Calculer l’exposition avec un exposimètre : étapes simples, mesure incidente/flash, réglages fiables en studio ou dehors.
Mis à jour: novembre 2025 • Temps de lecture : 22 minutes
La méthode complète en 5 étapes
Pour calculer l’exposition parfaite avec un exposimètre : (1) Réglez ISO et mode sur le posemètre (identique au boîtier), (2) Choisissez mesure incidente (dôme vers l’appareil) ou réfléchie selon la situation, (3) Placez la cellule photo au bon endroit (devant le sujet en incidente, depuis l’appareil en réfléchie), (4) Lisez la valeur EV/IL et traduisez-la en couple ouverture/vitesse, (5) Réglez votre boîtier en mode M et vérifiez à l’histogramme. Cette méthode garantit une exposition fiable et reproductible, indispensable en studio au flash, en argentique, ou en contre-jour.
Définitions express : les bases à connaître
Avant de plonger dans la pratique, clarifions quatre termes essentiels :
- Exposimètre / Posemètre : appareil externe qui mesure la lumière en photographie de manière indépendante du boîtier. Existe en version analogique (aiguille) ou numérique (LCD).
- Mesure incidente : lit la lumière qui tombe sur le sujet, via un dôme diffuseur blanc orienté vers l’appareil. Stable quel que soit le ton du sujet.
- Mesure réfléchie : lit la lumière qui revient du sujet vers le posemètre. Sensible à la couleur et à la texture du sujet (blanc/noir/gris).
- IL / EV (Indice de Lumination / Exposure Value) : valeur qui représente un « stop » d’exposition. Chaque IL correspond à un doublement ou une division par deux de la lumière. Si le posemètre vous affiche un IL/EV et que ça vous parle peu, cette définition de l’indice de lumination aide à relier directement ouverture et temps de pose.
Ces quatre concepts sont la fondation de tout ce qui suit. Vous avez déjà vécu ça : sur l’écran arrière, la photo paraît correcte… puis une fois sur l’ordi, elle est trop sombre, ou au contraire cramée. Et quand vous êtes en contre-jour, en studio au flash, ou en argentique, la cellule de votre boîtier peut vite vous balader. C’est exactement pour ça qu’on utilise un exposimètre : pour calculer l’exposition parfaite avec un exposimètre de manière fiable, reproductible, et surtout compréhensible.
Un posemètre externe ne « devine » pas la scène comme le boîtier. Il mesure la lumière, point. Résultat : que votre sujet porte un t-shirt blanc, une robe noire, ou qu’il soit devant un fond clair… la mesure reste cohérente tant que la lumière ne change pas. Les fabricants comme Sekonic insistent d’ailleurs sur cet avantage de la mesure incidente, qui lit la lumière qui tombe sur le sujet plutôt que ce que l’appareil croit voir (sekonic.com).
Dans ce guide, on va avancer comme sur le terrain :
- comprendre pourquoi l’exposimètre est plus fiable que la cellule interne,
- régler correctement votre exposimètre (ISO, modes, synchro flash),
- choisir entre mesure incidente, réfléchie ou spot,
- placer la cellule photo au bon endroit selon la situation,
- traduire la mesure en ouverture/vitesse sans prise de tête,
- éviter les erreurs classiques qui font rater une séance entière.
Amalia Desroches-Kern, notre spécialiste éclairage basée à Toulouse, utilise ces méthodes tous les jours en portrait, packshot et home-studio depuis plus de 13 ans. On s’appuiera sur ses cas réels (fenêtre, LED, flash unique et multi-sources) pour que vous repartiez avec une méthode simple, mais suffisamment solide pour gérer n’importe quelle scène. À la fin, vous saurez non seulement quoi régler, mais surtout pourquoi — et ça, c’est la vraie liberté en photo.
Pourquoi utiliser un exposimètre externe aujourd’hui ?
Réponse courte : Parce que la cellule interne du boîtier mesure la lumière réfléchie par la scène et essaie toujours de ramener l’ensemble vers un gris moyen (18 %). Sur scènes claires, sombres, ou contrastées, elle se trompe. Un posemètre externe lit la lumière incidente qui tombe sur le sujet : mesure stable, reproductible, fiable.
Avant de sortir le posemètre, prenez 2 minutes pour revoir le triangle d’exposition : c’est lui qui vous permettra de traduire une mesure en réglages concrets.
Ce que la cellule du boîtier peut rater (scènes claires/sombres, contre-jour)
Typiquement, une robe de mariée sur fond blanc pousse le boîtier à sous-exposer pour éviter de « cramer » les hautes lumières. À l’inverse, un portrait sur fond noir fait surexposer le visage parce que l’appareil compense la masse sombre. En contre-jour, c’est encore pire : le ciel lumineux écrase le sujet en ombre si vous travaillez en mode évaluatif/matriciel.
Le posemètre externe, lui, ignore ce que « voit » l’appareil. Il lit la lumière incidente — celle qui arrive sur le sujet — et vous donne une valeur d’exposition (EV/IL) stable, quel que soit le fond ou la couleur des vêtements.
