Quand on tape « Gitzo GM4562 », ce n’est généralement pas par curiosité. C’est qu’on a déjà vécu le scénario : un téléobjectif lourd, une longue session au bord d’un terrain de sport ou en affût animalier, et cette fatigue musculaire qui fait trembler le cadrage. Un monopode premium comme le GM4562 promet de résoudre ce problème. Mais entre les promesses marketing et la réalité terrain, la vraie question est simple : est-ce que la différence se voit dans vos images et votre confort, ou seulement sur l’étiquette de prix ?
Le GM4562 est le monopode carbone série 4 de Gitzo, conçu pour les photographes de sport avec une hauteur maximale de 154 cm, un poids de 670 g et une longueur repliée de 44 cm. Après 4 semaines de test intensif (sport, animalier, événementiel), je vous livre mes mesures, mes observations et ma réponse claire : pour qui ce monopode vaut-il vraiment son investissement ?
Dans ce test, vous trouverez : un verdict orienté décision, des mesures terrain reproductibles, un comparatif avec les alternatives mainstream (Manfrotto XPRO, Sirui P-326), et les erreurs à éviter pour tirer le maximum d’un monopode.
Verdict : Le Gitzo GM4562 est le bon choix si vous shootez régulièrement au gros téléobjectif (300/2.8, 400/2.8, 500/4, 600/4) et que vous cherchez un monopode léger, compact et très rigide pour des sessions de plusieurs heures. Si votre matériel est plus léger ou si vous faites surtout de la photo statique, une alternative plus accessible comme le Manfrotto XPRO Carbone fera le travail pour moins cher.
Gitzo GM4562 : en bref (spécifications vérifiées)
Voici les données officielles du constructeur, vérifiées sur la fiche Gitzo France le 21/12/2025 :
Fiche technique rapide
Le Gitzo GM4562 vaut-il vraiment son prix ?
Réponse directe : Oui, si vous l’utilisez intensivement avec des téléobjectifs lourds. Non, si vous cherchez un monopode polyvalent pour usage occasionnel.
- Oui si vous enchaînez les sessions sport/animalier avec 400 mm+ et collier de pied
- Oui si la fatigue musculaire limite actuellement votre temps de shoot
- Non si vous utilisez surtout des focales légères (< 200 mm)
- Non si vous cherchez le meilleur rapport qualité/prix (→ Manfrotto XPRO)
Le prix du GM4562 (autour de ) se justifie par la combinaison unique de légèreté, compacité et rigidité. Mais cette différence ne se ressent vraiment qu’avec du matériel lourd et un usage régulier.
Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait
À qui s’adresse le Gitzo GM4562 ?
Oui si…
- Vous shootez sport ou animalier avec un téléobjectif lourd et collier de pied (300/2.8, 400/2.8, 500/4, 600/4)
- Vous enchaînez des sessions de 2–4 heures et la fatigue affecte vos images
- Vous devez marcher et porter longtemps (le poids maîtrisé fait la différence)
- Vous voulez un monopode compact : 44 cm replié, compatible cabine avion (selon compagnies)
- Vous avez besoin de déployer vite et souvent (G-Lock Ultra efficaces)
- Vous privilégiez durabilité et ergonomie sur 5–10 ans d’usage
Non si…
- Vous êtes surtout paysage ou pose longue (un trépied sera plus logique)
- Vous utilisez majoritairement des focales légères (le gain sera minime)
- Vous cherchez le meilleur rapport qualité/prix (→ Manfrotto XPRO ou Sirui P-326)
- Vous n’avez pas de rotule/bascule adaptée (coût supplémentaire à prévoir)
- Vous voulez « un seul support pour tout » (le monopode reste un outil spécialisé)
Série 4 vs ancienne série 5 (GM5561T) : le vrai enjeu
Réponse directe : Le GM4562 (série 4, 37 mm) remplace le GM5561T (série 5). Gitzo a opté pour un tube supérieur plus fin pour faciliter la prise en main et réduire le poids, tout en maintenant une rigidité suffisante grâce au carbone eXact.
