Mis à jour le 14 décembre 2025 · Temps de lecture : 24 minutes
Le Canon EOS R5 C attire un profil très précis : ceux qui ne veulent plus choisir entre « un boîtier photo très haut de gamme » et « une vraie caméra de production ». Sur le papier, c’est séduisant : plein format 45 MP, 8K RAW interne, et des fonctions héritées de la gamme Cinema EOS. Mais dans la vraie vie, ce type de boîtier hybride a un prix caché : la complexité du workflow, l’exigence sur le stockage, et parfois des détails qui agacent dès qu’on tourne longtemps.
Si vous êtes vidéaste corporate, créateur YouTube exigeant, ou photographe qui doit livrer aussi de l’interview et du B-roll, votre vraie question n’est pas « est-ce qu’il filme en 8K ? ». C’est plutôt : est-ce qu’il vous fait gagner du temps… ou est-ce qu’il en ajoute ? Et côté photo, gardez-vous un outil fiable — ou un boîtier « vidéo d’abord » qui dépanne en photo ?
Dans ce test terrain, je vous propose une lecture utile et orientée décision : pour qui le R5 C reste un excellent choix en 2025, dans quels cas il devient frustrant, et comment anticiper ses contraintes avant de vous retrouver bloqué sur une vraie mission.
Verdict express (45 mots) : Le Canon EOS R5 C convient aux créateurs qui livrent de la vidéo « production » (XF-AVC 4K, Canon Log 3, monitoring pro) tout en gardant une photo 45 MP sérieuse. Mais son autonomie limitée (35-50 min/batterie), l’absence d’IBIS et le workflow exigeant (cartes CFexpress, fichiers lourds) peuvent frustrer si vous cherchez un hybride « simple ».
Ce que vous devez retenir en 20 secondes
- 8K 60p = alimentation externe obligatoire (batterie LP-E6P ou DC Coupler DR-E6C)
- Netflix Approved en XF-AVC 4K uniquement — pas en 8K RAW (vérifier le cahier des charges du projet)
- Rolling shutter : 15,5 ms en 8K FF — correct mais pas exceptionnel (source : CineD)
- Autonomie réelle terrain : 28-45 min par batterie LP-E6NH selon le mode
- Pas d’IBIS — stabilisation optique + électronique avec crop (~10%) uniquement
1. Canon EOS R5 C : ce qu’il faut comprendre avant de l’acheter

Réponse rapide (50 mots) : Le R5 C est un hybride « cinéma d’abord » avec les fonctions Cinema EOS (monitoring, timecode, XF-AVC) dans un boîtier compact. Il excelle en production vidéo structurée (interview, docu, corporate) mais impose un workflow plus lourd qu’un hybride photo classique. L’absence d’IBIS et l’autonomie limitée sont les principales contraintes.
Positionnement « hybride cinéma » vs hybride photo
Le R5 C se situe à mi-chemin entre le Canon EOS R5 (hybride photo avec vidéo avancée) et la gamme Cinema EOS (C70, C300). Canon a fait un choix clair : intégrer un système de refroidissement actif (ventilateur) pour permettre un enregistrement vidéo prolongé, là où le R5 classique surchauffe en modes haute qualité.
Concrètement, le R5 C est d’abord un outil vidéo. La photo reste excellente (même capteur 45 MP, même AF Dual Pixel CMOS II), mais le boîtier n’a pas de stabilisation capteur (IBIS) — un choix délibéré pour éviter les interférences thermiques. Si vous venez du R5, c’est le premier compromis à accepter.
Les promesses utiles vs le marketing
Ce qui distingue vraiment le R5 C des autres hybrides :
- Enregistrement 8K RAW interne — Cinema RAW Light 12 bits jusqu’à 30 fps (jusqu’à 60 fps avec batterie LP-E6P ou alimentation externe, selon Canon France)
- 4K 120p en 10 bits 4:2:2 sans crop — idéal pour le slow motion cinématographique
- Outils de monitoring pro — false color, waveform, peaking, zebras intégrés
- Canon Log 3, HLG, PQ (HDR) — profils pro pour la post-production broadcast
- Timecode via port dédié — indispensable en multicam et synchronisation audio externe
- Double ISO natif — 800/3200 ISO en Canon Log 3 (optimise le bruit selon la lumière)
Verdict terrain vs marketing
Correction importante : « Netflix Approved » ≠ tous les modes
Le Canon EOS R5 C figure bien sur la liste des caméras approuvées Netflix, mais avec des conditions de capture spécifiques. Le format recommandé est XF-AVC 4K (4096×2160). Ce n’est pas un « passe-droit universel » : l’acceptation dépend du cahier des charges (format, workflow, ratio de tournage). Vérifiez toujours la page Netflix au moment de votre projet.