Les cas où le posemètre devient indispensable (studio, flash, argentique)
En studio, vous travaillez souvent en lumière continue (LED) ou au flash. Dans les deux cas, utiliser un exposimètre vous fait gagner un temps fou :
- Flash : le boîtier ne peut pas pré-mesurer un éclair. Avec un flashmètre, vous déclenchez l’éclair, lisez l’ouverture suggérée, et vous shootez direct à la bonne expo.
- Lumière continue contrôlée : LED, softbox, parapluie… vous mesurez une fois, vous réglez, et vous êtes tranquille pour toute la séance.
- Argentique : pas de retour instantané, donc pas de marge d’erreur. Mesurer au posemètre avant de déclencher, c’est sécuriser chaque négatif ou diapo.
Exposition « juste » vs exposition « voulue »
Attention : une exposition « parfaite » au sens du posemètre ne signifie pas forcément l’exposition que vous voulez. Le posemètre vous donne une base neutre, techniquement correcte. À vous ensuite de compenser volontairement (+1 IL pour un high key, −1 IL pour un low key) pour créer l’ambiance souhaitée.
C’est là toute la différence : le posemètre vous offre un point de départ fiable, puis vous gardez le contrôle créatif. Pas de surprise, pas d’essai-erreur… juste de la réactivité.
Comment je règle mon exposimètre avant de mesurer ?
Réponse courte : Entrez l’ISO de votre boîtier (ex. 200), choisissez le mode (lumière ambiante ou flash), et si flash, indiquez la vitesse de synchro (souvent 1/200 s). Un décalage sur l’un de ces trois paramètres fausse toute la mesure d’un ou plusieurs stops.
Réglage de base en 3 étapes
- Entrez la sensibilité ISO de votre appareil (ex. 100, 200, 400…).
- Choisissez le mode de mesure (lumière ambiante continue ou flash).
- Si flash : indiquez la vitesse de synchronisation (souvent 1/200 s ou 1/250 s).
Choisir ISO, priorité ouverture ou priorité vitesse
Sur la plupart des posemètres, vous pouvez travailler en priorité ouverture (vous fixez f/4, le posemètre vous donne la vitesse) ou priorité vitesse (vous fixez 1/125 s, il vous donne l’ouverture). En studio, on privilégie souvent la priorité ouverture pour garder la profondeur de champ souhaitée. En extérieur avec sujet mobile, la priorité vitesse peut être plus pratique.
Si votre mesure vous semble « bizarre », vérifiez toujours votre sensibilité : notre guide ISO photographie vous aide à comprendre comment une simple montée à 800 ISO change tout l’équilibre.
L’important : l’ISO réglé sur le posemètre doit correspondre exactement à celui de votre boîtier. Un décalage d’un cran (100 au lieu de 200) fausse toute la mesure d’un stop.
Régler l’angle/vitesse synchro pour le flash
Si vous utilisez un flashmètre pour mesurer un éclair, deux paramètres supplémentaires entrent en jeu :
- Vitesse de synchro flash : souvent 1/200 s ou 1/250 s selon votre boîtier. Certains modèles récents montent à 1/320 s. Vérifiez dans le manuel de votre appareil.
- Mode mesure au flash : sur le posemètre, vous passez du mode « ambiant » au mode « flash » (souvent un symbole éclair). Le posemètre attend alors que vous déclenchiez manuellement le flash (via le bouton test du générateur ou un trigger) pour enregistrer l’éclair.
En HSS (High Speed Sync), certains flashmètres avancés permettent de mesurer au-delà de la synchro standard, mais c’est moins courant. Pour 90 % des usages studio, la synchro classique suffit largement.
Limite technique HSS : Tous les flashmètres ne savent pas mesurer en High Speed Sync. Si vous shootez régulièrement au-delà de 1/250 s avec flash (portrait en plein soleil, par exemple), vérifiez que votre modèle le supporte. Sinon, mesurez en synchro normale puis compensez manuellement la perte de puissance (+1 à +2 IL en ouvrant l’ouverture).
Vérifier/ajuster la calibration (écart en IL)
Tous les exposimètres ne lisent pas exactement pareil. Une différence de fabrication, un dôme diffuseur usé, ou une calibration d’usine légèrement décalée peuvent créer un écart de +0,3 à +0,5 IL par rapport à la réalité.
Pour vérifier : placez votre posemètre et votre boîtier côte à côte face à une source de lumière uniforme (LED, ciel couvert). Mesurez en incidente avec le posemètre, puis en mode manuel sur le boîtier (mesure spot ou évaluative sur une charte grise). Si l’écart est constant et reproductible, notez-le : vous pourrez compenser manuellement (+0,3 IL ou −0,3 IL) à chaque mesure.
Certains posemètres pro offrent une fonction de calibration dans les menus. Consultez la notice pour ajuster finement.
C’est quoi la différence entre mesure incidente et réfléchie ?
Réponse courte : La mesure incidente lit la lumière qui tombe sur le sujet (dôme vers l’appareil), stable quel que soit le ton du sujet. La mesure réfléchie lit la lumière qui revient du sujet (visée depuis l’appareil), sensible à la couleur et texture. En portrait/studio : incidente. En paysage/inaccessible : réfléchie.
C’est la question clé quand on apprend à utiliser un exposimètre. Les deux modes existent, mais ils ne mesurent pas la même chose.
