Test terrain du Nikon AF-S 85mm f/1.8G. Bokeh, piqué, AF : ce Nikkor vaut-il le coup pour vos portraits ?
Mis à jour le 5 février 26 — Temps de lecture : 22 minutes
Le Nikon AF-S 85mm f/1.8G fait partie de ces objectifs que tout photographe portrait Nikon a croisé au moins une fois. 85 mm, ouverture f/1.8, 350 g sur la balance, et une distance minimale de mise au point de 0,80 m — sur le papier, c’est l’outil portrait « simple et efficace » par excellence.
Mais en 2026, la question n’est plus « est-il bon ? ». C’est plutôt : est-il cohérent avec votre système (reflex Nikon F, ou hybride Z via bague FTZ) et votre façon de photographier (portrait posé, mariage, enfants, intérieur sombre) ? Si vous shootez des portraits posés en lumière naturelle, vous allez juger le rendu à pleine ouverture et la transition net/flou. Si vous couvrez des mariages ou photographiez des enfants, c’est la régularité de l’autofocus et votre taux de photos nettes qui comptent — et là, la méthode de test compte autant que le matériel.
Dans ce test, on isole les caractéristiques qui ont un impact réel sur le terrain, on propose un protocole reproductible pour vérifier ce qui dépend de votre boîtier (et de votre exemplaire), et on vous donne des alternatives crédibles si vous êtes déjà en monture Z. Pour les caractéristiques exactes (construction optique, distance mini, poids), je m’appuie sur la fiche officielle Nikon.
Le Nikon AF-S 85mm f/1.8G reste pertinent en 2026 pour le portrait sur reflex Nikon F : compact (350 g), net au centre dès f/1.8, bokeh agréable, rapport qualité/prix solide en neuf comme en occasion. Ses limites réelles : distance mini 0,80 m (pas de gros plans serrés), sensibilité au flare en contre-jour (pas de Nano Crystal Coat), et un AF à calibrer sur votre boîtier pour exploiter la pleine ouverture.
Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait
À qui s’adresse le Nikon AF-S 85mm f/1.8G ?
Oui si…
- Vous shootez du portrait (posé, couple, famille) sur reflex Nikon F et cherchez un 85 mm lumineux à prix raisonnable.
- Vous voulez un objectif léger (350 g) qui ne déséquilibre pas un D750, D780 ou D7500.
- Vous travaillez surtout en lumière naturelle et avez besoin d’ouvrir à f/1.8 pour isoler le sujet.
- Vous êtes prêt à calibrer l’AF (micro-ajustement) pour tirer le meilleur du piqué à pleine ouverture.
- Vous possédez déjà un reflex F et souhaitez un premier objectif portrait dédié, sans engagement financier lourd.
Non si…
- Vous êtes déjà full Nikon Z sans reflex : le NIKKOR Z 85mm f/1.8 S natif est plus cohérent (AF, optique, ergonomie).
- Vous photographiez dans des espaces très serrés (distance mini 0,80 m = pas de gros plan alliances/mains sans recadrage).
- Vous avez besoin d’un suivi AF ultra-réactif sur sujets rapides (sport, enfants qui courent vite) : l’accroche initiale est un cran en-dessous des standards actuels.
- Vous cherchez un « bokeh premium » aux ouvertures intermédiaires : 7 lamelles vs 9 sur le f/1.4G (ou 11 sur le Z 85mm f/1.2 S).
- Vous faites beaucoup de vidéo : pas de bague de diaphragme, bague de MAP étroite, pas de contrôle d’ouverture fluide.
Ce qu’il faut vérifier en 10 minutes (avant d’acheter ou de juger)

Avant de vous lancer dans un test approfondi ou de conclure que « l’objectif est mou », voici les 8 points à contrôler en priorité. C’est souvent là que se joue la différence entre un résultat décevant et un résultat excellent.
- Micro-ajustement AF : sur reflex (D750, D850, D500…), faites un test de calibration avec une mire ou un sujet à contraste élevé. Un décalage de ±5 peut transformer le rendu. Suivez notre guide Maîtriser la mise au point pour la méthode.
- Mode AF adapté : en portrait posé, utilisez AF-S + collimateur unique sur l’œil. En sujet mobile, passez en AF-C. Confusion fréquente → résultat fréquemment flou. Notre mémo sur les modes de mise au point détaille chaque cas.
