Le Panasonic LUMIX S 20-60mm f/3.5-5.6 propose une approche différente du zoom standard : plutôt que de miser sur la portée téléobjectif, il élargit l’angle de champ vers l’ultra grand-angle. Avec ses 350 g et sa distance minimale de mise au point de 15 cm, cet objectif de kit repense les priorités. Mais cette philosophie tient-elle ses promesses sur le terrain ?
J’ai testé cet objectif pendant quatre semaines sur Lumix S5 II et S5, en conditions réelles : reportage familial, architecture intérieure, paysages urbains et vidéo main levée. L’objectif de ce test : déterminer si le 20-60 mérite sa place dans votre sac ou s’il est temps d’envisager une montée en gamme.
Ce qui le différencie des 24-70mm classiques, c’est son départ à 20mm — soit environ 20% de champ supplémentaire en largeur par rapport à un 24mm. En intérieur ou en architecture, ces quelques millimètres changent tout. Mais l’absence de stabilisation optique intégrée et l’ouverture variable f/3.5-5.6 imposent aussi des compromis qu’il faut accepter.
Verdict express : Le 20-60mm est un zoom de kit intelligent qui excelle en intérieur et en proxiphoto, grâce à son 20mm et sa MAP à 15 cm. Ses limites apparaissent en basse lumière (ouverture variable, pas d’OIS) et en reach téléobjectif (60mm seulement). Idéal pour qui privilégie la polyvalence compacte au détriment de la luminosité.
Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait
Le 20-60mm convient à certains profils et en déçoit d’autres. Avant d’investir, identifiez si vos besoins correspondent à ses forces ou à ses limites.
Ce zoom est fait pour vous si :
- Vous photographiez souvent en intérieur : le 20mm cadre nettement plus large qu’un 24mm dans les pièces exiguës
- Vous recherchez un kit léger : 350 g seulement, tropicalisé, compact une fois rétracté
- Vous filmez en vlog ou reportage : breathing quasi imperceptible, AF silencieux
- Vous aimez la proxiphoto spontanée : 15 cm de MAP et 0,43× de grossissement ouvrent des possibilités créatives
- Vous débutez en plein format Lumix : c’est l’objectif de kit idéal pour apprendre le système
Ce zoom n’est PAS fait pour vous si :
- Vous travaillez souvent en basse lumière : f/5.6 à 60mm impose de monter en ISO
- Vous avez besoin de reach : 60mm ne remplace pas un 70-200 pour le portrait serré ou le sport
- Vous filmez à main levée sans trépied : l’absence d’OIS sollicite beaucoup l’IBIS du boîtier
- Vous cherchez un bokeh crémeux : f/5.6 à 60mm limite fortement le flou d’arrière-plan
Ce que dit la fiche technique — et ce que ça change sur le terrain

Les spécifications du 20-60mm révèlent ses priorités de conception. Analysons les quatre caractéristiques qui impactent réellement la prise de vue.
20mm au grand-angle : ce que ça apporte concrètement
Le 20mm cadre environ 20% plus large qu’un 24mm classique (ordre de grandeur géométrique sur plein format). En pratique, dans une pièce de taille moyenne, cette différence permet souvent de reculer d’un ou deux pas de moins pour capturer l’ensemble d’une scène.
J’ai constaté cet avantage particulièrement en reportage intérieur : là où mon ancien 24-70mm me forçait à coller au mur, le 20mm m’offrait une marge de manœuvre appréciable. Pour la photographie d’architecture intérieure, c’est un atout indéniable.
Distance minimale de 15 cm : la proxiphoto accessible
Avec une MAP à 15 cm (entre 20 et 26mm) et un grossissement de 0,43×, le 20-60mm permet de photographier des sujets de petite taille sans objectif macro dédié. Une pièce de 2 euros remplit facilement le cadre.
Cette capacité s’avère utile au quotidien : détails de plats, textures, objets de collection. Ce n’est pas un vrai macro (rapport 1:1), mais pour de la proxiphoto spontanée, c’est largement suffisant.
Absence de stabilisation optique (OIS) : un choix assumé
Le 20-60mm ne possède pas de stabilisation optique intégrée. Il s’appuie entièrement sur l’IBIS des boîtiers Lumix S. Sur le S5 II, Panasonic annonce jusqu’à 5 stops de compensation (selon les conditions).