Mesure incidente : principe, dôme, avantages
La mesure incidente lit la lumière qui tombe sur le sujet, avant qu’elle ne soit réfléchie. Pour ça, vous placez le posemètre devant le sujet (ou à sa place), avec le dôme diffuseur orienté vers l’appareil photo.
Le dôme blanc simule une surface neutre (le fameux gris 18 %) et collecte la lumière venant de toutes les directions. Résultat : peu importe que votre modèle porte du blanc, du noir, ou du fluo… la mesure reste stable tant que la lumière ne change pas.
Avantage principal : la mesure incidente est indépendante de la réflectance du sujet. C’est pour ça qu’elle est si fiable en studio et en portrait.
Comme le résume très bien Sekonic, la mesure incidente lit la lumière qui arrive sur le sujet, ce qui explique sa stabilité même si le sujet est clair ou sombre (sekonic.com).
Mesure réfléchie/spot : quand elle est utile
La mesure réfléchie (ou spot) lit la lumière qui revient du sujet vers le posemètre. Vous pointez alors le posemètre depuis la position de l’appareil, sans dôme (ou avec un cache spot selon le modèle). Le posemètre mesure un angle très réduit (1° à 10°), ce qui permet de cibler une zone précise.
C’est utile quand :
- vous ne pouvez pas approcher le sujet (paysage lointain, scène de rue),
- vous voulez mesurer une zone spécifique dans une scène contrastée (visage en ombre, ciel, reflet),
- vous travaillez en mesure spot pour appliquer le Zone System (Ansel Adams) en argentique.
Mais attention : la mesure réfléchie est sensible à la couleur et à la texture du sujet. Si vous mesurez un t-shirt blanc, le posemètre va sous-exposer pour le ramener au gris moyen. À l’inverse, un t-shirt noir sera surexposé. C’est pour ça qu’on utilise souvent une charte grise 18 % comme référence.
Le piège du « gris 18 % » et comment l’éviter
Tous les systèmes de mesure réfléchie (posemètre, cellule boîtier) sont calibrés pour ramener la scène à un gris moyen qui réfléchit 18 % de la lumière. Sur une scène « normale » (mélange de tons clairs et sombres), ça marche bien. Mais dès que la scène est dominée par du blanc (neige, robe, fond clair) ou du noir (costume, nuit, fond sombre), le posemètre se trompe.
Pour éviter ça en mesure réfléchie :
- mesurez sur une charte grise placée dans la lumière du sujet,
- ou appliquez une compensation manuelle (+1 à +2 IL pour les sujets clairs, −1 à −2 IL pour les sujets sombres).
En mesure incidente, ce piège disparaît : vous mesurez la lumière directement, sans passer par la réflectance du sujet.
| Type de sujet | Mesure réfléchie (compensation) | Mesure incidente |
|---|---|---|
| Robe blanche / neige | +1,5 à +2 IL | Aucune compensation |
| Peau claire (type nordique) | +0,5 à +1 IL | Aucune compensation |
| Gris neutre 18 % | 0 IL (référence) | Aucune compensation |
| Peau foncée | −0,5 à −1 IL | Aucune compensation |
| Costume noir / scène sombre | −1,5 à −2 IL | Aucune compensation |
Règle des 80/20 : dôme vers l’appareil ou vers la source ?
Réponse courte : Dans 80 % des cas, orientez le dôme vers l’appareil pour une exposition globale fidèle. Dans 20 % des cas (mesure de ratio entre sources, ou lumière très directionnelle), orientez le dôme vers la source principale pour connaître sa puissance spécifique.
Dôme vers l’appareil (règle générale)
C’est la position standard pour obtenir une exposition correcte du sujet tel qu’il apparaîtra sur l’image. Le dôme collecte la lumière venant de toutes les directions (clé, contre, ambiance) et vous donne l’expo globale.
Utilisez cette orientation pour :
- Portrait (fenêtre, LED, flash unique)
- Packshot sur fond neutre
- Scène générale en intérieur/extérieur
Dôme vers la source (cas spécifiques)
Quand vous construisez un setup multi-sources (clé + contre + fond), vous pouvez orienter le dôme vers chaque source une par une pour connaître leur puissance individuelle et calculer les ratios.
Utilisez cette orientation pour :
- Mesurer la puissance isolée d’un flash (clé seule, contre seul)
- Calculer des ratios de lumière (ex : contre à +0,7 IL au-dessus de la clé)
- Scènes avec lumière très directionnelle (soleil dur, projecteur)
Cas terrain en 30 secondes : Portrait fenêtre + réflecteur
Situation : Modèle dos à une grande fenêtre (lumière naturelle), réflecteur argent pour déboucher le visage.
Mesure 1 (dôme vers appareil) : Posemètre devant le visage, dôme vers vous → f/4 à 1/125 s. C’est l’expo globale (fenêtre + réflecteur).
Mesure 2 (dôme vers fenêtre) : Dôme vers la fenêtre → f/5.6. La fenêtre seule apporte +1 IL de plus que l’expo globale. Le réflecteur compense donc environ −1 IL (débouchage des ombres).
Décision : Vous réglez f/4 à 1/125 s. Le visage est correctement exposé, avec un léger contre-jour esthétique de la fenêtre.
Où placer l’exposimètre pour une exposition juste ?
