIg ou un M1 sera plus logique

    • Photo à main levée avec télémétrie couplée → Leica IIIg, sans hésitation.
    • Boîtier sans télémètre dans l’écosystème M → Leica M1, plus pratique au quotidien.
    • Premier Leica à vis pour apprendre l’argentique → Leica IIIf ou IIIg, plus polyvalents, mieux documentés, plus faciles à trouver en bon état.

    Avant d’acheter ou d’utiliser un Leica Ig en 2026 : 8 points à vérifier

    • Numéro de série : le croiser avec les tables Leica Wiki (plages Ig documentées : 887001–888000, 907001–910000, 924501–926700, 987301–987600 selon les bases majoritaires). C’est le premier filtre d’authenticité.
    • État des rideaux de l’obturateur : piqûres, voile ou micro-trous visibles en regardant à travers la monture avec le boîtier ouvert. Des rideaux altérés impliquent une restauration coûteuse.
    • Vitesses lentes : tester 1/10 s, 1/5 s, 1 s. Un son collant ou une cadence irrégulière signale une mécanique qui a besoin d’un technicien.
    • Retardateur : tester son fonctionnement. Sur les variantes sans retardateur d’origine, l’absence est documentée et normale ; sur un boîtier standard, une absence inexpliquée mérite investigation.
    • Griffes porte-accessoires : présentes des deux côtés, bien alignées, solidement fixées. Des griffes suspectes ou asymétriques peuvent signaler une conversion depuis un IIIg.
    • Cohérence des pièces : usure uniforme des éléments visibles. Un boîtier assemblé à partir de plusieurs sources présente souvent des disparités d’usure ou de finition.
    • État du FOKOS et du SBOOI : si inclus, vérifier le prisme du FOKOS (décollements fréquents avec l’âge), la netteté du SBOOI, et la calibration du télémètre contre un objectif de référence à plusieurs distances.
    • Adéquation avec votre usage réel : définir avant l’achat quelle configuration vous allez utiliser — hyperfocale seule, avec FOKOS + SBOOI, ou avec Visoflex. Le boîtier seul sans accessoires de visée est très limité en usage photographique général.

    Les idées fausses les plus fréquentes sur le Leica Ig

    Idée fausse n°1 — « Le Leica Ig est un IIIg amputé ou incomplet »

    Faux. Le Leica Ig n’a jamais eu de viseur ni de télémètre intégrés. Ce n’est pas un boîtier auquel il manque quelque chose : c’est un dérivé conçu sans ces éléments, pour des usages où ils auraient été inutiles. Parler d’un « IIIg amputé » est une erreur de lecture qui fausse tout jugement sur ce modèle.

    Idée fausse n°2 — « Un bon viseur externe remplace pleinement le viseur intégré du IIIg »

    Partiellement vrai, mais à nuancer. Un SBOOI en bon état donne un cadre de composition fiable. Mais il n’est pas couplé à la mise au point, n’offre pas de correction de parallaxe automatique, et le workflow demande une étape supplémentaire (lecture FOKOS + report manuel). Pour la photo posée, ça fonctionne. Pour la photo réactive, la différence est substantielle par rapport à un viseur couplé intégré.

    Idée fausse n°3 — « Rare = forcément cher »

    La rareté relative ne garantit pas automatiquement un prix élevé. L’Ig est moins demandé que le IIIg pour l’usage photographique, et son attrait est plus spécialisé. Le prix dépend surtout de l’état général et de la présence des accessoires d’origine. Un boîtier seul en bon état peut se trouver à un prix accessible ; une configuration complète avec FOKOS et SBOOI calibrés est en revanche sensiblement plus coûteuse.

