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Oui, le Canon Canonet G-III QL17 vaut le coup en 2026 — à condition de ne pas acheter les yeux fermés. Ce télémétrique compact à objectif fixe (40 mm f/1.7, obturateur central Copal quasi silencieux) reste l’un des meilleurs rapports plaisir/prix en photographie de rue argentique. Mais sur un appareil de plus de 40 ans, la vraie question n’est jamais « est-ce un bon modèle ? » — c’est « dans quel état est cet exemplaire précis ? ».
Un viseur voilé, un patch télémétrique qui s’efface, des mousses d’étanchéité fatiguées, ou pire : un voile de champignons entre les lentilles — et votre « bonne affaire » se transforme en révision obligatoire. Ajoutez le point qui piège beaucoup de monde : la pile d’origine (PX625, 1,35 V mercure) n’est plus fabriquée, et les solutions de remplacement peuvent fausser la cellule CdS si on ne sait pas ce qu’on fait.
Dans cet article : une check-list achat en 10 contrôles, les options pile réalistes, les limites terrain que les blogs ne mentionnent pas toujours, et un comparatif orienté usage avec les alternatives crédibles (Minolta Hi-Matic 7sII, Olympus 35 SP, Yashica Electro 35). Si vous hésitez entre l’expérience télémétrique et un reflex argentique plus accessible, notre retour sur le Nikon F100 aide à trancher. Et si vous voulez structurer un vrai projet argentique au-delà d’un simple achat de boîtier, notre guide pour démarrer un projet photo argentique pose les bases.
Le Canonet G-III QL17 est un excellent télémétrique 35 mm pour la street et le voyage si vous trouvez un exemplaire sain : viseur propre, télémètre calé, optique claire. Son 40 mm f/1.7 et son obturateur central sont un vrai plaisir de discrétion. En revanche, l’état d’occasion et la gestion de la pile 1,35 V sont les deux facteurs qui font tout basculer — négligez-les, et le charme tourne à la frustration.
En 3 points :
- Achetez si l’exemplaire est révisé (ou si vous pouvez le vérifier en main) : viseur propre + télémètre calé + optique sans champignons.
- Évitez si vous voulez un autofocus, zéro maintenance, ou un boîtier qui fonctionne « comme un numérique » sans apprentissage.
- Budget réaliste : 150–250 € pour un exemplaire correct + 80–150 € de révision (CLA) si non révisé — au-delà de 300 € tout compris, vérifiez que l’état le justifie.
Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait
À qui s’adresse le Canonet G-III QL17 ?
Oui si…
- Vous voulez un télémétrique compact et discret pour la street ou le voyage, avec un objectif fixe lumineux (40 mm f/1.7).
- Vous acceptez de travailler en mise au point manuelle et trouvez ça formateur (ou plaisant).
- Vous recherchez un obturateur quasi silencieux (obturateur central Copal) — bien plus discret qu’un reflex à miroir.
- Vous aimez la simplicité d’un appareil « une focale, un mode, on y va » et le rendu argentique naturel.
- Vous êtes prêt à vérifier l’exemplaire avant achat (ou à investir dans une révision si nécessaire).
Non si…
- Vous voulez un autofocus fiable — le Canonet est 100 % mise au point manuelle via télémètre.
- Vous n’avez aucune tolérance pour la maintenance d’un boîtier de plus de 40 ans (mousses, cellule, viseur).
- Vous photographiez souvent en plein soleil avec des films rapides (ISO 400+) — le 1/500 s max peut limiter.
- Vous avez besoin d’un flash puissant intégré ou de modes entièrement automatisés.
- Vous cherchez un boîtier « zéro contrainte » comparable à un compact numérique.
Canonet G-III QL17 en 60 secondes : ce que la fiche technique change vraiment

Les specs d’un appareil des années 1970 ne parlent pas d’elles-mêmes. Ce qui compte, c’est leur impact concret sur la prise de vue. Les données ci-dessous sont issues de la fiche officielle du Canon Camera Museum.
Ne pas confondre
Fiche technique rapide — Canon Canonet G-III QL17
Objectif 40 mm f/1.7 : usage réel
Le 40 mm est une focale entre deux mondes : plus large qu’un 50 mm classique (davantage de contexte), mais moins « distorsion grand-angle » qu’un 35 mm. Pour situer cette focale dans votre repère habituel, le comparatif 35 mm vs 50 mm montre l’écart — le 40 mm du Canonet se place pile au milieu. En street et reportage, c’est une focale très naturelle, proche de la vision humaine.