Réponse courte : En mesure incidente, placez le posemètre devant le sujet (au niveau du visage ou de la zone clé), dôme vers l’appareil. En mesure réfléchie, depuis la position de l’appareil, visez le sujet (ou une charte grise dans sa lumière).
Une bonne mesure commence par un bon placement. Voici les règles terrain pour les situations les plus courantes.
Portrait extérieur (soleil, ombre, contre-jour)
En plein soleil ou ombre homogène : placez le posemètre devant le visage du modèle, dôme orienté vers l’appareil. Vous mesurez ainsi la lumière qui éclaire réellement le visage, sans être perturbé par le ciel ou le sol.
En contre-jour : si vous voulez exposer correctement le visage (et non le ciel), même principe. Placez-vous face au modèle, posemètre au niveau du visage, dôme vers vous. La mesure ignore le soleil dans le dos du sujet et se concentre sur la lumière (souvent faible) qui arrive de face. Vous pouvez ensuite ajouter un réflecteur ou un flash d’appoint pour déboucher les ombres si besoin.
Protocole lumière changeante (extérieur) : En extérieur, la lumière change vite (nuages, heure). Reprenez une mesure toutes les 10–15 minutes, ou dès qu’un nuage passe. Seuil pratique : si votre ombre au sol se durcit nettement ou disparaît, remesurez immédiatement. Écart typique : +0,5 à +1 IL entre soleil direct et nuage léger.
Intérieur lumière continue (fenêtre, LED)
Pour un portrait lumière fenêtre, placez le posemètre entre la fenêtre et le visage, dôme vers l’appareil. Vous mesurez la lumière qui « baigne » le sujet. Si la fenêtre est très directionnelle (lumière dure), vous pouvez faire deux mesures : une côté lumière, une côté ombre, pour connaître votre ratio et décider si vous débouchez ou non.
En setup LED/softbox, même logique : posemètre devant le sujet, au niveau du visage ou de la zone clé. Si vous utilisez plusieurs sources (clé + contre), mesurez d’abord la clé seule, puis ajoutez les autres une par une en notant les écarts en IL. On y reviendra dans la section multi-flash.
Packshot/fond clair ou sombre
Pour un packshot sur fond blanc (high key), vous voulez généralement surexposer le fond de +2 à +3 IL pour qu’il soit pur blanc, tout en gardant le produit correctement exposé. Procédure :
- Mesurez la lumière sur le produit (posemètre devant, dôme vers l’appareil).
- Notez l’ouverture suggérée (ex. f/8).
- Mesurez séparément le fond (posemètre face au fond). Si le fond est à f/11 ou f/16, c’est bon : il sera surexposé de +1 à +2 IL par rapport au produit.
- Réglez l’appareil sur l’expo du produit (f/8), shootez. Le fond sera blanc pur, le produit correctement exposé.
Sur fond noir (low key), même principe inversé : vous sous-exposez volontairement le fond de −2 à −3 IL par rapport au sujet principal.
Comment mesurer l’exposition au flash avec un posemètre ?
Réponse courte : Réglez le flashmètre en mode flash + vitesse synchro (ex. 1/200 s), placez-le devant le sujet (dôme vers appareil), déclenchez le flash manuellement, lisez l’ouverture affichée (ex. f/5.6), réglez le boîtier en mode M à cette ouverture. Pour multi-flash : mesurez chaque source séparément puis ensemble.
Le flash est l’un des domaines où le flashmètre devient vraiment indispensable. Votre boîtier ne peut pas pré-mesurer un éclair : il faut déclencher, regarder l’histogramme, ajuster… bref, du tâtonnement. Avec un flashmètre, vous mesurez avant de shooter.
Mesure d’un flash seul (clé)
- Réglez le flashmètre en mode « flash », ISO et vitesse synchro identiques au boîtier.
- Placez le flashmètre devant le sujet, dôme vers l’appareil.
- Déclenchez le flash (bouton test du générateur ou trigger sans fil).
- Lisez l’ouverture affichée (ex. f/5.6).
- Réglez votre boîtier en mode M : ISO et vitesse synchro déjà entrés, ouverture à f/5.6.
- Shootez : l’expo est correcte.
Si vous voulez plus ou moins de lumière, ajustez la puissance du flash (ou l’ouverture) et remesurez. Simple, rapide, fiable.
Mesure multi-flash et ratios (clé/contre/fond)
En setup multi-sources (portrait 3 points, par exemple), vous construisez votre schéma lumière source par source. Amalia procède toujours ainsi :
- Mesure de la clé seule : allumez uniquement le flash principal, mesurez devant le visage → f/5.6 par exemple.
- Ajout du contre-jour : allumez le flash de contre. Mesurez au même endroit. Le posemètre va « sommer » les deux éclairs. Objectif : que le contre soit +0,5 à +1 IL au-dessus de la clé pour bien détacher le sujet du fond. Si le posemètre affiche f/6.3, c’est pile +0,5 IL. Parfait. Sinon, baissez la puissance du contre.
- Ajout du fond : allumez le flash de fond. Mesurez sur le fond lui-même (posemètre face au fond). Vous voulez souvent +1 à +2 IL au-dessus de l’expo du sujet pour un fond clair. Ajustez la puissance.
