Verdict express : Le Panasonic Lumix S 14-28mm f/4-5.6 Macro est un choix évident si vous cherchez un ultra grand-angle compact (345 g selon Panasonic) pour le voyage, l’immobilier ou le gimbal, avec filtres 77 mm et capacité proxy 0,5x. Passez votre chemin si la basse lumière ou l’astrophoto sont vos priorités : l’ouverture glissante f/4-5.6 et la dépendance aux corrections logicielles sont ses compromis assumés.
Le Panasonic Lumix S 14-28mm f/4-5.6 Macro (référence S-R1428) a un profil qui parle immédiatement aux photographes et vidéastes qui veulent « voir large » sans transformer leur sac (ou leur gimbal) en enclume. Sur le papier, il coche trois cases rares ensemble : un vrai 14 mm pour les intérieurs, l’architecture ou l’immobilier, une capacité proxy/macro (0,5x à 28 mm, distance mini 0,15 m selon Panasonic), et une compatibilité filtres 77 mm qui simplifie la vie en photo comme en vidéo.
Mais c’est aussi un objectif qui peut décevoir si on l’achète pour de mauvaises raisons. Son ouverture est variable (f/4–5.6) : si votre priorité est l’ambiance en basse lumière, les étoiles, ou un rendu plus « crémeux », il faut se poser la question d’une alternative plus lumineuse comme le Sigma 16-28mm f/2.8 DG DN. Et comme beaucoup d’ultra grand-angles modernes, une partie du résultat final dépendra de la manière dont vous acceptez (ou non) les corrections logicielles (distorsion, vignetage), surtout si vous photographiez des lignes droites et des murs clairs.
Avant d’aller plus loin, voici les caractéristiques officielles Panasonic (macro 0,5x, MAP mini 0,15 m, filtres 77 mm). Pour comprendre pourquoi les alternatives Sigma/Panasonic existent et se complètent, Panasonic résume le système monture L ici.
Dans ce guide, l’objectif n’est pas de réciter une fiche technique : on va traduire les specs en décisions concrètes, avec 6 mini-tests standardisés que vous pouvez faire chez vous (ou dès la réception) pour savoir si ce 14-28 est le bon choix dans votre usage. Et si ce n’est pas le cas, vous aurez un comparatif court d’alternatives réalistes en monture L, faciles à trouver en France.
Les 5 questions à se poser avant de choisir ce 14-28mm

Avant de sortir la carte bleue, prenez cinq minutes pour répondre honnêtement à ces questions. Elles vous éviteront un aller-retour SAV ou une revente à perte.
Avez-vous vraiment besoin de 14 mm (immobilier, intérieur, paysage) ?
Oui si vous shootez régulièrement des pièces étroites, des couloirs, ou de l’architecture en ville où vous ne pouvez pas reculer. Non si votre usage se limite au paysage en extérieur avec de l’espace.
14 mm vs 16 mm : ce que ça change concrètement
Sur capteur plein format, le champ de vision diagonal passe de ~114° (14 mm) à ~107° (16 mm). En pratique, dans une pièce de 3 m de large, à 14 mm vous captez tout le mur sans reculer ; à 16 mm, il vous faut environ 30-40 cm de recul supplémentaire. Pour une chambre de 9 m², c’est souvent la différence entre « photo possible » et « photo impossible ». Si vos intérieurs font plus de 15 m², un 16 mm suffira dans 90 % des cas.
Pour approfondir ce choix de focale, consultez notre guide sur les meilleurs objectifs grand-angle qui compare 14 mm, 16 mm et 20 mm selon les sujets.
Votre priorité, c’est le poids/compact… ou la lumière (f/2.8) ?
Oui si vous voulez un ultra grand-angle qui ne plombe pas le sac (~345 g selon Panasonic) et s’équilibre facilement sur gimbal. Non si vous filmez des événements en intérieur sombre ou faites de l’astrophoto.
L’ouverture glissante f/4-5.6 implique un compromis réel : à 28 mm, vous êtes à f/5.6, soit environ 1 à 1,5 IL de moins qu’un f/2.8. En intérieur peu éclairé, cela se traduit par une montée en ISO plus rapide ou une vitesse plus lente. Pour les scènes nocturnes ou la photo de nuit, un f/2.8 sera plus adapté.
Photo seule ou usage vidéo (gimbal, breathing, filtres) ?