En pratique, à 60mm et en photo, j’ai obtenu des images nettes à 1/30s dans de bonnes conditions de stabilité. En vidéo main levée en marchant, l’absence d’OIS se ressent davantage — le Dual IS combiné ne suffit pas toujours pour des plans fluides sans accessoire de stabilisation externe.
Pour les vidéastes sérieux, c’est un point à considérer : un 24-105mm f/4 avec OIS intégré offrira une meilleure stabilisation en mouvement.
Construction compacte : 350 g et filtre 67mm
Avec 87 mm de long (rétracté) et 350 g, le 20-60mm forme un ensemble équilibré avec les boîtiers Lumix S5/S5 II. Le diamètre de filtre 67mm est partagé avec plusieurs optiques de la gamme, ce qui simplifie l’investissement en filtres CPL ou ND variables.
La tropicalisation (résistance à la poussière, aux éclaboussures, au froid jusqu’à -10°C) rassure pour une utilisation en extérieur.
Méthodologie de test et journal de terrain
Pour garantir la fiabilité de ce test, j’applique un protocole reproductible et je documente précisément les conditions de prise de vue.
Journal de test
- Durée : 4 semaines d’utilisation quotidienne
- Boîtiers utilisés : Panasonic Lumix S5 II (firmware 2.4) et Lumix S5 (firmware 2.6)
- Logiciel de traitement : Lightroom Classic 13.1, profils Adobe Standard
- Corrections boîtier : correction distorsion activée (profil embarqué), vignetage corrigé en post
- Conditions non testées : pluie battante, températures négatives, vidéo 4K 120p
Matériel complémentaire utilisé
- Trépied carbone Manfrotto 190
- Carte SD UHS-II 128 Go
- Filtre CPL Hoya HD 67mm (pour tests flare)
Scènes standardisées de test
J’ai photographié les mêmes types de scènes à différentes focales et ouvertures pour évaluer la cohérence des performances :
- Paysage urbain à 20mm : évaluation du piqué centre/bords, distorsion, vignetage
- Intérieur avec verticales : correction géométrique, comportement en basse lumière
- Reportage familial : réactivité AF, suivi de sujet, comportement en rafale
- Proxiphoto table : MAP minimale, qualité de bokeh, aberrations chromatiques
- Vidéo main levée : breathing, bruit moteur AF, stabilisation combinée
Ce que j’ai constaté sur le terrain

Après quatre semaines d’utilisation intensive, voici les observations concrètes issues de mes sessions de test.
À 20mm en paysage et architecture
Le 20mm délivre un piqué très satisfaisant au centre dès f/3.5. Les bords gagnent en netteté à f/5.6-f/8. La distorsion en barillet, visible sans correction, est largement corrigée par le profil embarqué du boîtier — les verticales apparaissent quasi droites après correction sur mes fichiers.
Le vignetage à f/3.5 est perceptible (assombrissement visible dans les coins), mais se corrige facilement en post-traitement sans perte de qualité notable.
En intérieur avec faible lumière
C’est ici que l’ouverture variable montre ses limites. À f/3.5 (20mm), la luminosité reste acceptable. Mais dès qu’on zoome vers 60mm (f/5.6), la montée en ISO auto devient nécessaire pour maintenir une vitesse d’obturation correcte.
En pratique, avec l’IBIS du S5 II, j’ai pu descendre à 1/40s à 60mm avec un taux de réussite acceptable (estimation visuelle : environ 7-8 images nettes sur 10 en conditions calmes). Au-delà, le flou de bougé devient visible.
Reportage familial : autofocus et réactivité
L’AF du 20-60mm, couplé au système de détection de phase du S5 II, s’est montré fiable dans mes sessions de test. Sur plusieurs centaines de photos de reportage (enfants en mouvement, conditions d’éclairage variables), le taux de photos exploitables était très satisfaisant.
La combinaison 20mm + MAP rapprochée permet des plans « immersifs » en reportage — l’enfant au premier plan avec le contexte familial visible derrière. Un usage que j’ai particulièrement apprécié.
Vidéo : breathing et stabilisation
Panasonic annonce une suppression du breathing sur cet objectif. Dans mes tests, le changement d’angle de champ lors des transitions de mise au point reste discret, bien en dessous de ce que j’observe sur des zooms non optimisés vidéo.
En revanche, pour la vidéo main levée en marchant, l’absence d’OIS se ressent. Le Dual IS (IBIS seul) compense bien en plan fixe ou en mouvement lent, mais montre ses limites en déplacement rapide. Un gimbal ou un objectif stabilisé optiquement sera préférable pour ce type d’usage.