À pleine ouverture (f/1.7), l’objectif peut montrer de la douceur et un haze en contre-jour — c’est une caractéristique connue de nombreux utilisateurs. La netteté exploitable se situe typiquement à partir de f/2–f/2.8 selon l’exemplaire et les conditions. En mode auto (priorité vitesse), l’appareil descend rarement à pleine ouverture sauf en basse lumière franche, ce qui limite le problème au quotidien.
Obturateur central 1/4–1/500 s + B : silence, mais limite en plein soleil
L’obturateur central Copal est l’un des vrais atouts du Canonet : déclenchement quasi silencieux, synchro flash à toutes les vitesses. La contrepartie, c’est le plafond à 1/500 s. En plein soleil d’été avec une pellicule ISO 400, vous risquez la surexposition même à f/16. Solutions concrètes : charger un film ISO 100, monter un filtre ND, ou fermer au maximum.
Priorité vitesse + manuel : quand utiliser l’un ou l’autre
En mode « A » (priorité vitesse), vous choisissez la vitesse et la cellule CdS règle l’ouverture automatiquement. Si l’expo est hors limites, un voyant rouge apparaît dans le viseur et le déclencheur se bloque — pratique pour éviter les erreurs, frustrant quand la scène n’attend pas.
Le mode manuel fonctionne sans la cellule et sans pile : c’est un appareil mécanique pur. C’est là que l’application posemètre sur smartphone ou la règle Sunny 16 prennent tout leur sens. L’appareil reste pleinement fonctionnel pile morte — un avantage décisif pour un boîtier de cet âge.
Méthodologie de vérification : les 10 contrôles avant achat
Sur un boîtier de 40+ ans, le protocole ci-dessous permet de distinguer un exemplaire sain d’un piège. Reproductible en 10–15 minutes avec du matériel courant.
Conditions de vérification
- Matériel nécessaire : lampe frontale ou lampe de téléphone, loupe (×10 idéalement), application posemètre sur smartphone (Light Meter, Lux…), un film test optionnel, carnet.
- Environnement : lumière naturelle pour tester la cellule + pièce sombre pour inspecter l’optique en lumière rasante.
- Durée : 10–15 minutes pour les contrôles visuels et mécaniques.
Matériel utilisé pour la vérification
Loupe ×10
Posemètre smartphone
Film test (Fomapan 100 ou Kodak Gold 200)
Carnet de notes
Les 10 contrôles, étape par étape
- Optique — champignons / voile : ouvrez le dos, pointez la lampe en lumière rasante à travers l’objectif. Filaments = champignons ; voile laiteux = haze. Champignons développés = à fuir. Léger voile = négociable.
- Télémètre — calage infini : visez un objet très lointain (antenne, clocher). Les deux images doivent se superposer parfaitement quand la bague est sur l’infini.
- Télémètre — calage courte distance : visez un objet à 1–2 m. Vérifiez que la superposition correspond à la distance affichée sur la bague.
- Obturateur — vitesses lentes : armez, déclenchez en B, 1/4, 1/8. Écoutez la régularité. Le 1/4 s doit être nettement plus long que le 1/8.
- Cellule — cohérence : pile insérée, mode A (1/125 s), comparez l’ouverture dans le viseur avec votre posemètre smartphone. Écart constant ±1 stop = acceptable. Au-delà de 2 stops = cellule fatiguée ou pile inadaptée.
- Mousses d’étanchéité : ouvrez le dos, touchez les mousses autour du rail film et de la charnière. Poisseuses, effilochées ou absentes = fuites de lumière garanties (remplacement ~10–20 €, faisable soi-même).
- Avance film et système QL : simulez un chargement. Le levier d’armement doit avancer sans à-coup, et l’indicateur (barres rouges) doit bouger.
- Bague de mise au point : tournez de l’infini à la distance mini (0,8 m). Fluide, sans jeu excessif ni point dur.
- Diaphragme : regardez à travers l’objectif en actionnant la bague d’ouverture (hors mode A). Les lamelles doivent bouger librement, sans huile visible.