Oui si vous filmez des vlogs, du B-roll ou du contenu au gimbal. Le diamètre de filtre 77 mm est un standard répandu : vous pouvez réutiliser vos filtres ND ou polarisants CPL existants sans adaptateur.
Côté focus breathing (ce léger « zoom » parasite lors des transitions de mise au point), Panasonic annonce un mécanisme de réduction intégré. C’est une promesse constructeur, pas un test indépendant : la section « mini-tests maison » vous expliquera comment le vérifier vous-même. Pour l’usage vidéo avancé sur Lumix, consultez notre test du Lumix S5 IIX.
Retouche OK (corrections) ou besoin de « lignes parfaites » direct ?
Oui si vous travaillez en RAW et acceptez d’appliquer un profil de correction. Non si vous livrez en JPEG direct sans retouche et exigez des lignes parfaites à la prise de vue.
Comme la plupart des ultra grand-angles compacts modernes, ce 14-28 s’appuie sur les corrections logicielles pour la distorsion et le vignetage. La section suivante détaille l’impact réel de ces corrections.
Macro/proxy : gadget ou vrai besoin ?
Oui si vous avez besoin de plans proxy occasionnels (packshot léger, textures, B-roll détails). Non si vous faites de la « vraie » macro d’insectes ou de timbres.
Le rapport 0,5x et la distance mini de 0,15 m (mesurée depuis le plan du capteur, pas la lentille frontale) permettent de remplir le cadre avec un objet d’environ 7 cm sur un capteur plein format. Suffisant pour du packshot léger ou des plans de coupe, pas pour de la macro 1:1.
Ce que disent les specs (et ce que ça change sur le terrain)

Les caractéristiques techniques ne mentent pas, mais elles ne disent pas tout. Voici comment traduire les données constructeur en informations utiles.
Formule optique : ce que Panasonic annonce
Selon Panasonic, l’objectif comprend 14 éléments en 10 groupes, incluant 1 lentille asphérique ED (ASPH/ED), 1 lentille asphérique (ASPH), 3 lentilles ED (Extra-low Dispersion) et 1 lentille UHR (Ultra-High Refractive). Cette combinaison vise à minimiser les aberrations chromatiques et de grossissement tout en maintenant un gabarit compact.
En pratique, les retours indiquent une bonne maîtrise du flare et des aberrations chromatiques latérales, même en contre-jour. Pour optimiser la gestion du flare, un pare-soleil adapté reste utile dans les conditions difficiles.
Macro 0,5x + MAP 0,15 m : à quoi s’attendre vraiment
La distance de 0,15 m est mesurée depuis le plan du capteur (symbole φ sur le boîtier), pas depuis la lentille frontale. En pratique, il reste environ 5-6 cm entre la lentille et le sujet à 28 mm. Attention aux ombres portées si vous éclairez de face.
Checklist « proxy utile »
- Packshot léger (bijoux, objets < 10 cm) : adapté
- Textures et détails (tissu, bois, nourriture) : adapté
- B-roll vidéo (plans de coupe détails) : adapté
- Macro d’insectes ou philatélie : non adapté (rapport insuffisant)
Filtres 77 mm : intérêt photo/vidéo
Le diamètre 77 mm est un standard « pro » répandu. Si vous possédez déjà des filtres ND, ND variables, ou polarisants en 77 mm, ils se montent directement. Point de vigilance : avec un ultra grand-angle, certains filtres épais peuvent créer du vignetage mécanique à 14 mm. Privilégiez des filtres slim.
Tropicalisation et froid : utile si vous shootez dehors
Panasonic annonce une construction résistante aux projections, à la poussière et une utilisation possible jusqu’à -10°C. La lentille frontale avec revêtement fluoré facilite le nettoyage. Ce n’est pas une étanchéité totale : évitez les averses battantes sans protection.
Ce que les corrections logicielles changent vraiment
C’est le sujet que presque personne ne traite bien — et pourtant, il est déterminant pour votre décision. Voici ce que vous devez savoir.
Angle de champ effectif : avant et après correction
En RAW non corrigé à 14 mm, l’objectif capture un champ légèrement plus large que les 114° annoncés. La correction de distorsion « recadre » l’image pour redresser les lignes, ce qui réduit légèrement le champ effectif final (environ 2-3° de moins). Ce n’est généralement pas visible à l’usage, mais c’est bon à savoir si vous comparez avec un autre 14 mm sur mesures brutes.