Est-ce que le Canon EOS R5 C vaut le coup en 2025 ?
Réponse rapide (55 mots) : Oui, si vous tournez régulièrement en log ou XF-AVC, si vous avez besoin d’outils de monitoring pro, et si vous acceptez un workflow plus exigeant. Non, si vous cherchez un boîtier « allumez et filmez » sans vous soucier du stockage, de l’autonomie ou du rig. En 2025, le Canon EOS R5 Mark II offre une alternative plus polyvalente avec IBIS et bascule photo/vidéo instantanée.
2. Pour qui ce produit est (ou n’est pas) fait

Réponse rapide : Le R5 C cible les créateurs hybrides qui privilégient la vidéo production (interviews, documentaires, corporate) avec besoins log/broadcast, tout en gardant une capacité photo 45 MP professionnelle. Il ne convient pas aux photographes « photo d’abord » ou aux vidéastes qui refusent un workflow cartes rapides + fichiers lourds.
À qui s’adresse le Canon EOS R5 C ?
Oui si…
- Vous tournez régulièrement des interviews, documentaires, mariages ou corporate avec exigences log/XF-AVC
- Vous voulez un boîtier compact avec outils Cinema EOS (monitoring, timecode, waveform)
- Vous acceptez un workflow cartes CFexpress + backup structuré
- Vous devez alterner photo 45 MP / vidéo pro sur une même mission (en acceptant le redémarrage)
- Vous visez des productions broadcast (XF-AVC 4K approuvé Netflix)
- Vous êtes déjà équipé en optiques RF Canon et voulez rester dans l’écosystème
Non si…
- Vous privilégiez l’autonomie et la simplicité d’un hybride « photo d’abord »
- Vous filmez surtout en automatique sans besoin de formats avancés (log, 10 bits)
- Vous refusez de gérer des fichiers lourds (8K RAW Light ST = ~12,4 Go/min)
- L’absence d’IBIS est un deal-breaker pour votre usage run&gun main levée
- Vous cherchez un boîtier silencieux pour interviews sans micro externe
- Vous avez besoin de basculer photo/vidéo instantanément sans redémarrage
3. Méthodologie de test (ce que nous mesurons vraiment)

Réponse rapide : Ce test repose sur 4 semaines d’utilisation terrain (N=1 847 photos, N=4h40 de rush vidéo), avec des mesures concrètes (durées d’enregistrement, autonomie, taux AF, volume de données) et des critères d’échec clairs.
Conditions exactes du test
| Durée d’utilisation | 4 semaines (novembre-décembre 2025) |
| Firmware | Version 1.0.6.1 (dernière mise à jour vérifiée sur Canon Support) |
| Température ambiante | 18-24°C intérieur, 8-15°C extérieur (Chamonix/Lyon) |
| Mode ventilateur | Auto (paramètre par défaut) |
| NLE / Machine | DaVinci Resolve 19.1 / Mac Studio M2 Ultra 64 Go RAM |
| Proxies | Oui pour 8K RAW Light (ProRes Proxy 1080p) |
Types de prises de vue testées
- Interviews corporate — 2 tournages (lumière mixte bureau + fenêtre, ISO 800-1600)
- Reportage événementiel — 1 événement (basse lumière, ISO 3200-6400)
- Run&gun B-roll — plusieurs sessions (extérieur, mouvement, main levée)
- Portraits photo studio — séances contrôlées (ISO 100-400)
- Basse lumière extrême — tests intérieurs sans apport (ISO 6400-12800)
Matériel utilisé pour ce test
Canon RF 24-70mm f/2.8L IS USM
Canon RF 50mm f/1.2L USM
Canon RF 15-35mm f/2.8L IS USM
CFexpress Type B 512 Go SanDisk Extreme Pro (1 700 Mo/s)
SD UHS-II V90 128 Go (proxy/backup)
Micro Rode VideoMic NTG
SmallRig Cage R5 C + poignée supérieure
5× batteries LP-E6NH Canon
SSD NVMe Samsung T7 Shield 2 To (backup terrain)
Mesures terrain (résumé chiffré avec N)
| Métrique | Mesure | Détail |
|---|---|---|
| Photos prises | N = 1 847 | dont 412 en basse lumière (ISO 3200+) |
| AF-C portrait mouvement | 88,2 % | 314 nettes sur 356 images (œil net à 100%) |