- Mesure globale : tous les flashs allumés, mesurez une dernière fois devant le sujet. Vous vérifiez que l’expo principale reste cohérente (le contre et le fond ne doivent pas « polluer » la mesure de face).
Cette méthode par ratios de lumière vous donne un contrôle total. Vous savez exactement combien chaque source apporte, et vous pouvez reproduire le setup à l’identique d’une séance à l’autre.
Cas HSS et flash cumulés
En High Speed Sync (HSS), vous dépassez la vitesse de synchro standard (1/200 s) pour shooter à 1/1000 s ou plus. Pratique en extérieur pour figer le mouvement ou ouvrir grand en plein soleil. Mais le flash perd de la puissance, et tous les flashmètres ne savent pas mesurer en HSS.
Solution terrain : mesurez en synchro normale (1/200 s), notez l’ouverture. Puis passez en HSS sur le boîtier et le flash, et compensez la perte de puissance en ouvrant d’un ou deux stops. Vérifiez à l’histogramme.
Pour les flashs cumulés (plusieurs éclairs successifs pour une seule photo, en pose longue), certains flashmètres avancés ont un mode « cumul » : ils additionnent plusieurs éclairs et vous donnent l’expo totale. Utile en studio créatif ou en light painting au flash.
Comment convertir une mesure en réglages sur l’appareil ?
Réponse courte : Le posemètre affiche un couple ouverture/vitesse (ex. f/5.6 à 1/125 s). Vous reportez ces valeurs sur le boîtier en mode M (ISO déjà calé). Si vous voulez plus ou moins de lumière pour une intention créative (high key/low key), ouvrez ou fermez d’un ou deux stops.
Vous avez votre mesure. Maintenant, comment la traduire en réglages exposimètre concrets sur le boîtier ?
Lecture EV/IL → couple ouverture/vitesse
Le posemètre vous affiche une valeur d’exposition, souvent sous forme d’indice de lumination (IL ou EV). Pour comprendre les IL, sachez qu’un stop en plus ou en moins change radicalement l’exposition.
Concrètement, un IL correspond à un « stop » : doubler ou diviser par deux la quantité de lumière.
Le posemètre peut vous donner directement :
- un couple ouverture/vitesse (ex. f/5.6 à 1/125 s),
- ou une ouverture si vous avez fixé la vitesse (priorité vitesse),
- ou une vitesse si vous avez fixé l’ouverture (priorité ouverture).
Vous reportez ensuite ces valeurs sur votre boîtier en mode manuel (M). ISO, ouverture, vitesse : tout est calé. Vous déclenchez, et l’expo est correcte.
Pour mieux comprendre comment la vitesse d’obturation influence l’exposition, et comment l’ouverture et le diaphragme se traduisent en stops, ces guides vous donnent tous les repères chiffrés.
| Si le posemètre donne | Équivalences possibles (même exposition) |
|---|---|
| f/8 à 1/125 s | f/5.6 à 1/250 s • f/11 à 1/60 s • f/4 à 1/500 s • f/16 à 1/30 s |
| f/5.6 à 1/60 s | f/4 à 1/125 s • f/8 à 1/30 s • f/2.8 à 1/250 s • f/11 à 1/15 s |
| f/4 à 1/500 s | f/2.8 à 1/1000 s • f/5.6 à 1/250 s • f/8 à 1/125 s • f/11 à 1/60 s |
Principe : chaque ligne = même quantité de lumière. Vous choisissez le couple selon votre intention créative (profondeur de champ vs vitesse).
Exemple chiffré « terrain » pas à pas
Situation : portrait extérieur, lumière naturelle, après-midi nuageux. Vous voulez shooter à f/2.8 pour un beau flou d’arrière-plan.
- Réglez le posemètre : ISO 200 (comme sur le boîtier), priorité ouverture f/2.8.
- Placez le posemètre devant le visage du modèle, dôme vers vous.
- Appuyez sur le bouton de mesure. Le posemètre affiche : 1/500 s.
- Réglez votre boîtier : mode M, ISO 200, f/2.8, 1/500 s.
- Cadrez, faites la mise au point, déclenchez. L’expo est pile.
Si la lumière baisse (nuage), le posemètre indiquera 1/250 s ou 1/125 s. Vous ajustez, c’est tout. Pas de surprise, pas de retouche lourde en post-prod.
Adapter l’expo à l’intention (high key/low key)
Le posemètre vous donne une expo « neutre ». Mais si vous voulez un high key (ambiance claire, aérée), surexposez volontairement de +1 à +1,5 IL par rapport à la mesure. Inversement, pour un low key (sombre, dramatique), sous-exposez de −1 à −1,5 IL.
Concrètement : si le posemètre suggère f/5.6, et que vous voulez un high key, ouvrez à f/4 (un stop de plus). Ou ralentissez la vitesse d’un cran. Le principe reste le même : la mesure du posemètre est votre base, la créativité vient ensuite.
Exposimètre pour vidéo et LED : spécificités
Réponse courte : En vidéo, fixez la vitesse à 1/(2×FPS) (ex. 1/50 s pour 25 FPS), mesurez en incidente sur le visage, et le posemètre vous donne l’ouverture. Pour multi-sources LED, mesurez chaque panneau séparément puis ensemble pour garantir des ratios cohérents. Vérifiez la température de couleur (Kelvin) si votre posemètre le permet.