Étirement des coins et perte de micro-détail
La correction de distorsion en barillet « étire » les coins de l’image. Résultat : une légère perte de netteté perçue dans les angles, même si l’optique elle-même est correcte. C’est particulièrement visible sur des sujets texturés (mur en briques, carrelage). En fermant à f/8, la netteté d’ensemble s’améliore et l’effet devient moins perceptible.
Conséquences concrètes en immobilier et architecture
Pour la photo d’architecture et d’intérieurs :
- En JPEG avec corrections boîtier activées : résultat propre, lignes droites, prêt à livrer
- En RAW sans correction : distorsion en barillet visible, vignetage marqué dans les coins
- En RAW avec profil Lightroom/Capture One : correction en un clic, résultat équivalent au JPEG
Les 6 mini-tests standardisés pour valider votre choix (et votre exemplaire)

Vous avez commandé le 14-28 ou vous hésitez encore ? Voici 6 protocoles de vérification simples à faire chez vous, sans matériel de labo, pour savoir si l’objectif correspond à vos attentes — et si votre exemplaire est bon. Chaque test inclut les réglages, ce qu’il faut observer, le seuil d’alerte, et quoi faire en cas de problème.
Test 1 : Netteté des coins à 14 mm
Protocole standardisé
Test 2 : Distorsion et lignes d’architecture
Protocole standardisé
Test 3 : Vignetage (ciel uniforme ou mur blanc)
Protocole standardisé
Test 4 : Flare et étoiles (contre-jour)
Protocole standardisé
Test 5 : Capacité proxy/macro
Protocole standardisé
Test 6 : Focus breathing et transitions vidéo
Protocole standardisé
Pour stabiliser vos sessions de test et vos compositions paysage, un trépied de voyage léger fait toute la différence.
Pour qui ce 14-28mm est une évidence… et pour qui c’est une mauvaise idée

À qui s’adresse ce zoom ultra grand-angle ?
Oui si…
- Vous faites de l’immobilier, de l’architecture ou des intérieurs et avez besoin d’un vrai 14 mm compact
- Vous voyagez léger et voulez un ultra grand-angle qui ne plombe pas le sac (~345 g)
- Vous filmez au gimbal et cherchez un objectif facile à équilibrer avec filtres 77 mm
- Votre budget est maîtrisé et vous acceptez l’ouverture glissante f/4-5.6
- Vous faites de la retouche et les corrections logicielles ne vous dérangent pas
- Vous avez besoin d’une capacité proxy/macro occasionnelle (plans de coupe, détails)
Non si…
- Vous shootez en basse lumière (événements, concerts, intérieurs sombres) — f/5.6 à 28 mm sera limitant
- Vous faites de l’astrophotographie et avez besoin d’un f/2.8 ou plus lumineux
- Vous voulez un bokeh prononcé (l’ouverture ne le permet pas)
- Vous exigez des coins parfaits à 14 mm sans aucune correction
- Vous refusez catégoriquement la retouche et les corrections logicielles
Profils « oui » détaillés
Le photographe de voyage qui veut un seul zoom ultra grand-angle léger trouvera son compte. Le vidéaste qui filme des vlogs au gimbal appréciera le gabarit et la compatibilité filtres. L’agent immobilier ou le photographe d’intérieurs qui a besoin de 14 mm sans se ruiner a une option crédible.
Si vous êtes équipé d’un Lumix S5 II ou S5 IIX, la stabilisation capteur (IBIS) compense en partie l’ouverture modeste en photo. Consultez notre test du Lumix S5 II pour voir comment l’IBIS se comporte avec des optiques de cette gamme. Pour une vue d’ensemble des objectifs compatibles, notre sélection des meilleurs objectifs L-Mount peut vous aider à construire un parc cohérent.
Profils « non » détaillés
Si vous photographiez la Voie lactée, les aurores boréales, ou des événements en faible lumière, l’ouverture f/4-5.6 sera un frein réel. Chaque IL compte dans ces situations. Pour ces usages, consultez nos recommandations d’objectifs lumineux pour la nuit.
Si vous cherchez un ultra grand-angle pour faire ressortir un sujet avec un arrière-plan flou, ce n’est pas le bon outil : la combinaison focale courte + ouverture modeste donne une grande profondeur de champ, pas un bokeh crémeux. Et si vous hésitez entre zoom et focale fixe pour maximiser l’ouverture, notre guide objectif fixe vs zoom vous aidera à trancher.