| Vidéo 4K XF-AVC 50p | 3h48 de rush | 0 arrêt thermique, 7 changements batterie |
| Vidéo 8K RAW Light LT 25p | 52 min de rush | 0 arrêt thermique, 2 changements batterie |
| Autonomie LP-E6NH (4K XF-AVC 50p) | 32-42 min | Moyenne terrain avec monitoring actif |
| Autonomie LP-E6NH (8K RAW 25p) | 28-35 min | Moyenne terrain avec monitoring actif |
| Volume de données généré | ~380 Go | Total sur 4 semaines (RAW photo + vidéo) |
Critères d’échec (irritants bloquants en production)
- Surchauffe obligeant à interrompre un tournage → Non atteint
- Autonomie inférieure à 25 min de rush réel par batterie → Non atteint
- AF qui décroche sur des sujets simples (visage statique bien éclairé) → Non atteint
- Ergonomie rendant la bascule photo/vidéo source d’erreurs critiques → Non atteint (mais agaçant)
Verdict méthodologie : Aucun critère d’échec atteint sur ce test. Le R5 C a tenu ses promesses en conditions réelles, mais les irritants (autonomie, bascule OS) confirment qu’il faut anticiper son workflow.
4. Test photo : qualité d’image, autofocus, rafale

Réponse rapide (50 mots) : La qualité photo du R5 C est identique au R5 (même capteur 45 MP, même processeur DIGIC X). L’AF Dual Pixel II reste excellent (~88% de réussite en AF-C mouvement). La principale limite : l’absence d’IBIS (prévoir des objectifs IS ou vitesses élevées) et la bascule photo/vidéo qui nécessite un redémarrage (~3 secondes).
Qualité d’image en conditions difficiles
En contre-jour marqué, la dynamique du capteur reste impressionnante : environ 14 IL exploitables en RAW (récupération ombres et hautes lumières). À ISO 6400, le bruit reste très bien maîtrisé avec un grain fin. À ISO 12800, le grain devient visible mais reste exploitable pour du reportage ou de l’événementiel.
Retour terrain : Sur un événement en salle sombre (lumière mixte tungstène + LED, ISO 4000-6400), j’ai obtenu un taux d’images exploitables de 91 % sur 412 photos — score correct pour ces conditions. La colorimétrie Canon reste fidèle : tons chair naturels, blancs neutres, pas de dérive magenta en tungstène.
AF suivi/œil en mouvement : les vrais chiffres
L’AF Dual Pixel CMOS II offre détection des visages, des yeux (humains et animaux), et suivi des véhicules/avions. En pratique, mon taux de réussite mesuré en AF-C sur portraits en mouvement modéré :
| Scénario | N (images) | Nettes (œil à 100%) | Taux |
|---|---|---|---|
| Portrait mouvement modéré (lumière correcte) | 356 | 314 | 88,2 % |
| Basse lumière (ISO 3200+) | 189 | 158 | 83,6 % |
| Sujet statique (portrait posé) | 412 | 397 | 96,4 % |
Les limites apparaissent en basse lumière extrême (sous -3 EV) ou avec des sujets très rapides et erratiques. Pour du sport intensif ou de la photo animalière action, le R5 Mark II (capteur empilé plus rapide) ou le R7 seront plus adaptés.
Ergonomie photo et bascule rapide : l’irritant principal
Le R5 C propose deux modes distincts : Photo (interface classique Canon EOS R) et Vidéo (interface Cinema EOS avec menus dédiés). Le passage de l’un à l’autre nécessite de tourner le sélecteur et d’attendre un redémarrage complet — environ 2-3 secondes.
Point d’attention : bascule photo/vidéo
Si vous devez alterner photo/vidéo très rapidement (mariage, événement live), ce temps de bascule peut frustrer. Sur un R5 classique ou un R5 Mark II, la transition est instantanée via le sélecteur de mode. Sur le R5 C, c’est un vrai « reboot » du système — acceptable en production structurée, agaçant en reportage réactif.
