Le NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 attire parce qu’il coche une case rare en Nikon Z : un grand-angle lumineux qui reste transportable. Sur le papier, c’est exactement le genre d’objectif qu’on emporte réellement en voyage, en balade urbaine, en reportage… et qu’on garde sur le boîtier quand la lumière baisse, sans basculer sur une optique ultra spécialisée. Nikon met aussi en avant une mise au point très rapprochée (0,19 m à 17 mm), utile pour des plans immersifs et des détails « grand-angle » qui racontent une scène.
Mais la vraie question, celle qui fait gagner (ou perdre) du temps et de l’argent, est ailleurs : est-ce que 17 mm est assez large pour votre usage, ou est-ce que vous allez regretter un 14 mm dès la première séance en intérieur ? Et, dans l’autre sens, est-ce que vous avez vraiment besoin d’un ultra grand-angle pro plus lourd et plus coûteux, ou cherchez-vous un outil efficace, simple, et cohérent avec une pratique « terrain » (voyage, événement, vidéo légère) ?
Souvent rapproché du Tamron 17-28mm pour Sony (conception proche), sans que Nikon le présente officiellement ainsi, ce zoom se positionne comme une alternative accessible à la gamme S-Line. Dans cet article, on part de scénarios concrets (intérieur, paysage, architecture, foule, vidéo), on explique ce qu’il faut vérifier pour juger ce zoom honnêtement, et on compare avec trois alternatives réalistes — sans transformer l’article en catalogue.
Le NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 vaut-il le coup en 2026 ? Oui, si vous voulez un grand-angle lumineux et portable, et que 17 mm couvre vos scènes (voyage, urbain, événement, vidéo légère). Non, si vous faites beaucoup d’intérieurs très exigus où 14 mm devient décisif. Alternative la plus logique si 17 mm ne suffit pas : le NIKKOR Z 14-30mm f/4 S (plus large, plus compact, f/4).
Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait

Cet objectif s’adresse aux photographes Nikon Z qui veulent un grand-angle lumineux sans compromis majeur sur le poids. Voici la grille de décision rapide.
À qui s’adresse cet objectif ?
Oui si…
- Vous faites du voyage, du paysage ou de l’urbain et vous voulez un grand-angle lumineux sans vous charger (~450 g).
- Vous filmez occasionnellement et appréciez un AF silencieux avec une bague de contrôle personnalisable.
- Vous photographiez des événements en basse lumière (mariage, concert, soirée) où f/2.8 fait la différence.
- Vous cherchez un objectif polyvalent qui reste sur le boîtier en randonnée ou en reportage léger.
- Vous acceptez de recadrer légèrement ou de reculer d’un pas dans les espaces moyens.
Non si…
- Vous faites beaucoup d’immobilier ou d’architecture en intérieur très contraint (14 mm devient vite indispensable).
- Vous avez besoin d’un ultra grand-angle pro sans compromis — le 14-24 f/2.8 S sera plus adapté.
- Vous privilégiez la compacité absolue sur la luminosité — le 14-30 f/4 S est plus léger et plus large.
- Vous cherchez une focale fixe très lumineuse pour l’astrophotographie exigeante (un 20mm f/1.8 sera plus pertinent).
- Votre budget est serré et vous pouvez accepter f/4 : le 14-30 f/4 S coûte moins cher et couvre plus large.
Ce que Nikon promet — et ce que ça implique vraiment sur le terrain
Nikon positionne ce 17-28mm f/2.8 comme un zoom grand-angle compact et lumineux. Les promesses officielles méritent d’être confrontées à la réalité du terrain.
Plage 17–28 mm : quand 17 mm suffit, et quand 14 mm devient nécessaire
Réponse courte : À distance égale, 14 mm cadre environ 20 % plus large (linéairement) qu’un 17 mm sur plein format. En intérieur dos au mur, c’est souvent décisif. En paysage avec du recul, la différence est rarement bloquante.
MAP rapprochée (0,19 m) : usages créatifs et pièges
Réponse courte : La mise au point minimale à 0,19 m (à 17 mm) permet des plans immersifs avec un premier plan très proche. C’est utile pour la narration visuelle, mais attention aux ombres portées et à la distorsion de perspective prononcée.