Qualité d’image : analyse détaillée
Au-delà des impressions de terrain, examinons les performances optiques mesurables.
Piqué : centre vs bords à différentes ouvertures
À 20mm f/3.5, le centre est très piqué — les détails fins sont bien rendus sur mon capteur 24 MP du S5 II. Les bords montrent un léger adoucissement, qui se résorbe en fermant à f/5.6.
À 60mm f/5.6, la netteté est homogène sur l’ensemble du champ. C’est à cette focale que l’objectif semble le plus « régulier » en termes de piqué global.
Vignetage et distorsion
Le vignetage à pleine ouverture est visible mais facilement corrigeable. La distorsion en barillet à 20mm, typique des ultra grand-angles, est bien gérée par le profil de correction automatique. Sans correction, elle reste modérée et acceptable pour du reportage.
Aberrations chromatiques
Les franges violettes sur les hauts contrastes (branches sur ciel lumineux) apparaissent dans certaines conditions, mais restent discrètes et corrigeables en post. Ce n’est pas un point faible marquant de cet objectif.
Bokeh à f/5.6 : soyons réalistes
À f/5.6 et 60mm, le bokeh existe mais reste limité. Pour un portrait avec flou d’arrière-plan prononcé, une focale fixe lumineuse sera bien plus adaptée. Le 20-60mm n’est pas conçu pour cet usage — il excelle ailleurs.
Limites, défauts et points à améliorer
Aucun objectif n’est parfait. Voici les limitations concrètes que j’ai identifiées.
- Ouverture variable f/3.5-5.6 : limitante en basse lumière, impose de monter en ISO
- Pas de stabilisation optique : pénalisant en vidéo main levée et en photo à vitesse lente
- 60mm seulement : pas de vrai téléobjectif pour portraits serrés ou sujets distants
- Construction plastique : solide mais moins premium que les zooms Pro
- Bague de zoom ferme : rotation nécessitant un peu de force, surtout par temps froid
Ce que dit le marketing vs ce que j’ai constaté
| Promesse marketing | Réalité terrain |
|---|---|
| « Ultra grand-angle 20mm » | Vrai — différence visible vs 24mm en intérieur |
| « Compact et léger » | Vrai — 350 g, très équilibré sur S5/S5 II |
| « Idéal pour la vidéo » | Partiellement — breathing bien géré, mais OIS manquant |
| « Polyvalent » | Vrai pour son segment — mais limites en basse lumière |
Signaux qu’il est temps d’upgrader
Si vous possédez le 20-60mm et rencontrez régulièrement ces situations, envisagez une montée en gamme :
- Vous montez systématiquement au-dessus de 3200 ISO en intérieur
- Vous regrettez souvent de ne pas avoir plus de reach (portraits, événements)
- Vos vidéos main levée manquent de stabilité malgré l’IBIS
- Vous cherchez un bokeh plus prononcé pour vos portraits
Comparatif rapide avec les alternatives L-Mount
Pour contextualiser le 20-60mm, comparons-le aux alternatives les plus pertinentes en monture L.
| Objectif | Plage focale | Ouverture | Stabilisation | Poids | Usage principal |
|---|---|---|---|---|---|
| Lumix S 20-60mm f/3.5-5.6 | 20-60mm | f/3.5-5.6 | Non | 350 g | Kit polyvalent, intérieur |
![]() Lumix S 24-105mm f/4 |
24-105mm | f/4 constant | Oui (OIS) | 680 g | Polyvalent stabilisé, vidéo |
![]() Lumix S 14-28mm f/4-5.6 |
14-28mm | f/4-5.6 | Non | 345 g | Ultra grand-angle, paysage |
![]() Sigma 24-70mm f/2.8 DG DN II Art |
24-70mm | f/2.8 constant | Non | 745 g | Pro polyvalent, basse lumière |
![]() Lumix S 28-200mm f/4-7.1 |
28-200mm | f/4-7.1 | Oui (OIS) | 413 g | Voyage tout-en-un |
Quel objectif selon votre usage prioritaire ?
Pour le voyage léger
Le duo 20-60mm + boîtier compact (S5/S9) forme un kit sous le kilo, idéal pour le voyage. Si vous voulez encore plus de polyvalence sans changer d’objectif, le 28-200mm f/4-7.1 couvre du grand-angle au téléobjectif en une seule optique.