Shutter angle et exposition vidéo
En vidéo, contrairement à la photo, la vitesse d’obturation est souvent fixe (règle des 180° : vitesse = 1/(2×framerate)). Par exemple, à 25 FPS, vous shootez à 1/50 s. À 50 FPS, à 1/100 s.
Procédure avec un posemètre :
- Réglez le posemètre : ISO de votre caméra (ex. 800), mode lumière continue, priorité vitesse à 1/50 s (ou le shutter angle de votre caméra si le posemètre le gère).
- Mesurez en incidente devant le visage, dôme vers caméra.
- Le posemètre vous donne l’ouverture (ex. f/2.8).
- Réglez la caméra : ISO 800, 1/50 s, f/2.8. C’est bon.
Cohérence multi-sources et température de couleur
En setup LED multi-sources, mesurez chaque panneau individuellement pour connaître leur contribution, puis ensemble pour l’expo globale. Si votre posemètre mesure la température de couleur (certains modèles haut de gamme comme le Sekonic L-858D), vérifiez que toutes vos sources sont cohérentes (même Kelvin) pour éviter les dominantes colorées.
Si vous mixez lumière fenêtre (5500K daylight) et LED tungstène (3200K), vous devrez soit geler la fenêtre (CTO sur la vitre), soit ajouter un gel CTB sur la LED, soit accepter une dominante et corriger en post. Le posemètre vous aide à quantifier l’écart.
Posemètre + histogramme : workflow moderne en 10 secondes
Réponse courte : Mesurez au posemètre, réglez le boîtier, shootez une photo test, vérifiez l’histogramme (alertes hautes lumières + canaux RVB). Si écrêtage, ajustez ±0,3 IL max. Ensuite, vous shootez toute la série sans y retoucher. Le posemètre donne la base, l’histogramme la confirme.
Le posemètre et l’histogramme ne sont pas concurrents : ils sont complémentaires. Le posemètre vous donne une mesure initiale fiable, l’histogramme vous permet de vérifier après coup que tout tombe bien où vous le voulez.
Vérification en 10 secondes (RAW)
- Mesurez au posemètre (incidente ou réfléchie selon la situation).
- Réglez le boîtier en mode M selon la mesure.
- Shootez une photo test.
- Affichez l’histogramme : activez les alertes hautes lumières (zones clignotantes) et l’histogramme par canaux (RVB).
- Vérifiez :
- Hautes lumières : si ça clignote sur des zones importantes (peau, yeux), fermez de −0,3 IL.
- Basses lumières : si l’histogramme est collé à gauche (ombres bouchées), ouvrez de +0,3 IL.
- Canaux RVB : si un canal (rouge, vert, bleu) écrête avant les autres, vous avez peut-être une dominante ou une source trop puissante.
- Ajustez si besoin (±0,3 IL max), puis shootez toute la série.
Une fois l’expo calée, jetez un œil à l’histogramme : c’est votre filet de sécurité pour confirmer que la plage tonale tombe là où vous la voulez.
Astuce pro : En studio, prenez une photo test après la première mesure, vérifiez l’histo, puis ajustez si besoin (+0,3 ou −0,3 IL). Ensuite, vous shootez toute la série sans y retoucher. Gain de temps énorme.
L’objectif n’est pas de remplacer le posemètre par l’histogramme, mais de les utiliser en tandem : le posemètre pour la mesure initiale, l’histogramme pour la vérification.
Erreurs fréquentes et astuces de pro
Même avec un bon posemètre, certaines erreurs reviennent souvent. Voici comment les détecter et les éviter.
ISO non aligné, mauvaise orientation, dôme mal utilisé
- ISO décalé : vous mesurez à ISO 100, mais votre boîtier est à ISO 200. Résultat : surexposition d’un stop. Vérifiez toujours que l’ISO du posemètre = ISO du boîtier.
- Orientation du dôme : en mesure incidente, le dôme doit pointer vers l’appareil (ou la source principale si vous mesurez une source spécifique). Si le dôme pointe vers le sol ou le plafond, la mesure sera fausse.
- Dôme absent en mesure réfléchie : certains posemètres ont un cache ou un dôme amovible. En mesure réfléchie/spot, retirez le dôme ou basculez le cache. Sinon, vous mesurez n’importe quoi.
- Distance trop loin : en incidente, placez le posemètre à l’endroit du sujet, pas à mi-chemin ou derrière vous. Sinon, vous mesurez la lumière au mauvais endroit.
Erreur vécue (Amalia) : Mesure fond blanc, visage terne
« Un jour, en packshot, j’ai mesuré au centre de la scène (entre le produit et le fond blanc). Le posemètre a moyenné les deux, et le boîtier en mode évaluatif a compensé le fond blanc en sous-exposant. Résultat : produit trop sombre de −1 IL. Depuis, je mesure toujours directement sur le sujet, jamais sur un mix sujet+fond. Et je vérifie l’histo en RAW. »
Pourquoi mon posemètre ne donne pas la même expo que mon appareil ?
Réponse courte : Parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. Le boîtier en mode évaluatif/matriciel analyse toute la scène et « devine » l’expo. Le posemètre en incidente lit uniquement la lumière qui tombe sur le sujet. Si l’écart est constant (+0,3 ou −0,5 IL), c’est normal. Fiez-vous au posemètre en studio/contrôlé, au boîtier + histo en reportage.