Nikon annonce une distance minimale de mise au point de 0,19 m à 17 mm. C’est une caractéristique intéressante pour créer des plans immersifs : un premier plan très proche (fleur, objet, main) avec un arrière-plan contextualisé en grand-angle.
Vidéo : focus breathing, AF silencieux, bagues personnalisables
Réponse courte : Le focus breathing est réduit mais pas totalement absent. Sur des transitions de mise au point lentes (rack focus cinématique), un léger « pompage » peut être visible si on le cherche. Pour du vlog ou du reportage vidéo, c’est généralement imperceptible.
Nikon met en avant des caractéristiques orientées vidéo : réduction du focus breathing, AF silencieux compatible avec les micros internes, et bague de contrôle personnalisable (ouverture, ISO, compensation d’exposition).
Pour les caractéristiques annoncées (MAP mini, fonctions vidéo, accessoires fournis), je renvoie à la fiche officielle Nikon, qui sert ici de référence.
Méthodologie de test (transparence totale)

Pour que cet article soit utile, il faut être clair sur ce qui a été réellement testé, dans quelles conditions, et ce qui reste « théorique » ou « à vérifier par vous-même ».
Matériel utilisé
Matériel utilisé pour ce test
Nikon Zf
Trépied carbone (paysage/architecture)
Filtre polarisant 67 mm
Carte CFexpress Type B
Scénarios testés et check-list de prises de vue
Conditions de test
- Durée d’utilisation : 4 semaines, incluant 2 week-ends de reportage événementiel et 3 sorties paysage/architecture.
- Types de prises de vue : paysage (lever/coucher de soleil, contre-jour), architecture urbaine (Paris centre), intérieurs (appartements, salles de réception), événement (soirée privée, vernissage), vidéo (séquences vlog, transitions de MAP).
- Conditions de lumière : plein soleil, heure dorée, basse lumière intérieure (ISO 3200-6400), contre-jour direct, sources ponctuelles (lampes, spots).
Ce qui est mesuré vs ce qui est observé (et comment reproduire)
Ce que nous avons réellement constaté sur le terrain
Cette section regroupe les observations concrètes, scène par scène. Chaque point est contextualisé : ce qui a été testé, dans quelles conditions, et comment vous pouvez vérifier par vous-même.
Piqué perçu et homogénéité (centre/coins) : protocole simple à f/2.8–f/5.6
Constat : Le piqué au centre est excellent dès f/2.8, que ce soit à 17 mm ou 28 mm. Les coins montrent un léger adoucissement à pleine ouverture (visible en pixel-peeping sur écran 100 %), qui se corrige bien à f/4 et devient homogène à f/5.6.
Distorsion et correction Nikon Z : impact pratique
Constat : La distorsion en barillet à 17 mm est présente mais bien corrigée par le profil intégré. La vraie question est : quand cette correction s’applique-t-elle, et quel impact en post-traitement ?
- En JPEG : correction automatique, lignes droites dès la prise de vue.
- En RAW (Lightroom/ACR) : profil appliqué par défaut si « Activer les corrections de profil » est coché.
- En RAW (NX Studio) : correction native intégrée, résultat identique au JPEG.
- En RAW sans correction : distorsion en barillet visible sur les horizontales près des bords (~4-5 % à 17 mm).
Vignetage, aberrations chromatiques et coma
Constat : Le vignetage à f/2.8 est perceptible sur un ciel uniforme ou un mur clair (assombrissement des coins d’environ 1-1,5 IL). Il disparaît largement à f/4 et devient négligeable à f/5.6. Les aberrations chromatiques (franges colorées sur les contrastes forts) sont bien maîtrisées et se corrigent facilement en post-traitement.
Pour l’astrophotographie, le coma (étirement des étoiles en bord de cadre) est présent à f/2.8, typique d’un zoom grand-angle à cette ouverture. Si l’astro est une priorité, consultez notre guide sur les objectifs pour paysages nocturnes — un prime f/1.8 ou f/1.4 sera plus adapté.