- Griffe flash et synchro : montez un flash, déclenchez. Synchro à toutes les vitesses (obturateur central).
Grille de décision : les contrôles 1 à 4 sont critiques — si l’un d’eux est « à fuir », passez votre chemin sauf à vouloir investir dans une CLA complète. Les contrôles 5 à 10 sont des points de négociation : réparables, mais à chiffrer dans votre budget.
Acheter un Canonet QL17 G-III d’occasion : méthode anti-arnaque
Le Canonet se trouve principalement sur eBay (vendeurs France et Japon), LeBonCoin, et chez quelques boutiques spécialisées argentique qui font de la révision. Les prix varient fortement selon l’état et la révision.
Quels défauts vérifier avant d’acheter un Canonet QL17 d’occasion ?
Par ordre de gravité : champignons ou voile dans l’optique, calage du télémètre (infini + courte distance), régularité de l’obturateur aux vitesses lentes, état des mousses, et fonctionnement de la cellule. Ce sont les 5 premiers contrôles de notre protocole ci-dessus.
Questions à poser au vendeur
- L’appareil a-t-il été révisé (CLA) ? Si oui, par qui et quand ?
- Les mousses d’étanchéité ont-elles été remplacées ?
- La cellule fonctionne-t-elle — avec quelle pile ?
- L’optique est-elle claire (pas de champignons, pas de voile) ?
- Le télémètre est-il calé (infini et courte distance) ?
Photos à exiger avant achat en ligne
- Vue à travers le viseur (luminosité du patch télémétrique).
- Lentille avant et arrière en lumière rasante (champignons, voile, rayures).
- Dos ouvert : état des mousses, du porte-film, du rail.
- Compartiment pile (corrosion ?).
Quand une révision (CLA) devient obligatoire
Si l’appareil n’a jamais été révisé, une CLA est quasi systématique pour un usage fiable. Le coût varie selon le réparateur et l’étendue des travaux — comptez un ordre de grandeur de quelques dizaines à plus de cent euros en France, selon qu’il s’agit d’un simple nettoyage/remplacement mousses ou d’un démontage complet avec nettoyage optique et recalibrage télémètre.
Signal d’alarme : un Canonet annoncé « fonctionnel » à moins de 80–100 € a souvent un obturateur collant, une cellule fatiguée ou des champignons invisibles sans inspection physique. Pour un premier retour à la pellicule sans risque, le Canon EOS 1000F est souvent plus rassurant — autofocus, automatismes, et exemplaires d’occasion très répandus.
À quel prix est-ce raisonnable en 2026 (selon état) ?
Les prix d’occasion évoluent constamment. En février 2026, les ordres de grandeur observés sur les principales plateformes (eBay FR, LeBonCoin, boutiques spécialisées) sont :
- Non révisé, état « inconnu » ou cosmétique correct : 80–150 € — mais ajoutez le budget CLA potentiel.
- Révisé par un professionnel, état garanti : 200–350 € — le prix inclut la tranquillité d’esprit.
- Version noire (rare) : prime de 50 à 150 % par rapport au chromé — aucun avantage fonctionnel, juste l’esthétique et la rareté.
Prise en main : priorité vitesse, manuel, et le piège classique du f/1.7

Comment choisir la vitesse en street
En photographie de rue au Canonet, une règle simple : 1/125 s en lumière correcte, 1/250 s pour des sujets en mouvement. L’appareil ajuste l’ouverture en mode A. Si le voyant rouge s’allume = pas assez de lumière → descendez à 1/60 s ou passez en manuel.
Quand passer en manuel
Trois situations : contre-jour marqué (la cellule CdS se fait piéger), scènes très contrastées, ou pile morte. Le posemètre smartphone prend le relais. La règle Sunny 16 fonctionne aussi remarquablement en extérieur — et elle ne tombe jamais en panne de pile.
Pourquoi certaines photos sont floues à f/1.7 (télémètre + distance)
C’est le piège classique du Canonet. À f/1.7, la profondeur de champ est extrêmement réduite (quelques centimètres à 1–2 m). Si votre télémètre est légèrement décalé — courant après 40 ans sans entretien — la zone de netteté tombe à côté du sujet. Résultat : des photos systématiquement floues que vous attribuez à tort à l’objectif.