5. Test vidéo : qualité, formats, rolling shutter, audio, workflow
Réponse rapide (55 mots) : Le R5 C délivre une image vidéo de qualité broadcast en XF-AVC 4K (format Netflix Approved) et Cinema RAW Light 12 bits. Les outils de monitoring intégrés sont un vrai plus vs les hybrides classiques. Attention au rolling shutter (15,5 ms en 8K FF — correct mais pas exceptionnel) et aux fichiers lourds en 8K (~8-12 Go/min selon le mode).
8K / 4K 120p : quand c’est utile (et quand c’est du gaspillage)
Le 8K RAW Light interne est techniquement impressionnant. En pratique, voici quand il a du sens :
- Recadrage massif en post — extraire un 4K net depuis un 8K permet de recadrer de 200 % sans perte visible
- Archivage haute qualité — documentaires patrimoniaux, contenus institutionnels longue durée
- Plans fixes très détaillés — produits, architecture, interviews « talking head » avec push-in virtuel
- VFX et compositing — marge de manœuvre maximale pour tracking et incrustation
Pour du contenu YouTube standard, corporate « classique » ou mariage sans besoins de recadrage intensif, le 4K 60p ou 4K 120p suffit largement — et vous économisez stockage, temps de transfert et puissance de montage. Si vous hésitez entre filmer en 4K ou rester en 1080p, notre comparatif 4K vs 1080p vous aidera à choisir.
8K au-delà de 30 fps = alimentation externe obligatoire
Canon précise que l’enregistrement 8K à 60 fps nécessite une batterie LP-E6P (pas LP-E6NH standard) ou une alimentation externe (DC Coupler DR-E6C, adaptateur secteur CA-946, ou solution V-mount via dummy battery). Sans cela, le mode 8K 60p n’est pas accessible. Source : Canon France.
Rolling shutter : ce que les tests labo révèlent
Réponse rapide (40 mots) : Le R5 C affiche 15,5 ms de rolling shutter en 8K DCI Full Frame — un résultat correct (similaire au Sony A1), mais pas exceptionnel comparé aux meilleurs (Sony a7S III : 8,7 ms). En mode APS-C 5.9K ou 4K binning, les performances s’améliorent nettement.
| Mode vidéo | Rolling shutter | Commentaire |
|---|---|---|
| 8K DCI Full Frame (25-30p) | 15,5 ms | Correct, similaire Sony A1 (source : CineD) |
| APS-C 5.9K CRAW (Super 35) | 11,5 ms | Bon — adapté au run&gun modéré |
| 4K « normal » (binning/line skip) | ~9,6 ms | Meilleur résultat — à privilégier pour pans rapides |
En pratique terrain : Les panoramiques horizontaux rapides et les mouvements handheld nerveux peuvent révéler du « jello » en 8K FF. Pour les plans d’action ou les pans rapides, privilégiez le mode 4K avec binning (rolling shutter ~9,6 ms) ou passez en mode Super 35 / APS-C. Si vous filmez beaucoup en handheld « run&gun », le rolling shutter du R5 C n’est pas un problème majeur, mais il existe mieux sur le marché (Sony a7S III, Panasonic S5IIX).
Quelle carte mémoire faut-il pour filmer en 8K sur le R5 C ?
Réponse rapide (45 mots) : Pour le 8K RAW Light, il vous faut une carte CFexpress Type B avec débit d’écriture soutenu d’au moins 1 400 Mo/s (recommandé : 1 700 Mo/s pour RAW ST). Pour le 4K XF-AVC jusqu’à 410 Mbps, une carte autour de 500 Mo/s suffit. Le slot SD UHS-II sert pour les proxies ou le backup (jusqu’à 650 Mbps max selon Canon).
| Mode vidéo | Débit officiel Canon | Carte minimale | Durée sur 512 Go | Go/min |
|---|---|---|---|---|
| 8K RAW Light LT 25p | 1 070 Mbps | CFexpress 1 400 Mo/s | ~63 min | ~8,0 |
| 8K RAW Light ST 25p | 1 650 Mbps | CFexpress 1 700 Mo/s | ~41 min | ~12,4 |
| 8K RAW Light LT 60p* | 2 600 Mbps | CFexpress 2 000+ Mo/s | ~26 min | ~19,5 |
| 4K XF-AVC 50p | 410 Mbps | CFexpress 500 Mo/s ou SD V90 | ~156 min | ~3,1 |
| 4K MP4 HEVC 50p | 225 Mbps | SD UHS-II V60+ | ~285 min | ~1,7 |
| 4K MP4 H.264 25p | 150 Mbps | SD UHS-II standard | ~428 min | ~1,1 |
* 8K 60p nécessite batterie LP-E6P ou alimentation externe
Méthode de calcul rapide (pour estimer votre stockage)
Go/min ≈ (Mbps ÷ 8) ÷ 1 000 × 60
Exemple : 1 650 Mbps (RAW Light ST) ÷ 8 = 206,25 Mo/s × 60 = ~12,4 Go/min. Une carte 512 Go tient donc ~41 min. Pour une journée de tournage en 8K RAW Light ST (2h de rush utile), prévoyez ~1,5 To de stockage.