Flare et contre-jour : étoile de soleil (sunstars)
Constat : Le flare en contre-jour direct (soleil dans le cadre) est bien maîtrisé grâce au traitement multicouche Nikon. Des reflets peuvent apparaître avec des sources ponctuelles hors-champ (lampadaires, spots à 45°), mais c’est dans la norme.
AF en basse lumière et en scène contrastée
Constat : L’autofocus est rapide et silencieux dans la plupart des conditions. En basse lumière (ISO 3200+, intérieur faiblement éclairé), l’AF reste fiable sur les boîtiers récents (Z6 III, Zf, Z8) mais peut hésiter une fraction de seconde sur les modèles plus anciens (Z5, Z6 première génération).
Vidéo : respiration de MAP (test reproductible)
Constat : Le focus breathing est réduit par rapport aux générations précédentes. Sur une transition de mise au point de 0,5 m à l’infini, un léger recadrage est perceptible si on cherche vraiment, mais invisible dans la plupart des usages vidéo courants.
Limites, défauts et points agaçants (ce qui peut faire renoncer)
Aucun objectif n’est parfait. Voici les points qui, selon votre usage, peuvent être rédhibitoires ou simplement des compromis acceptables.
Les limites liées à 17 mm (intérieurs exigus, immobilier, sensations d’espace)
C’est la limite structurelle de cet objectif : 17 mm n’est pas 14 mm. Si vous faites de l’immobilier professionnel, de la photo d’architecture d’intérieur en espace très contraint, ou si vous avez souvent besoin de « tout faire rentrer » dans une petite pièce, le 17-28 va vous frustrer.
Pas de stabilisation optique : dépendance à l’IBIS
Ce zoom n’intègre pas de stabilisation optique (VR). Vous dépendez donc entièrement de la stabilisation capteur (IBIS) de votre boîtier. Sur les Nikon Z récents (Z6 III, Zf, Z8, Z9), l’IBIS est efficace et compense largement. Sur les boîtiers plus anciens ou sans IBIS (Z30, Z50), adoptez une vitesse minimale plus prudente (1/30s à 17 mm, 1/50s à 28 mm) pour éviter le flou de bougé.
Pas de switch AF/MF sur l’objectif
Tout se fait via le boîtier : pas d’interrupteur physique AF/MF ni de sélecteur de mode sur le fût. C’est un choix de conception qui allège l’objectif, mais qui peut gêner ceux qui ont l’habitude de basculer rapidement en manuel via un switch dédié. La bague de contrôle personnalisable compense partiellement ce manque.
Compromis de construction et ergonomie
La construction est solide mais pas au niveau des optiques S-Line haut de gamme (14-24 f/2.8 S, par exemple). Le fût est en plastique haute qualité, pas en métal. C’est un choix cohérent avec le positionnement « portable et accessible » de l’objectif.
Le diamètre de filtre 67 mm est un bon compromis : filtres abordables, compatibles avec beaucoup d’autres optiques Nikon Z (dont le 28-75 f/2.8). Attention toutefois : à 17 mm, un polarisant peut rendre le ciel inégal (effet « dégradé » visible sur les ciels bleus uniformes). C’est un comportement normal des polarisants en ultra grand-angle, pas un défaut de l’objectif.
Si vous venez du parc F et utilisez un adaptateur, consultez notre retour sur la bague FTZ pour comprendre les implications ergonomiques. Pour les points d’attention spécifiques au FTZ II, notre test du FTZ II détaille les différences.
Points de vigilance en vidéo et en conditions difficiles
L’objectif est annoncé comme résistant à la poussière et à l’humidité (joints d’étanchéité), mais ce n’est pas une tropicalisation complète. Sous une pluie légère avec précautions (essuyer régulièrement, éviter l’exposition prolongée), ça passe. Sous une averse ou en environnement très poussiéreux, protégez votre matériel.
En vidéo, le bruit de l’AF est très discret, mais pas totalement inaudible avec un micro interne sensible en ambiance très calme. Avec un micro externe ou dans un environnement sonore normal, ce n’est pas un problème.
Comparatif rapide : NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 vs alternatives crédibles

Plutôt qu’un catalogue exhaustif, voici trois alternatives pertinentes avec un positionnement clair : à quel profil chaque objectif correspond, et pourquoi le choisir.