- Vitesse d’obturation minimale : à 85 mm, visez au minimum 1/160 s à main levée (règle : 1/focale × 2 en sécurité). En dessous, le flou de bougé imite un problème de netteté optique.
- Distance mini 0,80 m : testez votre cadrage le plus serré. Si vous avez besoin de plans détails (alliances, mains, textures), cet objectif ne descend pas assez — prévoyez un complément. Notre guide photographier les alliances en mariage propose des alternatives.
- Contre-jour : faites un essai avec le soleil dans le cadre ou juste hors champ, avec et sans pare-soleil HB-62. Vous verrez vite le niveau de flare de votre exemplaire. Voir notre guide du contre-jour.
- Aberrations chromatiques : photographiez un sujet contrasté (branche sombre sur ciel clair) à f/1.8. Vérifiez les franges violettes/vertes sur les transitions nettes/floues — elles sont normales sur cet objectif mais corrigeables en post.
- Compatibilité boîtier : sur DX, le cadrage passe à ~127 mm (très serré en intérieur). Sur Z via FTZ, l’AF fonctionne mais la réactivité est un cran en-dessous du natif Z.
- État (si occasion) : lentille frontale (rayures, champignons), fonctionnement AF (pompage excessif ?), monture (jeu ?), contacts électriques (EXIF transmis ?).
À retenir : dans 70 % des cas où un photographe trouve cet objectif « décevant à f/1.8 », le problème vient d’un micro-ajustement AF non fait, d’un mode AF inadapté ou d’une vitesse d’obturation trop basse — pas de l’optique elle-même. Faites ces vérifications avant de juger.
Ce qu’un 85 mm f/1.8 change vraiment sur le terrain
Un 85 mm à f/1.8, ce n’est pas qu’une « focale portrait ». C’est un outil qui impose une distance de travail, un cadrage, et une gestion du flou spécifiques. C’est souvent là que se jouent les vraies bonnes surprises — ou les déceptions.
Distance de travail : portrait serré, recul nécessaire, petits espaces
À 85 mm sur capteur FX, pour un portrait buste, comptez 2 à 2,5 m. Pour un portrait visage serré, environ 1,2 à 1,5 m — vous approchez vite de la distance mini (0,80 m). Ce recul naturel a un avantage majeur : il réduit la déformation de perspective. Les proportions du visage restent naturelles, le nez n’est pas grossi, les oreilles ne disparaissent pas.
| Cadrage | Distance (FX) | Distance (DX, ~127 mm) | Faisable en intérieur ? |
|---|---|---|---|
| Portrait en pied | ~4,5–5 m | ~6–7 m | Rarement (salle ≥ 6 m) |
| Portrait buste | ~2–2,5 m | ~3–3,5 m | Oui (pièce standard) |
| Portrait visage | ~1,2–1,5 m | ~1,8–2 m | Oui |
| Gros plan détail | ≥ 0,80 m (limite) | ≥ 0,80 m (limite) | Impossible (trop serré) |
Pleine ouverture : ce que vous gagnez (et ce que vous compliquez)
À f/1.8 sur FX, la profondeur de champ est extrêmement fine. À 2 m de distance, selon le critère de netteté retenu et la distance exacte, elle est de l’ordre de 4 à 6 cm. Concrètement : mise au point sur l’œil le plus proche, et l’oreille est déjà dans le flou. C’est l’isolement du sujet recherché… mais c’est aussi ce qui rend la mise au point critique.
Comment vérifier : photographiez un sujet avec une règle graduée placée en diagonale. Faites la MAP sur un repère précis à f/1.8. En examinant le fichier à 100 %, vous verrez exactement la zone nette — et pourrez estimer la profondeur de champ réelle dans vos conditions.
À quelle distance faut-il se mettre avec un 85 mm pour un portrait naturel ?
La « distance idéale » dépend du cadrage voulu. Pour un portrait buste avec des proportions naturelles sur FX, 2 à 2,5 m est le repère. En dessous de 1,5 m, vous êtes dans le portrait très serré — excellent pour du « regard caméra » intense, mais attention à la profondeur de champ qui devient extrêmement mince. Au-delà de 3,5 m, vous intégrez davantage l’environnement — utile pour un portrait en contexte (rue, jardin, décor de mariage).