Ce que nous avons constaté sur le terrain
Les retours ci-dessous synthétisent l’expérience accumulée sur plusieurs exemplaires et de nombreux films au fil des ans, dans des conditions variées. Ce ne sont pas des mesures de laboratoire — mais des observations reproductibles.
Scénario 1 — Street de jour (extérieur, lumière variable)
Film : Kodak Tri-X 400 ou équivalent ISO 400. Réglages typiques : 1/250 s, mode A. Constat : dans ces conditions, le Canonet est dans son élément. L’obturateur central est silencieux, la cellule CdS gère correctement les transitions ombre/lumière en mesurant la lumière réfléchie. La focale de 40 mm cadre naturellement les scènes de rue sans trop serrer ni trop élargir. Point de vigilance : en plein soleil d’été, le 1/500 s + f/16 ne suffit pas toujours avec un film ISO 400 → prévoir un filtre ND ou un film ISO 100.
Scénario 2 — Intérieur / basse lumière
Film : ISO 400 ou 800. Réglages : 1/30 s ou 1/60 s, mode A ou manuel. Constat : la cellule CdS fonctionne, mais le patch télémétrique devient plus difficile à lire dans un viseur déjà sombre. Le focus en basse lumière est le point faible du Canonet — les lignes verticales contrastées aident, mais dans un intérieur uniformément sombre, la mise au point au télémètre demande de l’attention. Solution fréquente : zone focusing à f/5.6 ou f/8, en estimant la distance.
Scénario 3 — Contre-jour / conditions difficiles
Constat : le contre-jour est la faiblesse de la combinaison « cellule CdS + objectif 1970 ». La cellule surestime la lumière (source dans le champ), ce qui sous-expose le sujet. L’objectif, à grande ouverture, produit du flare et du haze plus marqués qu’un traitement multicouche moderne. En contre-jour, passer en manuel et compenser (+1 à +2 stops par rapport à la lecture cellule) ou utiliser le posemètre smartphone en mesure spot sur le sujet.
Limite honnête : les observations ci-dessus s’appuient sur un nombre limité d’exemplaires. Chaque Canonet a son propre état d’usure, et la variabilité entre deux unités peut être significative — notamment sur la précision de la cellule et le calage du télémètre. La seule méthode fiable est de tester votre exemplaire avec les contrôles décrits plus haut.
Pile PX625 / 1,35 V en 2026 : options réalistes (et comment vérifier)
C’est la question qui revient partout et qui fait hésiter beaucoup d’acheteurs. La pile d’origine du Canonet G-III QL17 est une PX625 au mercure (1,35 V), interdite depuis les années 1990. La cellule CdS est calibrée pour cette tension précise — lui fournir une tension différente fausse la mesure.
Ne pas confondre
Quelle pile pour un Canonet G-III QL17 sans fausser la cellule ?
Option 1 — Pile zinc-air 1,35 V (type WeinCell MRB625 ou équivalent). C’est la solution la plus fidèle à la tension d’origine. Inconvénient : la pile se décharge dès qu’elle est exposée à l’air — durée de vie variable selon le stockage et l’usage, souvent quelques mois, parfois davantage si vous retirez la pile entre les séances. Pour les détails sur les types de piles argentiques et les erreurs courantes, ce guide sur les piles d’appareils photo argentiques est une ressource utile.
Option 2 — Adaptateur de tension (type MR-9). Un adaptateur physique qui prend une pile zinc-air 675 (1,4 V, type pile auditive) et l’adapte au format PX625. Plus pratique qu’une WeinCell, et les piles auditives coûtent quelques centimes pièce. Plusieurs modèles d’adaptateurs sont disponibles en France.
Option 3 — Pile LR44 + compensation ISO. L’approche « système D » : LR44 (1,5 V) avec un adaptateur d’épaisseur. La tension est trop haute, donc la cellule décale sa mesure. Vous compensez en ajustant le sélecteur ISO (par exemple, réglez ISO 200 pour un film ISO 400). Le facteur de correction exact dépend de votre exemplaire — calibration au posemètre externe indispensable.
Méthode de calibration : pile insérée, mode A (1/125 s), pointez une scène en lumière constante. Comparez l’ouverture dans le viseur avec votre posemètre smartphone. Si l’écart est constant (ex. toujours +1 stop), ajustez votre sélecteur ISO. Refaites en intérieur et en extérieur pour confirmer la cohérence.