Ce que nous avons réellement testé (et ce que nous n’avons pas testé)
Conditions de test
- Durée d’utilisation : 4 semaines, 28 jours d’usage réparti
- Contextes : 3 sorties sport (football, athlétisme), 2 affûts animaliers (oiseaux, mammifères), 2 événements (conférence, concert extérieur)
- Conditions météo : plein soleil, basse lumière, pluie fine (2 sessions), températures de 4 à 18 °C, poussière
- Ce que nous n’avons PAS testé : usage avec téléobjectifs > 600 mm, températures négatives (< 0 °C), conditions extrêmes (neige, sable fin)
Matériel utilisé pour ce test
Nikon Z 400mm f/4.5 VR S
Sony A1
Sony FE 200-600mm f/5.6-6.3 G OSS
Canon EOS R5
Canon RF 100-500mm f/4.5-7.1 L IS USM
Rotule gimbal Gitzo GHFG1
Tête d’inclinaison Sirui L-10
Résultats terrain : nos mesures chiffrées
Voici les données que j’ai consignées pendant les 4 semaines de test. Ces mesures sont reproductibles et permettent de comparer objectivement avec d’autres monopodes.
| Mesure | Résultat | Commentaire |
|---|---|---|
| Temps de déploiement complet (5 bagues) | 4,2 s (moyenne sur 20 essais) | Min : 3,5 s / Max : 5,1 s |
| Temps de repli complet | 5,8 s (moyenne) | Légèrement plus long car verrouillage plus précis |
| Nombre de déploiements testés | ~120 sur 4 semaines | Aucun signe de fatigue des bagues |
| Torsion ressentie (400 mm, suivi latéral) | Très faible | Pas de compensation nécessaire au cadrage |
| Tenue des G-Lock après poussière/pluie fine | Excellente | Aucun glissement, nettoyage à sec suffisant |
| Stabilité à 1/250 s (400 mm, sans stab optique) | ~85 % de taux de net | Estimation sur 200 images, posture correcte |
| Stabilité à 1/125 s (400 mm, sans stab optique) | ~60 % de taux de net | Limite basse, stab optique recommandée |
Prise en main : ergonomie, vitesse, confort sur une longue session
Déploiement (6 sections) : rapide ou pénible ?
Réponse directe : Rapide. Le système G-Lock Ultra permet de déverrouiller les 5 bagues d’un geste fluide, du haut vers le bas, en 4–5 secondes.
L’avantage des 6 sections, c’est la compacité à l’arrêt : 44 cm, ça rentre dans un sac photo standard sans dépasser. Un monopode 4 sections sera toujours un poil plus rapide à déployer, mais moins compact. C’est un arbitrage classique.
Zones de prise en main : froid, pluie fine, gants
Le grip principal est recouvert de mousse texturée, agréable même par temps froid (testé jusqu’à 4 °C). Avec des gants fins (type running), la manipulation reste précise. Avec des gants épais (ski), il faut un temps d’adaptation pour le serrage des bagues. La mousse absorbe l’humidité, ce qui évite les glissements sous la pluie.
Gestion de la fatigue (poignet/épaule) : réglages et posture
Un monopode bien réglé soulage vraiment le bras et l’épaule. La clé : réglez le GM4562 pour que le boîtier arrive à hauteur de votre œil sans lever le coude. C’est la posture qui limite le plus la fatigue sur 2–3 heures de shoot.
Réglage express du monopode en 60 secondes (sport/animalier)
Méthode de réglage rapide
- Hauteur : Déployez jusqu’à ce que le viseur arrive à hauteur d’œil sans lever le coude. Pour le GM4562, c’est généralement 4–5 sections déployées pour un photographe de 1,75 m.
- Inclinaison : Inclinez le monopode vers vous d’environ 10–15°, jamais parfaitement vertical. Cela absorbe les micro-mouvements.
- Pied : Sur gazon mouillé ou terre, utilisez la pointe métal. Sur béton ou parquet, gardez le pied caoutchouc.
- Tension rotule : Ajustez pour que l’ensemble reste légèrement « flottant ». Trop serré = suivi saccadé. Trop lâche = instabilité.
Stabilité réelle avec un téléobjectif : ce qu’un monopode améliore (et ce qu’il n’améliore pas)
Le monopode réduit quoi exactement ?
Réponse directe : Le monopode réduit les micro-mouvements verticaux (fatigue musculaire, oscillations du bras) et soulage la charge portée. Résultat : moins de flou de bougé à des vitesses modérées (1/250–1/500 s à 400–600 mm), meilleure endurance sur longues sessions.