Plusieurs raisons expliquent les écarts :
- Mode de mesure différent : le boîtier en mode évaluatif/matriciel analyse toute la scène et « devine » l’expo. Le posemètre en incidente lit juste la lumière qui tombe sur le sujet. Résultats forcément différents.
- Compensation d’expo activée : vérifiez que le boîtier n’a pas une compensation +0,3 ou −0,7 IL enclenchée par erreur.
- Calibration : tous les posemètres ne lisent pas exactement pareil. Un écart constant de +0,3 IL n’est pas grave, il suffit de le connaître et de compenser.
- Lumière mixte : en intérieur fenêtre + plafonnier, le boîtier « voit » l’ensemble, le posemètre ne lit que la source vers laquelle vous le pointez. D’où des écarts.
Pour départager : shootez en RAW, puis comparez l’histogramme. Si l’histo est bien centré (ou décalé comme vous le vouliez), c’est que la mesure du posemètre était bonne, même si le boîtier suggérait autre chose.
Un smartphone peut-il remplacer un exposimètre ?
Réponse courte : Oui en lumière continue (mesure réfléchie uniquement), avec précision à ±0,5 IL si bien calibrée. Non pour le flash (sauf accessoire Lumu Power). Apps viables : Lumu Light Meter (iOS), Pocket Light Meter (iOS), Light Meter Free (Android/iOS). Limitées mais pratiques en argentique ou en appoint.
Il existe des apps de posemètre (Lumu Light Meter, Pocket Light Meter, Lightmate, Light Meter Free…) qui utilisent le capteur photo du smartphone pour mesurer la lumière. En lumière continue, elles peuvent dépanner, surtout en mesure réfléchie.
Avantages et limites des apps smartphone
Avantages :
- Toujours dans la poche (vous avez déjà votre téléphone)
- Gratuit ou peu cher (0 à 10 €)
- Précision correcte en lumière continue (±0,5 IL si bien calibrée)
- Pratique en argentique pour shooter occasionnellement
Limites :
- Mesure réfléchie uniquement : le capteur du téléphone lit la lumière qui revient du sujet, pas celle qui tombe dessus. Vous devez viser une charte grise ou compenser selon le ton du sujet.
- Pas de mesure flash : la plupart des apps ne savent pas synchroniser avec un éclair. Exception : accessoire Lumu Power (module externe qui se branche sur le smartphone), mais il coûte cher et sa disponibilité est incertaine en 2025.
- Calibration nécessaire : chaque smartphone a un capteur différent. Il faut calibrer l’app (comparer avec un posemètre de référence ou un boîtier fiable) avant de lui faire confiance.
- Moins robuste : un smartphone n’est pas conçu pour le terrain pro. Batterie, écran fragile, pas de dôme diffuseur intégré.
Pour du portrait lumière naturelle ou du paysage, une app peut suffire. Pour du studio au flash, un vrai flashmètre reste indispensable.
FAQ : 10 questions que vous vous posez encore
Pourquoi mon exposimètre et mon appareil ne tombent pas pareil ?
Parce qu’ils ne mesurent pas la même chose. Votre appareil en mode évaluatif/matriciel analyse toute la scène (tons clairs, sombres, couleurs, zones de mise au point…) et calcule une expo « moyenne ». Le posemètre en incidente ignore la scène et lit uniquement la lumière qui arrive sur le sujet. Si l’écart est constant (+0,3 ou −0,5 IL), c’est normal. Fiez-vous au posemètre en studio ou en conditions contrôlées, et au boîtier + histogramme en reportage ou en situations changeantes.
Quelle mesure choisir en lumière mixte (fenêtre + LED) ?
En lumière mixte, privilégiez la mesure incidente : placez le posemètre devant le sujet, dôme vers l’appareil, et mesurez. Vous obtiendrez l’expo globale, c’est-à-dire la somme de toutes les sources. Si vous voulez connaître la contribution de chaque source, mesurez-les séparément (fenêtre seule, puis LED seule, puis ensemble). Ça vous permet de doser : si la fenêtre donne f/4 et la LED f/5.6, vous savez que la fenêtre domine. Vous pouvez alors renforcer la LED ou fermer un rideau pour équilibrer.
Comment exposer une peau très claire ou très foncée ?
En mesure incidente, aucun problème : vous mesurez la lumière qui tombe sur la peau, pas sa couleur. L’expo sera correcte quelle que soit la carnation. En mesure réfléchie, c’est plus délicat. Une peau très claire (type nordique) réfléchit plus de lumière qu’un gris 18 %, donc le posemètre va sous-exposer. Compensez en surexposant de +0,5 à +1 IL. À l’inverse, une peau très foncée réfléchit moins : le posemètre surexpose, compensez en sous-exposant de −0,5 à −1 IL. C’est pour ça qu’en portrait, la mesure incidente est plus simple et plus fiable.
Faut-il mesurer sur le sujet ou sur la lumière ?