Limites, défauts et points agaçants
Avantages
- Obturateur central quasi silencieux — l’un des télémétriques les plus discrets de sa génération.
- 40 mm f/1.7 : focale naturelle pour la street, optique performante dès f/2.8.
- Système Quick Loading (QL) : chargement film rapide et fiable.
- Priorité vitesse + manuel complet — flexible selon la situation.
- Fonctionne mécaniquement sans pile (en manuel) — filet de sécurité appréciable.
- Construction métal solide malgré le statut « grand public » de l’époque.
- Synchro flash à toutes les vitesses (obturateur central).
Inconvénients
- Vitesse max 1/500 s : limite réelle en plein soleil avec film ISO 400+.
- Patch télémétrique souvent faible après des décennies — MAP délicate en basse lumière.
- Cellule inactive en mode manuel : aucune aide à l’exposition sans pile.
- Sélecteur ISO limité à 800 : pas de push automatique au-delà.
- Déclencheur bloqué quand l’expo est hors limites en mode auto.
- Filetage filtres 48 mm non standard — bague step-up 48→52 quasi indispensable.
- Mousses d’étanchéité presque toujours à refaire sur les exemplaires non révisés.
Viseur et télémètre : le point sensible
Sur beaucoup d’exemplaires, le viseur est voilé (poussière interne, décomposition du revêtement) et le patch télémétrique est devenu pâle. C’est le défaut le plus courant et celui qui affecte le plus l’expérience de prise de vue. Le nettoyage est faisable par un réparateur compétent lors d’une CLA.
« Leica du pauvre » : marketing vs réalité terrain
Verdict terrain vs marketing
Le surnom a du sens sur un point : l’expérience de prise de vue en street (discrétion, mise au point au télémètre, rapport au sujet) est comparable pour beaucoup moins cher. Mais la longévité sans entretien et le rendu optique brut ne jouent pas dans la même catégorie. Pour approfondir l’univers des appareils Canon et comprendre les sigles de la marque, notre guide des acronymes Canon complète la culture photographique.
Comparatif rapide : Canonet QL17 G-III vs alternatives crédibles
Le Canonet n’est pas le seul télémétrique compact des années 1970. Voici les alternatives les plus pertinentes, comparées sur les critères qui comptent pour l’acheteur.
| Critère | Canon Canonet G-III QL17 | Minolta Hi-Matic 7sII | Olympus 35 SP | Yashica Electro 35 GSN |
|---|---|---|---|---|
| Objectif | 40 mm f/1.7 | 40 mm f/1.7 | 42 mm f/1.7 | 45 mm f/1.7 |
| Mode auto | Priorité vitesse | Priorité vitesse | Priorité ouverture + spot | Priorité ouverture (électronique) |
| Obturateur | Central Copal (silencieux) | Central (silencieux) | Central Seiko (silencieux) | Électronique Copal |
| Vitesse max | 1/500 s | 1/500 s | 1/500 s | 1/500 s |
| Pile | PX625 (1,35 V) — problématique | PX625 (1,35 V) — même souci | PX625 (1,35 V) — même souci | PX32 (5,6 V) — adaptable |
| Manuel sans pile | Oui (mécanique) | Oui (mécanique) | Oui (mécanique) | Non (1 seule vitesse méca) |
| Atout distinctif | Système QL, pièces courantes | Souvent moins cher | Mesure spot unique à ce prix | Grand viseur lumineux |
Canon Canonet G-III QL17
Le choix « consensuel » : bon objectif, bonne construction, mécanique fiable si révisé, système QL qui simplifie le chargement. Mode manuel entièrement mécanique sans pile. Point faible : patch télémétrique souvent pâle sur les vieux exemplaires.
Olympus 35 SP
L’alternative la plus complète techniquement : seul compact de cette époque avec mesure spot en plus de la mesure globale, et mode priorité ouverture. Optique réputée au moins aussi performante. Plus rare et plus cher en bon état, même problématique de pile 1,35 V.
Pour ceux qui envisagent un reflex argentique plutôt qu’un télémétrique, le Nikon F6 représente l’aboutissement du reflex argentique pro — un autre univers en budget, mais une référence en fiabilité. Le Canon EOS 1000Fn offre autofocus et automatismes dans un boîtier abordable et simple.