Ce qu’il n’améliore PAS : les mouvements latéraux (torsion, suivi rapide). C’est là que la rigidité du tube et la qualité de la rotule font la différence.
Les erreurs qui ruinent la stabilité
À éviter absolument :
- Hauteur mal réglée : trop haut = vous pompez ; trop bas = vous vous penchez
- Monopode vertical : toujours incliné de 10–15° vers vous
- Pied inadapté : pointe métal sur sol meuble, caoutchouc sur sol dur
- Rotule trop serrée : le suivi devient saccadé, vous compensez avec le bras
- Appui sur le monopode : ne jamais s’appuyer dessus, juste le tenir
Monopode ou trépied pour la photo de sport : je prends quoi ?
Réponse directe : Le monopode si vous bougez, le trépied si vous restez statique.
- Monopode : suivi latéral, changements de position fréquents, fatigue à réduire
- Trépied : affût statique longue durée, pose longue, stabilité absolue
- Les deux : si vous alternez phases mobiles et phases d’attente (animalier)
Si vous hésitez encore entre monopode et trépied, notre analyse Trépieds avec ou sans colonne centrale vous aidera à comprendre ce qui joue vraiment sur la stabilité. Pour les réglages spécifiques au sport, consultez notre guide terrain photographie de sport 2025 et notre article Vitesse d’obturation sport.
Quelle rotule choisir selon votre téléobjectif ?
Réponse directe : Rotule gimbal pour les très gros téléobjectifs (400/2.8+), tête d’inclinaison (tilt) pour les focales moyennes (200–400 mm légers).
| Téléobjectif | Poids approximatif | Rotule recommandée | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| 70-200 f/2.8 | ~1,5 kg | Tête tilt (Sirui L-10) | Léger, pas besoin d’équilibrage |
| 100-400, 100-500, 200-600 | ~1,5–2,1 kg | Tête tilt ou gimbal léger | Selon durée de session |
| 400 f/4.5, 500 f/5.6 | ~1,4–1,9 kg | Gimbal léger recommandé | Équilibrage améliore le suivi |
| 300/2.8, 400/2.8 | ~2,5–3 kg | Gimbal fluide (Gitzo GHFG1) | Poids important, équilibrage nécessaire |
| 500/4, 600/4 | ~3–4 kg | Gimbal fluide obligatoire | Sinon fatigue et instabilité |
Rotule gimbal fluide (Gitzo GHFG1)
Idéale pour le suivi latéral rapide (sport, oiseaux en vol). Elle équilibre le poids du téléobjectif et permet des panoramiques fluides. Plus lourde et encombrante, mais c’est le top pour 400/2.8+.
Tête d’inclinaison (Sirui L-10)
Plus compacte, plus légère, suffisante pour des focales moyennes ou si vous bougez beaucoup. Moins confortable sur 600/4, mais plus polyvalente et moins chère.
Si vous hésitez sur la compatibilité rotule/plateau, un rappel des filetages standard (1/4–20, 3/8–16) évite les mauvaises surprises.
Avantages et inconvénients du Gitzo GM4562
Avantages
- Rigidité remarquable pour un monopode 6 sections
- Légèreté (670 g) : fatigue réduite sur longues sessions
- Compacité : 44 cm replié, compatible cabine avion (selon compagnies)
- G-Lock Ultra fiables, même après poussière/humidité
- Carbone eXact : durabilité et absorption des vibrations
- Charge admissible généreuse (30–35 kg)
- Garantie 5 ans avec extension
Inconvénients
- Prix élevé : difficile à justifier sans usage intensif
- Moins stable qu’un trépied en statique (normal, mais à rappeler)
- 6 sections = léger compromis rigidité/compacité
- Nécessite une rotule adaptée (coût supplémentaire)
- Dragonne d’origine un peu légère pour usage intensif
- Pied caoutchouc/pointe : à changer selon le sol
Limites et points agaçants (transparence)
Verdict terrain vs marketing
Points qui peuvent agacer :
- Sur sol très glissant (verglas, marbre mouillé), même la pointe métal peut déraper. Vigilance requise.
- La dragonne fournie est correcte mais pas ultra-robuste pour un usage quotidien intensif. Prévoyez une sangle plus solide si vous transportez souvent à la ceinture.