Pour la vidéo sérieuse
L’absence d’OIS du 20-60mm pénalise la vidéo main levée. Privilégiez le 24-105mm f/4 avec stabilisation optique, ou le Lumix S5 II avec son IBIS renforcé si vous restez sur le 20-60mm.
Prix et disponibilité
Le Panasonic LUMIX S 20-60mm f/3.5-5.6 est disponible seul ou en kit avec les boîtiers Lumix S5, S5 II et S9.
| Aperçu | Produit | Evaluation | Prix | |
|---|---|---|---|---|
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Panaso... | 465,70 € | VOIR L'OFFRE |
Prix vérifié le 21 janvier 2026. Les prix peuvent varier selon les promotions en cours.
FAQ — Panasonic LUMIX S 20-60mm f/3.5-5.6

Le Panasonic 20-60mm est-il un bon objectif ?
Oui, le 20-60mm est un excellent objectif de kit pour le système Lumix S. Il excelle en intérieur grâce à son 20mm, offre une proxiphoto de qualité (MAP 15 cm), et reste compact (350 g). Ses limites apparaissent en basse lumière (ouverture variable) et pour les sujets distants (60mm max).
Le 20-60mm Lumix S est-il stabilisé ?
Non, le 20-60mm ne possède pas de stabilisation optique (OIS) intégrée. Il s’appuie sur la stabilisation capteur (IBIS) des boîtiers Lumix S. Sur un S5 II, Panasonic annonce jusqu’à 5 stops de compensation selon les conditions. Pour la vidéo main levée en mouvement, un objectif avec OIS sera préférable.
Quelle est la distance minimale de mise au point du 20-60mm ?
La distance minimale de mise au point est de 15 cm (entre 20 et 26mm de focale), permettant un grossissement maximal de 0,43×. Cela permet de photographier des sujets petits comme une pièce de monnaie en remplissant le cadre — une capacité proxiphoto appréciable pour un zoom standard.
Le 20-60mm est-il suffisant pour voyager ?
Oui, le 20-60mm est adapté au voyage si vous privilégiez le grand-angle (paysages, architecture, intérieurs). Sa compacité (350 g) est un atout. Si vous avez besoin de plus de reach (portraits serrés, faune), considérez le complémenter avec un téléobjectif compact ou opter pour le 28-200mm f/4-7.1 tout-en-un.
20-60mm ou 24-105mm f/4 : lequel choisir ?
Le 20-60mm convient mieux si vous photographiez souvent en intérieur (20mm utile) et cherchez la compacité. Le 24-105mm f/4 est préférable pour la vidéo (OIS intégré), les sujets plus distants (105mm), et si vous acceptez le poids supplémentaire (680 g vs 350 g).
Le 20-60mm est-il bon en basse lumière ?
Le 20-60mm présente des limitations en basse lumière dues à son ouverture variable (f/3.5 à 20mm, f/5.6 à 60mm). Vous devrez monter en ISO plus rapidement qu’avec un objectif f/2.8. Pour de la photo en conditions difficiles, un zoom lumineux comme le Sigma 24-70mm f/2.8 sera plus adapté.
Le 20-60mm est-il compatible avec tous les boîtiers Lumix S ?
Oui, le 20-60mm est compatible avec tous les boîtiers Lumix S en monture L : S1, S1R, S1H, S5, S5 II, S5 IIX, S9. Il fonctionne également avec les boîtiers Sigma fp/fp L et Leica SL/SL2 grâce à la compatibilité de la L-Mount Alliance.
Conclusion : faut-il acheter le Panasonic 20-60mm f/3.5-5.6 ?
Le Panasonic LUMIX S 20-60mm f/3.5-5.6 remplit parfaitement son rôle d’objectif de kit évolué. Son départ à 20mm, sa capacité proxiphoto et sa compacité en font un choix pertinent pour qui découvre le système Lumix S ou cherche un zoom léger pour le quotidien.
Ses limites — ouverture variable, absence d’OIS, reach limité à 60mm — sont connues et assumées. Si vos besoins évoluent vers la basse lumière, la vidéo stabilisée ou les sujets distants, les alternatives existent dans la gamme L-Mount.
Pour un premier objectif en plein format Lumix, difficile de faire mieux à ce niveau de prix et de compacité. Le 20-60mm n’est pas un objectif « extraordinaire » — c’est un objectif très bien pensé pour son usage.
Cet article a été mis à jour le 21 janvier 2026. Les informations techniques proviennent de la fiche officielle Panasonic et de mon expérience de test terrain.