DX vs FX : quel cadrage vous obtenez
Sur DX (D7500, D500…), le facteur de recadrage 1,5x donne un cadrage équivalent ~127 mm. C’est très serré : le portrait buste devient portrait épaules, le recul nécessaire augmente. En extérieur avec de l’espace, ça fonctionne bien pour du portrait serré. En intérieur ou pour de la photo de groupe, c’est souvent trop contraignant — un 50 mm (équivalent ~75 mm sur DX) sera plus adapté.
Caractéristiques techniques utiles (celles qui ont un impact réel)
Source : les données ci-dessous proviennent de la fiche officielle Nikon. Elles sont séparées de nos constats terrain (section suivante).
Fiche technique — données constructeur
Distance mini 0,80 m : implications concrètes
0,80 m, c’est la longueur d’un bras tendu, bras + appareil inclus. En portrait standard, cette distance est rarement un problème (vous serez naturellement à 1,5–2,5 m). En revanche, pour des plans très serrés — détails mains, alliances, texture de peau en macro — le rapport de reproduction maximal de 0,12x rend l’exercice impossible sans recadrer massivement. Si ces plans détails font partie de votre workflow régulier (mariage, beauté), prévoyez un objectif complémentaire.
Diaphragme 7 lamelles : quand est-ce que ça se voit ?
À pleine ouverture (f/1.8), le diaphragme est grand ouvert : la forme des lamelles n’a aucun impact visible. C’est entre f/2.8 et f/5.6 que les points lumineux hors focus (guirlandes, reflets, lumières de ville) prennent une forme heptagonale au lieu de rester parfaitement ronds. Si vous photographiez souvent des scènes avec des points lumineux en arrière-plan à des ouvertures intermédiaires, c’est un détail à connaître. Les objectifs à 9 lamelles (85mm f/1.4G) ou 11 lamelles (Z 85mm f/1.2 S) produisent des disques de bokeh plus ronds dans ces conditions.
Construction 9 lentilles / 9 groupes : ce que ça ne dit pas
La formule optique est simple : pas de verre ED, pas d’élément asphérique, pas de Nano Crystal Coat. Cette sobriété explique le rapport qualité/prix, mais aussi certains comportements prévisibles : des aberrations chromatiques longitudinales (franges violettes/vertes sur les transitions nettes/floues à pleine ouverture), et une résistance au flare modérée. Le Super Integrated Coating (SIC) fait le travail courant, mais en contre-jour direct, la perte de contraste est un point à surveiller.
Protocole de test recommandé (reproductible)
Transparence : cette section décrit un protocole de test reproductible. Les résultats dépendent du couple boîtier + exemplaire d’objectif. Si vous ne disposez pas de nos conditions exactes, reproduisez ce protocole vous-même — c’est la méthode la plus fiable pour juger l’objectif dans votre contexte.
Structure du protocole
Le protocole couvre 4 scènes imposées, chacune testée en séries de 20 images dans les mêmes conditions (distance, ouverture, mode AF). On note le nombre de photos où la MAP est précisément sur la cible visée (l’œil, en portrait). Si une image sur trois ou plus est décalée, il faut suspecter un problème de calibration, de mode AF ou de vitesse d’obturation — pas nécessairement un défaut de l’objectif.
| Scène | Conditions | Ce qu’on évalue | Nb d’images |
|---|---|---|---|
| Portrait posé extérieur | Lumière naturelle, distance 1,5–3 m | Piqué à f/1.8, transition net/flou, rendu de peau | 20 |
| Intérieur faible lumière | ISO 1600–6400, vitesse mini 1/125 s | Accroche AF en basse lumière, bruit | 20 |
| Sujet mobile | Enfant marchant, déplacement latéral | Réactivité AF-C, constance de la MAP | 20 |
| Contre-jour | Soleil dans le cadre ou juste hors champ | Flare, ghosting, perte de contraste | 20 |
En intérieur, un 85 mm pousse vite à monter en ISO : notre guide sur le bruit en photographie aide à fixer une limite « qualité acceptable » selon votre boîtier. Pour le suivi AF en sujet mobile, le bouton arrière (AF-ON) est souvent plus efficace que le déclencheur mi-course.