Comparatif rapide : 3 alternatives réalistes en monture L

Voici un comparatif orienté usage, pas une liste de specs. L’objectif : vous aider à choisir l’option la plus cohérente pour votre pratique. Tous ces objectifs sont disponibles en France et compatibles avec l’écosystème L-Mount.
| Objectif | Meilleur pour | Compromis | Prix indicatif |
|---|---|---|---|
| Panasonic 14-28mm f/4-5.6 | Immobilier, voyage, gimbal | Ouverture glissante, corrections nécessaires | 624,99 € |
| Sigma 16-28mm f/2.8 DG DN | Basse lumière, événements, créativité | Moins large (16 mm), ~450 g | 899,00 € |
| Panasonic S PRO 16-35mm f/4 | Polyvalence, qualité Leica | Moins large (16 mm), ~500 g | 1 147,04 € |
| Panasonic 20-60mm f/3.5-5.6 | Voyage tout-en-un, budget | Pas vraiment UGA (20 mm) | 465,70 € |
Prix indicatifs, susceptibles d’évoluer. Dernier contrôle : janvier 2026.
Pourquoi 16 mm peut suffire (et quand non)
Le 16 mm est suffisant pour la plupart des paysages, l’architecture extérieure, et les intérieurs spacieux (> 15 m²). Il ne suffira pas pour les petites salles de bain, les couloirs étroits, ou les studios parisiens où chaque centimètre compte. Si vos intérieurs font régulièrement moins de 12 m², le 14 mm fait la différence.
Panasonic 14-28mm f/4-5.6
Plus cohérent si le poids, le 14 mm et le budget sont vos priorités. Idéal pour le voyage, l’immobilier, le gimbal léger.
Sigma 16-28mm f/2.8
Plus cohérent si vous filmez ou shootez souvent en basse lumière, ou si vous voulez plus de possibilités créatives (bokeh, ambiance). Notre test complet du Sigma 16-28mm f/2.8 détaille ses performances.
Pour situer le 14-28, le Lumix S PRO 16-35mm f/4 reste l’autre option « propre et constante » chez Panasonic. Plus lourd, mais ouverture fixe et plage focale étendue jusqu’à 35 mm — pertinent si vous voulez un seul zoom pour grand-angle et reportage.
Prix et disponibilité (repère de fraîcheur)
Prix indicatif neuf
Au moment de la rédaction (janvier 2026), le Panasonic Lumix S 14-28mm f/4-5.6 Macro (référence S-R1428E) est disponible neuf autour de 624,99 €. Ce prix peut varier selon les offres en cours, les kits boîtier+objectif, et les périodes promotionnelles (Black Friday, soldes).
Comparez toujours avec les revendeurs photo spécialisés (Miss Numérique, Digit-Photo, Photo-Univers) qui peuvent proposer des prix ou des services différents.
Occasion : quoi vérifier
- Jeu des bagues : zoom et mise au point doivent tourner sans jeu excessif ni point dur
- Mise au point : AF rapide, silencieux, sans hésitation ; MF fluide
- Poussières : quelques poussières internes sont normales ; champignons ou rayures sont rédhibitoires
- Décentrement : faire le test des coins dès réception
- Contacts électroniques : pas d’oxydation ni de traces suspectes sur la monture
FAQ: Panasonic Lumix S 14-28mm f/4-5.6
Conclusion : votre décision en 60 secondes

Le Panasonic Lumix S 14-28mm f/4-5.6 Macro est un ultra grand-angle cohérent pour les photographes et vidéastes en monture L qui veulent du 14 mm sans le poids. Il excelle en voyage, immobilier, gimbal et intérieurs, avec un bonus proxy/macro appréciable. L’ouverture glissante et la dépendance aux corrections logicielles sont ses compromis assumés — à accepter en connaissance de cause.
En résumé :
- Achetez-le si vous avez besoin de 14 mm, de légèreté (~345 g), et que f/4-5.6 ne vous bloque pas
- Passez votre chemin si la basse lumière ou l’astro sont vos priorités — un f/2.8 sera plus adapté
- Faites les 6 mini-tests dès réception pour valider votre exemplaire
- Comparez avec le Sigma 16-28 f/2.8 ou le Lumix S PRO 16-35 f/4 si vos besoins sont différents
Pour aller plus loin, notre guide objectif fixe vs zoom vous aidera à arbitrer entre ouverture, poids et polyvalence selon votre pratique.