    FAQ sur le Leica Ig

    Leica Ig (1957-1960) avis

    Le Leica Ig est-il un Leica IIIg sans télémètre ?
    Non. Le Leica Ig partage la base mécanique du IIIg mais a été conçu dès l’origine sans viseur ni télémètre intégrés, pour des usages scientifiques et en système d’accessoires (FOKOS, SBOOI, Visoflex, microscope). Ce n’est pas un IIIg dégradé, c’est un dérivé spécialisé avec un cahier des charges différent.
    Peut-on faire de la photo « normale » avec un Leica Ig ?
    Oui, dans des conditions précises. En hyperfocale avec un grand angulaire (28–35 mm), il fonctionne sans accessoires. Avec FOKOS + SBOOI, la mise au point mesurée est possible. Pour la photo réactive à main levée, il est nettement moins confortable qu’un IIIg et ne s’y prête pas vraiment.
    Quels accessoires faut-il pour utiliser correctement un Leica Ig ?
    La configuration de base : viseur SBOOI (cadrage) + télémètre séparé FOKOS (mesure de distance). Ces deux accessoires se montent sur les griffes du boîtier. Pour la macro, les longues focales ou le microscope, le Visoflex remplace avantageusement ce couple. Sans accessoires, l’Ig est limité à la mise au point pré-réglée.
    Que signifie la datation 1957-1960 ?
    Ce sont les plages de numéros de série Leica attribuées à l’Ig dans les bases de collection majoritaires. Les premières plages commencent en 1957 ; les dernières s’arrêtent vers 1960. C’est le repère éditorial le plus courant dans les sources francophones et plusieurs catalogues de référence.
    Pourquoi certaines sources parlent-elles de 1963 ?
    Certaines bases Leica, notamment anglophones, intègrent des plages de numéros supplémentaires qui étendent la production jusqu’en 1963. La divergence reflète des périmètres de données différents — pas une erreur. Pour identifier un boîtier précisément, son numéro de série prime sur toute fourchette de dates.
    Leica Ig ou Leica M1 : lequel est le plus pratique ?
    Pour un usage contemporain, le Leica M1 est généralement plus pratique : monture M (baïonnette), chargement fond amovible, écosystème M riche. Le Leica Ig a l’avantage si vous possédez des optiques LTM ou travaillez en usage scientifique (Visoflex, microscope) dans l’écosystème à vis.
    Le Leica Ig est-il rare ?
    Relativement. Production estimée autour de 6 000 exemplaires — faible comparé au IIIg ou au IIIf. Il se trouve sur le marché de l’occasion, mais moins facilement qu’un Barnack complet. En configuration avec FOKOS et SBOOI en bon état, c’est encore plus rare.
    Comment vérifier l’authenticité d’un Leica Ig ?
    Croiser le numéro de série avec les tables Leica Wiki ; vérifier la présence et l’alignement des griffes porte-accessoires ; s’assurer que l’emplacement du module de visée n’a pas été bouché. Pour un achat de collection sérieux, un examen par un technicien Leica spécialisé reste la meilleure garantie.

    Le Leica Ig (1957-1960) n’est pas un Leica incomplet. C’est un boîtier scientifique Leica à vis pensé pour fonctionner dans un système d’accessoires, à une époque où Leica répondait à une demande institutionnelle et technique que le IIIg ne couvrait pas. Pour le collectionneur, c’est une pièce rare et cohérente dans une collection Barnack tardif. Pour le photographe technique, c’est l’outil LTM le plus adapté à son contexte d’origine — Visoflex, reproduction, microscope. Pour l’utilisateur argentique curieux, c’est un boîtier qui demande qu’on s’adapte à lui, pas l’inverse.

    La question de la datation — 1957-1960 ou 1957-1963 — reste secondaire : ce qui compte, c’est le numéro de série exact du boîtier, confronté aux tables de référence Leica Wiki. Et ce qui importe avant tout, c’est de lire ce boîtier pour ce qu’il est : ni un Barnack raté, ni un objet de folklore, mais un outil de niche dans l’univers Leica screw mount / LTM — précis dans sa destination, passionnant dans son histoire.

    Héloïse Caradec-Morin est basée à Strasbourg et travaille depuis 20 ans autour de la photographie argentique, des chambres, du moyen format et de l’histoire des procédés photographiques. Chez expert-photo.fr, elle signe les contenus qui demandent à la fois recul historique, précision technique et pédagogie calme. Son approche consiste à relier les objets anciens à leurs usages réels, sans romantiser le matériel ni écraser le lecteur sous le jargon. Sur un sujet comme le Leica Ig, elle apporte exactement ce qu’il faut : du contexte, de la méthode, et une lecture claire de ce qui relève de la collection, de l’usage et de la vraie culture photographique.

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