Matériel associé
Matériel utilisé pour ce test
Boîtier DX (optionnel) : Nikon D7500
Bague FTZ II (test compatibilité Z)
Trépied (séries comparatives à ouvertures fixes)
Mire de calibration AF (LensAlign ou équivalent)
Tous les fichiers sont analysés en RAW (NEF) à 100 % dans Capture One ou Lightroom, sans accentuation supplémentaire. Les réglages JPEG du boîtier ne sont pas utilisés pour juger la netteté ou les aberrations.
Ce que ce test ne couvre pas
Ce protocole n’évalue pas : la vidéo avancée (suivi AF continu, transitions de MAP filmées), le sport rapide (athlètes, animaux), ni les performances au-delà de f/8 (diffraction). Si ces usages vous concernent, ce n’est probablement pas l’objectif adapté.
Ce que nous avons constaté sur le terrain
Distinction : les constats ci-dessous sont des observations faites dans les conditions décrites dans notre protocole. Chaque constat mentionne la scène, les réglages et les limites de l’observation. Si un point dépend fortement du boîtier ou de l’exemplaire, c’est indiqué.
Portrait posé : transition net/flou, tolérance de MAP, rendu de peau
Le Nikkor 85mm f/1.8G délivre un piqué solide au centre dès la pleine ouverture, ce que confirment les mesures publiées par des laboratoires comme OpticalLimits (tests sur D850). Sur un sujet à 2 m en AF-S collimateur unique, quand la MAP est précisément sur l’œil, le niveau de détail est excellent pour du portrait.
La transition net/flou est douce sans être aussi « fondue » qu’un f/1.4 — la différence se voit surtout sur les arrière-plans chargés à moyenne distance. La tolérance de MAP à f/1.8 est très faible (quelques centimètres). Ce n’est pas un défaut de l’objectif, c’est de la physique — mais c’est un paramètre à intégrer dans votre méthode de travail.
En termes de rendu de peau, les tons chair sont naturels, le micro-contraste suffisant pour un résultat « vivant » sans dureté. Pour aller plus loin sur la gestion de la lumière en portrait, notre guide sur l’éclairage plat et celui sur l’éclairage dramatique détaillent les setups qui tirent le meilleur de ce type d’optique.
Mariage / événement : accroche AF, régularité, confort d’usage
En contexte événementiel, l’accroche AF initiale peut demander une fraction de seconde de plus qu’un objectif professionnel type 70-200 f/2.8 — un comportement documenté par plusieurs testeurs et observé en lumière mixte (cérémonie intérieure). Une fois la MAP acquise, le suivi en AF-C est correct pour des sujets à déplacement modéré (marche, gestes, premiers pas de danse).
Le confort d’usage sur une journée est un vrai point fort : 350 g au bout du bras, c’est incomparablement plus léger qu’un 70-200 f/2.8. Si vous intervenez en tant que second photographe de mariage, ce type d’objectif est un allié logique pour les portraits volés et les émotions sans fatigue.
Contre-jour : perte de contraste, ghosting, flaring
C’est le point de vigilance principal. Sans Nano Crystal Coat, le 85mm f/1.8G est plus sensible au flare que le 85mm f/1.4G ou le NIKKOR Z 85mm f/1.8 S. Quand le soleil est dans le cadre, on observe dans notre protocole une perte de contraste globale et parfois des artefacts de ghosting. Le pare-soleil HB-62 atténue le problème mais ne l’élimine pas en contre-jour frontal direct.
Verdict terrain vs marketing
Pour maîtriser ces situations, notre guide du contre-jour en photographie détaille les techniques de contournement.
Pourquoi vos portraits sont mous à f/1.8 : diagnostic en 7 causes
Si vos résultats à pleine ouverture ne sont pas au niveau attendu, parcourez cette liste avant de remettre en question l’objectif. Dans la grande majorité des cas, le problème vient de l’un de ces 7 points.
Front/back focus non corrigé.Le problème le plus fréquent sur reflex. Faites un micro-ajustement AF avec une mire de calibration. Un décalage de ±3 à ±8 est courant et corrigeable.
Mode AF inadapté.AF-S (single) + collimateur unique pour le portrait posé. Si vous utilisez un mode zone ou auto, le boîtier peut choisir un point de focus différent de l’œil.
Vitesse d’obturation trop basse.À 85 mm, restez au-dessus de 1/160 s à main levée. En dessous, le flou de bougé mime un problème de netteté optique.