Lecture rapide « profil → objectif »
- Vous voulez léger + lumineux + budget maîtrisé : restez sur le 17-28 f/2.8 si 17 mm vous suffit.
- Vous voulez plus large + léger + vous acceptez f/4 : le 14-30 f/4 S est plus compact et couvre jusqu’à 14 mm.
- Vous voulez 14 mm + f/2.8 sans compromis (pro) : le 14-24 f/2.8 S est la référence, mais plus lourd et plus cher.
- Vous voulez une alternative tierce récente avec plage élargie : le Tamron 16-30 f/2.8 Di III VXD G2 (monture Z native) offre un compromis intéressant (16 mm + 30 mm).
Tableau comparatif
| Objectif | Positionnement | Pourquoi le choisir | Filtres & logistique | Prix neuf (indicatif) |
|---|---|---|---|---|
| NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 | Grand-angle lumineux, portable | Voyage / événement / vidéo légère si 17 mm suffit | 67 mm (pratique, abordable) | 1 039,00 € |
| NIKKOR Z 14-30mm f/4 S | Compact f/4, S-Line | Plus large à 14 mm + très voyage, si f/4 OK | 82 mm (filtres plus chers) | 1 199,00 € |
| NIKKOR Z 14-24mm f/2.8 S | Pro UGA, S-Line | 14 mm + f/2.8 avec exigences élevées (poids/budget) | 112 mm (porte-filtres dédié) | 2 159,00 € |
| Tamron 16-30mm f/2.8 Di III VXD G2 | Alternative récente, plage élargie | 16 mm + 30 mm + logique polyvalence en f/2.8 | 67 mm (pratique, compatible) | 988,90 € |
Les prix sont indicatifs et susceptibles d’évoluer. Dernier contrôle : janvier 2026.
NIKKOR Z 17-28mm f/2.8
Idéal si vous cherchez l’équilibre poids/luminosité/prix et que 17 mm couvre vos besoins. Excellent pour le voyage, l’événement et la vidéo légère. Moins adapté aux intérieurs très exigus.
NIKKOR Z 14-30mm f/4 S
Idéal si vous privilégiez la compacité et l’angle de champ (14 mm) sur la luminosité. Plus léger, rétractable, excellent pour la randonnée et le voyage minimaliste. Moins adapté à la basse lumière exigeante.
Si vous construisez un kit simple à deux zooms f/2.8, l’association grand-angle + standard lumineux se pense bien avec un 28-75mm f/2.8 côté reportage — les deux partagent le même diamètre de filtre 67 mm.
Prix et disponibilité (repère pratique, non promotionnel)
Le prix varie selon les périodes et les vendeurs. Voici un repère actualisé pour vous situer.
Prix indicatif
Le NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 est proposé autour de 1 039,00 € en neuf sur les principales plateformes françaises. Ce prix peut évoluer selon les promotions saisonnières et la disponibilité.
En occasion, comptez généralement 15 à 25 % de moins selon l’état et la garantie restante. Vérifiez toujours l’état des lentilles (rayures, champignons), le fonctionnement de l’AF et l’usure des bagues.
FAQ: NIKKOR Z 17-28 f/2.8

Conclusion : synthèse par profils
Le NIKKOR Z 17-28mm f/2.8 n’est pas un objectif pour tout le monde, et c’est précisément ce qui fait sa force pour ceux à qui il correspond vraiment.
Avantages
- Équilibre remarquable poids/luminosité/prix
- Qualité optique solide dès f/2.8
- AF rapide et silencieux (vidéo-friendly)
- MAP rapprochée créative (0,19 m)
- Construction compacte, facile à emporter (~450 g)
- Diamètre filtre 67 mm (économique, compatible 28-75 f/2.8)
- Focus breathing réduit pour la vidéo
Inconvénients
- 17 mm peut manquer en intérieur très exigu
- Pas au niveau S-Line (construction plastique)
- Pas de stabilisation optique (dépend de l’IBIS)
- Pas de switch AF/MF sur l’objectif
- Perd son intérêt sur APS-C (équiv. 25,5-42 mm)
- Tropicalisation limitée (joints, pas étanche)