Monitoring, profils log, cohérence colorimétrique
Les outils de monitoring intégrés changent vraiment la donne par rapport aux hybrides « photo » classiques :
- False color — visualisation instantanée de l’exposition par zones
- Waveform / Vectorscope — contrôle précis des niveaux et de la saturation
- Peaking focus — aide à la mise au point manuelle
- Zebras — alerte surexposition paramétrable
En Canon Log 3, la dynamique exploitable atteint environ 10-11 IL selon les mesures CineD (attention : le RAW Light interne est plus bruyant que prévu — prévoyez du denoise en post, surtout dans les ombres). La cohérence colorimétrique avec les autres Cinema EOS (C70, C300 Mark III, C500 Mark II) est excellente pour le multicam ou les projets multi-caméras.
Point d’attention : bruit en RAW Light
Les tests CineD montrent que le Cinema RAW Light 12 bits interne du R5 C présente un niveau de bruit plus élevé que le RAW du R5 classique (ISO natif différent : 800/3200 vs 400). Prévoyez une réduction de bruit en post-production (DaVinci Resolve Neat Video, Topaz Video AI, ou outils natifs Resolve). Ce n’est pas bloquant, mais c’est un travail supplémentaire à intégrer dans votre workflow.
Audio, timecode, rig minimal
Le R5 C propose une entrée mini-jack 3,5 mm et une sortie casque. Pour du XLR professionnel, il faudra un adaptateur externe — le Tascam CA-XLR2d-C est compatible avec la griffe Multi-Function Shoe et offre 2 entrées XLR avec phantom 48V.
Le port timecode dédié est un vrai plus pour les tournages multicam et la synchronisation audio externe (Tentacle Sync, Timecode Systems). Côté rig, une cage SmallRig avec poignée supérieure suffit pour un usage run&gun léger (boîtier nu : ~680 g). Pour un setup plus pro, ajoutez une poignée latérale et un rail 15mm.
Pour un usage créateur YouTube ou interview, notre sélection des meilleurs appareils photo pour YouTubeurs vous donnera des repères utiles si vous hésitez avec d’autres options.
Réglages prêts à tourner (configs terrain validées)
Config 1 : Interview corporate
- Format : XF-AVC 4K DCI 25p (4096×2160) — Netflix compatible
- Profil : Canon Log 3
- Shutter : 1/50
- ISO : 800 (base) ou 3200 (basse lumière)
- Carte : CFexpress ou SD V90
- Audio : Micro externe obligatoire (ventilateur audible)
Config 2 : Run&gun B-roll
- Format : 4K DCI 50p XF-AVC 10 bits
- Profil : Canon Log 3 ou HLG (si livraison rapide sans étalonnage)
- Shutter : 1/100
- Stabilisation : Électronique activée (crop ~10%) + IS optique objectif
- Audio : Ambiance via micro externe
Config 3 : Slow motion cinématographique
- Format : 4K DCI 120p (4:2:2 10 bits)
- Profil : Canon Log 3
- Shutter : 1/250 (ou 1/500 selon l’action)
- ISO : 800 minimum (besoin de lumière)
- Carte : CFexpress rapide obligatoire (~1 880 Mbps)
6. Limites, défauts & points agaçants (sans langue de bois)
Réponse rapide : Les principaux irritants sont l’autonomie limitée (28-45 min/batterie), l’absence d’IBIS, le bruit du ventilateur (~35-40 dB), et le temps de bascule photo/vidéo (~3 s). Rien de bloquant si vous anticipez, mais ce sont des contraintes réelles à intégrer dans votre workflow.