Mouvement du sujet entre MAP et déclenchement.À f/1.8, un balancement de 2–3 cm suffit à sortir de la zone nette. Déclenchez vite après l’accroche AF.
Point AF pas sur l’œil.En portrait, la MAP doit être sur l’œil le plus proche de l’objectif. Un écart de quelques millimètres est visible à 100 %.
Aberrations chromatiques confondues avec du flou.Les franges colorées (LoCA) à f/1.8 réduisent l’impression de netteté, surtout sur les liserés contrastés. Elles se corrigent en post-traitement. Ce n’est pas du « mou ».
Exemplaire défectueux (rare).Si après calibration et vérification des 6 points précédents le résultat reste décevant, faites tester l’objectif par un autre photographe ou en SAV. Un décentrement optique est possible mais peu fréquent.
Règle simple : si vous obtenez plus de 2 photos nettes sur 3 en AF-S collimateur unique à f/1.8 sur un sujet statique, l’objectif fonctionne correctement. Si c’est moins d’une sur trois, commencez par le point 1 (micro-ajustement).
Limites, défauts et points agaçants (transparence)

Les limites « de focale » (recul, polyvalence)
Pas de portrait en pied dans une pièce de moins de 5 m (FX). C’est un outil spécialisé : si vous n’avez qu’un seul objectif pour un événement, un 50 mm ou un 35 mm sera plus flexible. Sur DX (~127 mm), le portrait environnemental est quasiment impossible en intérieur.
Les limites « de situation » (intérieur, mouvement, contre-jour)
La distance mini 0,80 m interdit les gros plans détails sans recadrage. L’accroche AF en très basse lumière (cérémonie à la bougie) peut « pomper » — le comportement exact dépend aussi du module AF de votre boîtier. Le contre-jour reste le talon d’Achille (voir section dédiée). Les aberrations chromatiques longitudinales sont visibles à f/1.8 sur les transitions contrastées, mais corrigeables en post.
Est-ce que le 85mm f/1.8G marche bien sur Nikon Z avec une bague FTZ ?
Oui, avec des nuances. Le Nikon AF-S 85mm f/1.8G est compatible Nikon Z via la bague FTZ ou FTZ II. L’AF fonctionne, y compris l’Eye-AF. L’IBIS du boîtier Z compense l’absence de VR. Mais il y a des nuances importantes.
| Mini-test FTZ | Protocole | Constat attendu |
|---|---|---|
| Eye-AF portrait posé | 10 photos, sujet statique, f/1.8 | Eye-AF fonctionne, précision comparable au reflex avec micro-ajustement. Pas de front/back focus (MAP sur capteur). |
| Suivi latéral lent | 10 photos, sujet marchant latéralement | Suivi correct mais légèrement moins réactif qu’un objectif Z natif. Suffisant pour du portrait/événement. |
| AF faible lumière | 10 photos, intérieur sombre (ISO 3200+) | Accroche plus hésitante qu’un objectif Z natif avec moteur STM. Le « pompage » est possible dans des conditions extrêmes. |
À retenir : si vous possédez déjà un 85mm f/1.8G et migrez vers Nikon Z, il reste fiable via FTZ en solution transitoire — et vous gagnez même la suppression du front/back focus (MAP sur capteur). Mais si vous achetez un 85 mm neuf pour un système Z, le NIKKOR Z 85mm f/1.8 S natif est le choix long terme (AF natif, Nano Crystal Coat, piqué homogène bord à bord, 9 lamelles).
Comparatif rapide : Nikon AF-S 85mm f/1.8G vs alternatives 2026
Trois options crédibles aujourd’hui. Le choix dépend de votre système et de votre priorité.
| Modèle | Monture | Ouverture | Lamelles | Poids | Prix neuf (Amazon) | À retenir |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Nikon AF-S 85mm f/1.8G | Nikon F | f/1.8 | 7 | 350 g | 399,00 € | Option reflex, légère, rapport qualité/prix fort |
| NIKKOR Z 85mm f/1.8 S | Nikon Z | f/1.8 | 9 | 470 g | 773,90 € | Natif Z, AF rapide, Nano Crystal, piqué bord à bord |
| NIKKOR Z 85mm f/1.2 S | Nikon Z | f/1.2 | 11 | 1 160 g | 2 999,00 € | Bokeh extrême, rendu « 3D », budget/poids conséquents |
Décision en 30 secondes
- Vous êtes sur reflex Nikon F et voulez un 85 mm portrait : le AF-S 85mm f/1.8G reste le meilleur rapport qualité/prix, surtout en occasion. Calibrez l’AF et profitez.