Pellicules et réglages conseillés (street, intérieur, nuit)
Quelle pellicule choisir (ISO 100/400/800) avec la cellule du Canonet ?
ISO 100 (Fomapan 100, Kodak Gold 100…) : plein soleil et lumière vive. Avec le 1/500 s max, c’est le choix le plus sûr en extérieur estival.
ISO 400 (Kodak Tri-X, Ilford HP5+, Kodak Ultramax 400…) : le polyvalent. Extérieur couvert + intérieur éclairé. En plein soleil, vous risquez le plafond f/16 + 1/500 s.
ISO 800 (Cinestill 800T, Lomography 800…) : basse lumière, intérieur sombre, nuit en ville. Le sélecteur du Canonet monte jusqu’à 800, donc la cellule fonctionne encore. Au-delà (push à 1600) : passage en manuel obligatoire.
Conseil pratique : si vous partez en voyage avec un seul film, l’ISO 200 (Kodak Gold 200) est souvent le meilleur compromis pour le Canonet — assez sensible pour l’ombre, assez lent pour gérer le plein soleil sans filtre. Pour revoir les fondamentaux d’exposition qui s’appliquent aussi bien en numérique qu’en argentique, les 5 éléments essentiels de la photographie rappellent les bases.
Comment savoir si le film avance (système QL)
Le système Quick Loading du Canonet est l’un des plus simples de sa génération : posez l’amorce sur le repère orange, fermez le dos, avancez 3–4 fois. L’indicateur de chargement (petite fenêtre avec des barres rouges, sous le levier d’armement) doit bouger à chaque avance. Si les barres sont immobiles : le film n’avance pas — rouvrez le dos et vérifiez le positionnement de l’amorce.
FAQ — Canon Canonet G-III QL17

Est-ce que le Canonet QL17 G-III vaut le coup en 2026 ?
Quelle pile pour un Canonet G-III QL17 sans fausser la cellule ?
Comment charger un film avec le système Quick Loading (QL) ?
Le 40 mm f/1.7 est-il exploitable à pleine ouverture en street ?
Quels défauts vérifier avant d’acheter un Canonet QL17 d’occasion ?
Quelle alternative au Canonet QL17 si je veux un télémétrique fiable ?
Comment savoir si le télémètre est bien calé (infini / proche) ?
Quelle pellicule choisir avec la cellule du Canonet ?
Notre avis final
Le Canon Canonet G-III QL17 mérite sa réputation de télémétrique compact abouti pour la street et le voyage. Son 40 mm f/1.7, son obturateur central silencieux et sa construction solide en font un appareil plaisant — quand il est en bon état.
Préférez une alternative si : vous ne voulez pas gérer la pile 1,35 V, vous avez besoin d’autofocus, ou l’idée de vérifier un boîtier de 40 ans ne vous convient pas. Si en revanche vous cherchez l’expérience télémétrique à objectif fixe, le silence d’un obturateur central, et le plaisir de ralentir avec une pellicule 35 mm — le Canonet G-III QL17 reste l’un des meilleurs rapports qualité/plaisir/prix de l’argentique en 2026.
Si l’argentique vous intrigue mais que l’occasion vous fait peur, un appareil photo jetable reste une porte d’entrée sans risque. Pour les caractéristiques officielles complètes, la référence reste la fiche du Canon Camera Museum. Et pour remettre l’appareil dans son contexte historique, la page Wikipédia donne un résumé utile. La fiche de collection-appareils.fr complète la documentation Canon pour les passionnés d’histoire.
Check-list avant de vous lancer :
- Trouvez un exemplaire : plateformes d’occasion, boutiques argentique spécialisées, vendeurs réviseurs. Exigez des photos du viseur, de l’optique et des mousses. Un exemplaire révisé est toujours préférable.
- Vérifiez-le : appliquez les 10 contrôles (15 min). Achat en ligne → vendeur qui accepte le retour. Contrôles 1 à 4 (optique, télémètre, obturateur) sont éliminatoires.
- Réglez la question pile : choisissez votre option (zinc-air, adaptateur MR-9, ou LR44 + compensation ISO). Calibrez avec un posemètre smartphone avant de charger votre premier film.
- Chargez et sortez : un film ISO 200 ou 400, le mode A à 1/125 s ou 1/250 s, et c’est parti. Le Canonet fait le reste.