En mesure incidente, vous mesurez « sur » le sujet, au sens géographique : vous placez le posemètre à l’endroit où se trouve le sujet, pour lire la lumière qui tombe à cet endroit précis. En mesure réfléchie, vous mesurez « depuis » la position de l’appareil, en visant le sujet (ou une charte grise dans la même lumière). Dans les deux cas, l’idée est de mesurer la lumière telle que le sujet la reçoit, pas la lumière ambiante générale de la pièce.
Comment exposer en argentique quand la scène est contrastée ?
En argentique (négatif couleur ou N&B), la latitude d’exposition est plus large qu’en numérique, mais elle reste asymétrique : les films négatifs tolèrent mieux la surexposition que la sous-exposition. Règle classique : « exposer pour les ombres, développer pour les hautes lumières ». Avec un posemètre :
- Mesurez les ombres importantes (zone sombre que vous voulez préserver).
- Mesurez les hautes lumières (zone claire).
- Si l’écart est > 5 IL, la scène dépasse la latitude du film : vous devrez choisir quelle plage sacrifier, ou utiliser un filtre ND gradué/fill-in flash.
- Sinon, exposez pour les ombres (ou légèrement au-dessus) et laissez les hautes lumières se gérer au scan/développement.
En diapo, c’est l’inverse : la latitude est plus étroite, et il vaut mieux privilégier les hautes lumières pour éviter qu’elles ne « brûlent ».
Que faire si je n’ai pas le temps de mesurer partout ?
En reportage, mariage, ou événement rapide, vous n’avez pas toujours le luxe de sortir le posemètre à chaque plan. Stratégies terrain :
- Mesurez une fois en arrivant sur un lieu, dans la lumière principale. Notez les réglages. Tant que la lumière ne change pas (intérieur, studio), gardez ces réglages.
- Passez en priorité ouverture ou vitesse (mode A ou S) et laissez le boîtier gérer l’expo de base. Vérifiez l’histo de temps en temps et compensez si besoin.
- Bracketing rapide : shootez une rafale de 3 vues (0, +0,7, −0,7 IL) sur une scène test, vérifiez laquelle est bonne, et recalez.
Le posemètre brille surtout en conditions contrôlées (studio, packshot, argentique). En conditions changeantes, un mix posemètre + cellule boîtier + histogramme est souvent plus pragmatique.
Comment lire EV sur un posemètre ?
EV (Exposure Value) ou IL (Indice de Lumination) est une valeur qui représente un niveau de lumière et correspond à un couple ouverture/vitesse. Par exemple, EV 10 à ISO 100 = f/8 à 1/125 s, ou f/5.6 à 1/250 s, ou f/11 à 1/60 s (toutes ces combinaisons donnent la même exposition). Chaque incrément d’EV (+1 ou −1) correspond à un doublement ou une division par deux de la lumière (un « stop »). La plupart des posemètres modernes affichent directement le couple ouverture/vitesse, donc vous n’avez pas besoin de convertir l’EV manuellement.
Où orienter le dôme en lumière latérale ?
En lumière latérale forte (fenêtre sur le côté, flash latéral), orientez le dôme vers l’appareil pour une exposition globale. Si la lumière est très directionnelle et que vous voulez mesurer uniquement sa contribution, orientez le dôme vers la source. Mais dans 90 % des cas, dôme vers l’appareil est la règle. Vous mesurez ainsi ce que « voit » le capteur, pas la puissance brute de la source.
Posemètre vs cellule interne : lequel est le plus fiable ?
Le posemètre externe (en mesure incidente) est plus fiable en studio, flash, et situations contrôlées car il mesure la lumière qui tombe sur le sujet, indépendamment de sa couleur. La cellule interne du boîtier (mesure réfléchie) est plus pratique en reportage et situations changeantes, mais elle peut se tromper sur scènes claires/sombres/contrastées. Idéal : combiner les deux. Posemètre pour la mesure initiale, histogramme boîtier pour la vérification.
Comment exposer pour les ombres en argentique ?
En négatif argentique, la règle est « exposer pour les ombres, développer pour les hautes lumières ». Avec un posemètre, mesurez la zone d’ombre la plus importante que vous voulez préserver (ex : visage en contre-jour). Réglez l’appareil sur cette expo, ou légèrement au-dessus (+0,3 à +0,5 IL). Les hautes lumières seront surexposées, mais le film négatif les tolère bien. Au scan ou au tirage, vous « compresserez » les hautes lumières et « relèverez » les ombres. En diapo, c’est l’inverse : exposez pour les hautes lumières, acceptez que les ombres se bouchent.
Schéma : Mesure incidente vs réfléchie

Schéma : Placements posemètre portrait contre-jour

Schéma : Mesure multi-flash par étapes

Vous maîtrisez maintenant l’exposimètre : passez à l’action
Vous savez désormais comment calculer l’exposition parfaite avec un exposimètre, choisir entre mesure incidente et réfléchie, placer correctement la cellule, et traduire une mesure en réglages concrets. Plus important encore, vous comprenez pourquoi ça marche — et c’est ça qui vous rend autonome face à n’importe quelle lumière.
Plan d’action pour les 7 prochains jours :
En une semaine, vous aurez les réflexes. Ensuite, ce sera juste une question de répétition. Et si vous shootez en argentique ou en studio, vous ne pourrez plus vous en passer : l’exposimètre devient une extension de votre regard, pas un gadget de plus.
Bon shooting, et que la lumière soit juste !