Autonomie / alimentation : les vrais chiffres terrain
Voici les autonomies officielles Canon vs mes mesures terrain avec batterie LP-E6NH :
| Mode vidéo | Canon officiel | Terrain (monitoring actif) | Écart |
|---|---|---|---|
| 8K RAW 25p | ~50 min | 28-35 min | -30 à -44 % |
| 8K MP4 25p | ~45 min | 35-40 min | -11 à -22 % |
| 4K HEVC 50p | ~40 min | 38-45 min | -5 % à +12 % |
| 4K XF-AVC 50p | ~35 min | 32-42 min | -8 % à +20 % |
Explication des écarts : Les chiffres Canon sont mesurés dans des conditions standardisées (CIPA). En usage réel avec monitoring actif (waveform, false color), vérification des prises, navigation dans les menus, les autonomies sont inférieures. Le 8K RAW est le mode le plus gourmand.
Pour un tournage d’une journée (4-6h de présence, 2-3h de rush), prévoyez 5-6 batteries LP-E6NH minimum, ou une alimentation externe (V-mount, NP-F via adaptateur dummy battery, ou DC Coupler DR-E6C avec secteur).
Alimentation USB-C : possible mais limitée
Le R5 C peut être alimenté via l’adaptateur USB Canon PD-E1 (USB Power Delivery), mais uniquement pour certains modes et avec des limitations. Pour le Cinema RAW Light haute cadence (>30 fps), Canon recommande le DC Coupler DR-E6C ou l’adaptateur secteur CA-946. La charge USB-C pendant l’enregistrement n’est pas officiellement supportée dans tous les modes — testez votre configuration spécifique avant un tournage critique.
Stabilisation : « pas d’IBIS » ≠ « impossible de filmer main levée »
Réponse rapide (40 mots) : Le R5 C n’a pas de stabilisation capteur (IBIS). Mais vous avez des options : stabilisation optique des objectifs RF IS (efficace), stabilisation électronique avec crop (~10%), et stabilisation « coordonnée » optique + électronique sur les objectifs compatibles.
Options de stabilisation disponibles :
- Stabilisation optique (IS) des objectifs RF IS — efficace jusqu’à 5-8 IL selon l’objectif (le 24-70 f/2.8L IS est excellent)
- Stabilisation électronique avec crop (~10%) — disponible en XF-AVC et MP4, pas en RAW
- Stabilisation coordonnée optique + électronique — meilleurs résultats avec les objectifs RF IS récents
Quand le gimbal devient obligatoire
- Plans en mouvement prolongés (follow shots, travelling)
- Panoramiques lents nécessitant une fluidité parfaite
- Tournage 8K RAW (pas de stabilisation électronique disponible)
- Objectifs sans IS (RF 50mm f/1.2L, RF 85mm f/1.2L)
Gestion des fichiers : le vrai coût en temps (et en stockage)
Filmer en 8K RAW Light ST, c’est ~12,4 Go/min. Une journée de tournage peut représenter 200-500 Go de rushes. Ça impose :
- Disques de sauvegarde rapides — NVMe externe recommandé (Samsung T7 Shield, SanDisk Extreme Pro)
- Workflow de proxy pour le montage sur machine standard — ProRes Proxy 1080p depuis Resolve ou Media Encoder
- Temps de transfert conséquent — ~15-20 min pour vider une carte 512 Go via USB 3.1 Gen 2
- Espace d’archivage — si vous filmez 2h/semaine en 8K RAW Light, comptez ~1,5 To/semaine
| Volume de tournage | Mode | Stockage mensuel |
|---|---|---|
| 2h/semaine de rush | 8K RAW Light ST | ~6 To/mois |
| 2h/semaine de rush | 4K XF-AVC 50p | ~1,5 To/mois |
| 2h/semaine de rush | 4K HEVC 50p | ~800 Go/mois |
Checklist avant tournage R5 C
7. Comparatif rapide : Canon EOS R5 C vs alternatives 2025

Réponse rapide (50 mots) : Le R5 C reste pertinent pour les créateurs « vidéo production + photo 45 MP » dans l’écosystème Canon RF. Pour la photo prioritaire avec vidéo moderne, le R5 Mark II est plus polyvalent (IBIS, bascule instantanée). Pour la vidéo cinéma pure sans besoins photo, le Sony FX3 est plus direct.
Canon EOS R5 C
Pour qui : Créateurs hybrides avec besoins « cinéma » (XF-AVC Netflix, monitoring pro, timecode). Idéal si vous êtes déjà équipé RF et voulez un boîtier compact pour la production broadcast + photo 45 MP.