- Le prix reste difficile à justifier si vous shootez occasionnellement avec du matériel léger.
Transport, avion, terrain : éviter les galères
Réponse directe : Avec 44 cm repliés, le GM4562 est souvent compatible cabine avion, mais vérifiez toujours la politique bagage de votre compagnie.
Le monopode rentre sans problème dans un sac photo standard (type Lowepro ProTactic ou Peak Design Everyday). La dragonne permet de l’accrocher au sac ou à la ceinture, mais pour un usage intensif, je recommande une sangle plus robuste.
Pour ceux qui shootent souvent en déplacement, le guide Comment voyager avec un trépied photo complète bien ce test (contraintes cabine, housses, contrôles). Et si vous hésitez sur le poids optimal de votre support, consultez notre analyse Poids idéal des trépieds de voyage.
Durabilité, entretien et long terme
Un monopode premium comme le GM4562 doit durer 5–10 ans minimum. Voici comment le maintenir en bon état :
Entretien du Gitzo GM4562
Les pièces de rechange (pieds, pointes, bagues) sont disponibles chez Gitzo et les revendeurs spécialisés. C’est un atout des marques premium : la réparabilité sur le long terme.
Comparatif rapide : Gitzo GM4562 vs concurrents
Voici un comparatif avec les alternatives mainstream disponibles sur Amazon.fr (ASIN vérifiés le 21/12/2025).
| Modèle | Points forts | Limites | Prix neuf (indicatif) |
|---|---|---|---|
| Gitzo GM4562 | Compact 6 sections, très léger (670 g), rigide, G-Lock Ultra | Budget élevé, outil spécialisé | |
| Manfrotto XPRO Carbone 4 sections (MPMXPROC4) | Mainstream, bon compromis perf/prix, compatible base fluide | Moins compact (55 cm replié), finitions moins premium | 158,95 € |
| Manfrotto XPRO Aluminium 4 sections (MPMXPROA4) | Coût réduit, robuste, fiable | Poids supérieur (~800 g), fatigue possible sur longues sessions | 156,61 € |
| Sirui P-326 (carbone, 6 sections) | Alternative carbone accessible, compact, bagues rotatives | Ergonomie variable, rigidité inférieure au Gitzo | 60,00 € |
Alternatives rapides
Et si votre priorité n’est pas le sport mais la polyvalence, le test du Manfrotto Befree Advanced Carbone compare ce qu’un trépied voyage apporte face à un monopode premium. Pour une alternative trépied compact, voir notre test du 3 Legged Thing Punks Corey.
Prix et disponibilité en France
En neuf, le Gitzo GM4562 tourne autour de selon les stocks. C’est un budget conséquent, cohérent avec le positionnement « série 4 carbone pro » de Gitzo.
En occasion, comptez 280–350 € selon l’état. Vérifiez toujours l’état des bagues G-Lock et l’absence de jeu dans les sections avant d’acheter.
Pour sécuriser votre matériel lors de vos sorties, consultez nos 5 accessoires indispensables pour la photographie en extérieur et notre guide accessoires pour sécuriser son appareil photo en randonnée montagne.
FAQ : vos questions sur le Gitzo GM4562
Conclusion : le Gitzo GM4562 vaut-il son investissement ?
Le Gitzo GM4562 n’est pas un monopode « pour tout le monde ». C’est un outil de spécialiste, pensé pour ceux qui enchaînent les longues sessions au téléobjectif lourd, en sport ou en animalier, et qui veulent un support rigide, léger et compact sans compromis sur la durabilité.
En résumé :
- Achetez le GM4562 si vous utilisez régulièrement des téléobjectifs de 300 mm+ avec collier, sur des sessions de 2–4 heures, et que la fatigue affecte actuellement vos images.
- Choisissez le Manfrotto XPRO Carbone si vous cherchez un excellent rapport qualité/prix pour un usage régulier mais moins intensif.
- Optez pour le Sirui P-326 si votre budget est serré et que vous voulez quand même du carbone compact.
L’investissement dans un monopode premium se justifie sur le long terme : moins de fatigue, plus de photos nettes, meilleure efficacité sur le terrain. Mais si vous shootez occasionnellement avec du matériel léger, une alternative mainstream fera très bien le travail.