- Vous êtes en transition reflex → Z (FTZ) : gardez votre 85mm f/1.8G en transitoire via FTZ. Investissez dans un Z natif quand le budget le permet.
- Vous êtes full Nikon Z : le NIKKOR Z 85mm f/1.8 S est le choix évident. Le Z 85mm f/1.2 S seulement si le bokeh et le « look » f/1.2 sont une priorité absolue.
Nikon AF-S 85mm f/1.8G
Le choix reflex F par excellence : compact, léger, piqué solide au centre dès f/1.8. Ses limites (contre-jour, AF initial, 7 lamelles) sont connues et gérables. Rapport qualité/prix imbattable en occasion.
NIKKOR Z 85mm f/1.8 S
L’investissement long terme en système Z : AF natif (Eye-AF rapide et silencieux), Nano Crystal Coat (moins de flare), piqué homogène sur tout le champ, 9 lamelles pour un bokeh plus rond. Plus cher, mais optiquement supérieur.
Prix et disponibilité
Prix neuf indicatif (Amazon)
Au dernier contrôle (février 2026), le Nikon AF-S 85mm f/1.8G est proposé à environ 399,00 € neuf sur Amazon.fr. Ce prix est indicatif et susceptible d’évoluer selon les périodes et les vendeurs.
Occasion : fourchettes et points à vérifier
Le 85mm f/1.8G est un objectif très courant sur le marché de l’occasion. On le trouve généralement entre 250 et 350 € en bon état (MPB, revendeurs photo, petites annonces). Avant d’acheter d’occasion :
- Lentille frontale : rayures, champignons, poussières internes visibles (inspecter avec une lampe).
- Fonctionnement AF : série de 10 photos en AF-S sur cible fixe — la MAP doit être régulière. Un objectif qui « pompe » excessivement peut avoir un problème mécanique.
- Monture : traces d’usure excessive, jeu anormal une fois monté sur le boîtier.
- Contacts électriques : le boîtier doit détecter l’objectif immédiatement, toutes les données EXIF doivent être transmises.
Le Nikon AF-S 85mm f/1.8G est-il toujours un bon objectif portrait ?
Conclusion : à qui le recommander en 2026 ?

Le Nikon AF-S 85mm f/1.8G n’est pas un objectif révolutionnaire — et c’est précisément sa force. C’est un outil simple, éprouvé, léger, qui fait ce qu’on lui demande en portrait sur reflex Nikon F sans complication. Sa pertinence en 2026 dépend de votre système et de vos attentes.
Avantages
- Piqué solide au centre dès f/1.8, excellent sur l’ensemble du champ à f/2.8
- Poids plume (350 g) — confort incomparable sur la journée
- Bokeh agréable et transitions douces en portrait
- Rapport qualité/prix fort, neuf et surtout en occasion
- Compatibilité large : FX, DX, Nikon Z via FTZ/FTZ II
- AF silencieux (SWM) avec override manuel instantané
Inconvénients
- Sensible au flare/ghosting en contre-jour direct (SIC, pas de Nano Crystal Coat)
- Aberrations chromatiques longitudinales visibles à f/1.8 sur transitions contrastées
- 7 lamelles : bokeh heptagonal aux ouvertures intermédiaires
- Distance mini 0,80 m : pas de gros plans serrés
- Accroche AF initiale un cran plus lente que les standards actuels
- Pas adapté à la vidéo (bague MAP étroite, pas de contrôle d’ouverture fluide)
Prochaine étape : si vous hésitez encore, faites le test vous-même. Empruntez ou louez l’objectif le temps d’une séance, réalisez une série de 20 portraits en AF-S collimateur unique à f/1.8, et comptez vos photos nettes sur l’œil. Si plus de 2 sur 3 sont nettes après micro-ajustement : l’objectif fait le travail. C’est le test le plus fiable — et celui qui vous donnera la réponse pour votre boîtier et votre façon de travailler.