Point fort : Outils Cinema EOS dans un format compact
Limite : Pas d’IBIS, autonomie limitée
Prix : 3 899,00 €
Canon EOS R5 Mark II
Pour qui : Photographes pro qui veulent aussi de la vidéo moderne, avec IBIS et bascule photo/vidéo instantanée. Moins « cinéma pur » mais plus simple et polyvalent au quotidien.
Point fort : IBIS excellent, polyvalence totale
Limite : Moins d’outils de monitoring pro
Prix : 4 245,00 €
Pour une comparaison approfondie des deux générations, consultez notre article Canon EOS R5 vs R5 Mark II.
| Modèle | Profil idéal | Point fort | Limite principale | Prix neuf |
|---|---|---|---|---|
| Canon EOS R5 C | Hybride pro vidéo + photo | Outils Cinema EOS, XF-AVC Netflix | Pas d’IBIS, autonomie limitée | 3 899,00 € |
| Canon EOS R5 Mark II | Photo pro + vidéo moderne | IBIS, polyvalence, AF amélioré | Moins d’outils « cinéma » pro | 4 245,00 € |
| Sony FX3 | Production vidéo cinéma pure | S-Cinetone, design caméra, ventilation | Photo 12 MP seulement | |
| Panasonic Lumix S5IIX | Créateurs / vidéo polyvalent | ProRes interne, excellent rapport Q/P | Écosystème L-Mount moins fourni | 1 799,00 € |
Matrice de décision : 3 profils types
- « Photo d’abord, vidéo en complément » → Canon EOS R5 Mark II (IBIS, bascule instantanée, AF ultime)
- « Vidéo production d’abord, photo secondaire » → Canon EOS R5 C (outils Cinema EOS, XF-AVC broadcast) ou Sony FX3 si vous n’avez pas besoin de photo haute résolution
- « Hybride équilibré photo/vidéo, budget optimisé » → Panasonic Lumix S5IIX (ProRes interne, IBIS, excellent rapport Q/P) ou Canon EOS R6 Mark II (écosystème Canon, IBIS, 4K 60p)
Alternatives selon votre budget
FAQ — Questions fréquentes sur le Canon EOS R5 C
Avantages
- Enregistrement 8K/4K prolongé sans surchauffe (refroidissement actif)
- Outils de monitoring pro intégrés (waveform, false color, peaking)
- XF-AVC 4K approuvé Netflix — workflow broadcast
- Canon Log 3, HLG, PQ et timecode dédié
- Qualité photo 45 MP identique au R5 (excellent)
- Boîtier compact pour une « caméra cinéma » (~680 g)
- Cohérence colorimétrique avec gamme Cinema EOS (multicam)
- Double ISO natif (800/3200 en Log 3)
- 4K 120p 10 bits sans crop — slow motion cinématographique
Inconvénients
- Pas de stabilisation capteur (IBIS) — objectifs IS ou gimbal requis
- Autonomie batterie limitée (28-45 min terrain selon mode)
- Bascule photo/vidéo = redémarrage (~3 secondes)
- Ventilateur audible en environnement calme (~35-40 dB)
- 8K 60p = alimentation externe ou batterie LP-E6P obligatoire
- Rolling shutter moyen (15,5 ms en 8K FF)
- RAW Light interne bruyant — denoise nécessaire en post
- Fichiers lourds (8K RAW ST = ~12,4 Go/min)
- Netflix Approved en XF-AVC 4K uniquement (pas 8K RAW)
Mon conseil final
Si vous avez besoin d’un outil de production vidéo sérieux (XF-AVC broadcast, monitoring pro, timecode) tout en gardant une photo 45 MP crédible, le Canon EOS R5 C reste un choix pertinent en 2025. Mais anticipez le coût total réel : cartes CFexpress rapides (~200-400 € pour 512 Go), 5-6 batteries supplémentaires (~300 €), micro externe (~150-300 €), rig minimal (~150 €), stockage NVMe (~200 €). Le budget « prêt à tourner » dépasse largement le prix du boîtier seul.
Et si la polyvalence photo/vidéo « sans prise de tête » est votre priorité, avec IBIS et bascule instantanée, regardez sérieusement du côté du Canon EOS R5 Mark II — moins « cinéma pur », mais plus confortable au quotidien.

